décembre 8, 2022

Le Jour d’Après

Titre Original : The Day After Tomorrow

De : Roland Emmerich

Avec Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Emmy Rossum, Sela Ward

Année : 2004

Pays : Etats-Unis

Genre : Catastrophe

Résumé :

Le climatologue Jack Hall avait prédit l’arrivée d’un autre âge de glace, mais n’avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant.
Un changement climatique imprévu et violent à l’échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d’une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d’évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam.
A New York où la température est inférieure à – 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils.

Avis :

Roland Emmerich est un réalisateur qui est très connu pour ses films de destruction massive. Il faut dire que le cinéaste a un faible pour les films qui se veulent impressionnants, avec de nombreux bâtiments qui s’effondrent et des humains qui semblent tout petit face au destin. Parmi ses faits d’armes les plus connus, on peut citer Godzilla, Independence Day ou encore 2012. Mais avant ce dernier film, le réalisateur proposait un autre film catastrophe, où l’humanité devait faire face à un destin funeste, le retour d’une période glaciaire. Complètement tiré par les cheveux dans son déroulement, on ne peut enlever au film d’être en avance sur son temps, dénonçant les effets du réchauffement climatique et l’inactivité politique qui fait passer l’économie avant la planète. Pour un film qui a vu le jour en 2004, Roland Emmerich serait-il un visionnaire ?

Le début du film s’évertue à présenter les personnages. On commence au Pôle Nord avec un trio de chercheurs qui seront témoins d’une immense faille. Parmi ces scientifiques, on retrouve le héros, un climatologue spécialisé dans les périodes glaciaires de la préhistoire, qui va tenter d’alarmer les politiques américains qui vont le prendre pour un fou. Très rapidement, à travers quelques coups de fil, on découvre la famille du héros, sa femme, qui travaille dans un hôpital, et son fils, avec qui ses relations sont tendues, qui se rend dans un concours à Manhattan. Et de façon plus rapide encore, on va découvrir l’équipe de ce climatologue, qui n’auront, malheureusement, que très peu d’impact sur le scénario. Bref, une entame classique, qui pose les bases de la petite histoire, dans la grande histoire.

Car ce qui nous intéresse clairement dans ce film, c’est le dérèglement climatique qui va générer une nouvelle période glaciaire dans l’hémisphère Nord de la planète. Une hypothèse qui fait froid dans le dos, et qui s’appuie sur des thèses plausibles, Emmerich s’étant entouré de scientifiques pour ne pas dire n’importe quoi dans son métrage. Certes, il va partir très loin dans le délire, et le fait de se geler presque instantanément est une farce que rejettent bon nombre de scientifiques, mais Le Jour d’Après essaye de ne pas raconter n’importe quoi. Outre les outrances du cinéaste qui reste fidèle à lui-même, on appréciera fortement le tacle précis envers les politiques qui pensent mieux savoir que les professionnels d’un domaine précis. Si on pourrait regretter que cela ne soit pas assez appuyé, le démarrage est assez clair sur le parti pris du réalisateur.

Bien évidemment, pour le spectacle, le film va s’en donner à cœur joie pour nous balancer des séquences de destruction massive impressionnante. Le réalisateur souhaite nous en mettre plein la vue et il va faire tout et n’importe quoi. On aura droit à une pluie de grêle à Tokyo, avec des grêlons gros comme des ballons de foot. On verra que des dizaines de tornades s’abattront sur la côte Ouest des Etats-Unis. Et avec tout ceci, on aura notre lot de moments plus ou moins drôles, avec des personnages tertiaires qui disparaitront de façon plus ou moins drôle. On pense au journaliste qui veut faire du sensationnalisme et qui se prend un panneau du routier sur la tronche, ou encore à ce couple adultère qui va disparaître à cause d’une tornade. Des moments qui collent à la peau du réalisateur.

Malheureusement, si Le Jour d’Après peut se faire malin dans sa dénonciation du dérèglement climatique et impressionnant dans ses scènes de destruction massive, le film se perd totalement dans sa multitude de petites histoires humaines, qui seront improbables, et assez inintéressantes. Afin de faire vivre son film et de montrer la petitesse de l’Homme face à la nature, Roland Emmerich va tout faire tourner autour de son héros et sa famille. Ainsi, sa femme va rester à l’hôpital pour accompagner un jeune enfant malade, même si les deux doivent mourir de froid. De son côté, le fils de la famille va tomber amoureux, et sauver une petite partie de la population en écoutant son père et en brûlant des livres pour se réchauffer. On aura droit aussi à un trio de scientifiques, plutôt nihilistes, qui vont noyer leur désarroi dans l’alcool.

Si toutes ces histoires auraient pu former un tout assez intéressant, en mélangeant les points de vue sur cette période glaciaire qui tomber d’un coup sur la planète, on va rester sur du superflu. Les personnages vont faire des actions improbables pour sauver des choses qui pourraient paraître inintéressante, ou tout du moins secondaires. On pense à cette recherche de médicaments dans un paquebot russe infesté de loups, ou encore à ce père de famille qui va braver la glace pour sauver son fils, alors que tout le monde gèle en quelques secondes dehors. Tout cela forme quelque chose d’incohérent, et même si on peut comprendre cette volonté de remettre l’homme au centre de la planète, on reste dans un truc surfait et sans intérêt. Emmerich aurait mieux fait de faire dans le nihilisme, afin de donner plus d’impact à l’incompétence des politiques qui nous gouvernent.

Au final, Le Jour d’Après est un film qui a de bons côtés, mais qui se fait plomber par la lourdeur de son réalisateur. On aurait apprécié plus de cynisme autour de la politique économique, ou encore plus de nihilisme de la part du réalisateur, afin de montrer que la bêtise de l’homme est inéluctable. Malheureusement, on aura droit à plein de messages d’espoir dans des mélos qui frisent souvent le ridicule. Ainsi que des histoires humaines qui n’auront que peu d’impact émotionnel sur le spectateur. Bref, un film qui avait des atouts pour lui, mais qui loupe le coche à cause d’un scénario qui ne va pas au bout des choses.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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