juin 29, 2022

Peaky Blinders Saison 6 – Tout sur Tommy

D’Après une Idée de : Steven Knight

Avec Cillian Murphy, Helen McCrory, Paul Anderson, Sophie Rundle

Pays: Angleterre

Genre: Historique

Nombre d’Episodes: 6

Résumé:

Tommy part pour l’Amérique du Nord, où la fin de la Prohibition en fait le terrain fertile pour de nouvelles opportunités. Il doit y faire face à un nouveau danger, celui d’un vieil adversaire déterminé à passer à l’action…

Avis :

Débutée en 2013, la série Peaky Blinders, créée par Steven Knight, va rapidement devenir un évènement du petit écran. Il faut dire qu’entre un scénario alambiqué mais limpide, une mise en scène maniérée et une BO d’enfer, le show avait tous les arguments pour devenir un grand moment de télévision. C’était sans compter sur la prestation incroyable de Cillian Murphy, avec un rôle qui va lui coller à la peau. Bref, Peaky Blinder, à l’instar des Game of Thrones et autre Stranger Things, va devenir une machine, jusqu’à fournir une pléthore de produits dérivés. Bien loin de vouloir continuer le show ad vitam aeternam, le showrunner a décidé de s’arrêter à la sixième saison, et de conclure l’ensemble sur un film. Craignant toujours la saison de trop, qu’en est-il de cette ultime escapade dans le Londres brumeux de la révolution industrielle ?

La saison commence là où on avait laissé Tommy Shelby, c’est-à-dire dans un champ de boue, un pistolet sur la tempe, avec la ferme intention de se suicider. C’est donc dans une sorte de désespérance que l’on rentre dans le vif du sujet, avec un Tommy qui doit faire face à ses démons, et qui va jouer sur plusieurs tableaux. Très rapidement, on le retrouve le nez dans les affaires sur St Pierre et Miquelon, où la fin de la prohibition crée des tensions, car les marins vivaient du trafic d’alcool. Dès lors, en territoire neutre, Tommy veut se relancer dans un nouveau deal, celui de l’opium, et vendre dans les rues de Boston. Il convoque alors Michael, dont la mère a été assassinée par l’IRA, l’un des alliés de Tommy pour faire tomber le fascisme en douce. Oui, c’est un peu le bordel, mais tout reste limpide.

C’est d’ailleurs l’une des grandes forces de l’écriture de cette saison, qui arrive à se faire complexe sans pour autant nous perdre dans des élucubrations pénibles. Ici, on a deux chemins distincts, la montée du fascisme que Tommy ne veut pas, et le trafic d’opium pour garder une manne financière importante. Tout cela est relié par un seul homme, Nelson, l’une des bouches qui chuchote à l’oreille du président des Etats-Unis. Ce dernier est persuadé que le fascisme est l’avenir, et il veut aussi récolter de l’argent via le trafic d’opium. Cependant, ce sera un chemin de croix pour Tommy qui va devoir relever plusieurs défis. Tout d’abord infiltrer un réseau fasciste, quitte à faire des choses ignobles pour le faire tomber par la suite. Puis s’assurer un gain important pour mettre sa famille à l’abri. Là aussi, le personnage ne se fixe aucune limite pour arriver à ses fins.

Bien évidemment, au milieu de toute ces magouilles et autres palabres fumeuses dans des salles lambrissées, le chef de la famille va devoir faire face à des problèmes internes complexes. La maladie de sa fille Ruby, la volonté de vengeance de Michael qui impute la mort de Polly à Tommy, ou encore des problèmes de névroses pour lui et son frère, Arthur, qui a littéralement sombré dans l’opium. La saison arrive à tout contenir sans que cela fasse trop. C’est-à-dire que tous les éléments se mettent place, suivent une logique implacable, et malgré le surplus d’informations, tout se faite de manière naturelle. C’est la grande force de cette saison qui reste tout de même moins nerveuse que les précédentes. Les actes de violence sont plus discrets, et on aura droit à une seule fusillade faisant écho à la Première Guerre Mondiale.

Mais le plus important dans cette saison reste Tommy, ce personnage névrosé qui va se poser des questions sur lui, son avenir, sa famille et ce qu’il veut laisser dans un futur plus ou moins proche. Cette saison est principalement axée sur lui, et uniquement lui. Ainsi donc, on va voir son évolution, sa volonté de s’améliorer, son envie d’avoir l’esprit clair et d’arrêter l’alcool, mais malgré tout, les démons reviennent inlassablement, que ce soit dans sa tête ou autour de lui. Les ennemis sont plus nombreux, les envieux aussi, et Tommy va avoir du mal à tout gérer tout seul. De ce fait, le scénario va jouer sur la corde sensible en mettant en avant une fin inéluctable. La relation entre les deux frères restants va être superbe, tout comme la place des enfants de Tommy revêt une importance majeure. Bref, tout, absolument tout, gravite autour du héros.

Quitte à laisser en place les personnages secondaires que l’on aime. Ada, la petite sœur, n’apparait que trop peu, malgré sa gouaille et son avenir tout tracé dans la politique. Les méchants sont aussi plus discrets, malgré un américain débridé, une Gina toujours plus machiavélique, ou encore fasciste ami d’Hitler qui prend de plus en plus d’importance dans la politique anglaise. De même, d’autres personnages deviennent presque dérisoires, notamment ceux qui gèrent le bureau des paris, où on est vraiment sur de la figuration. Cela n’empêche pas les personnages d’exister, mais ils sont juste absents, et c’est vraiment dommage. Par contre, s’il y a bien un truc que la série ne reniera jamais, c’est sa mise en scène classieuse et sa BO rock dingue.

Là-dessus, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le charme de la série. La mise en scène est très belle, avec des plans à se damner. D’autant plus que pour cette saison, afin de mettre l’accent sur le personnage central, on se retrouve avec des plans symétriques qui mettent à chaque fois le personnage au milieu de l’écran. On a droit à des moments très stylisés, à l’image de cette roulotte en feu où l’on voit Tommy partir à cheval à travers la porte. Il y a toujours cet esthétisme qui est devenu une marque de fabrique de la série de Steven Knight. De plus, on retrouve des éléments qui permettent d’identifier immédiatement le lieu, comme le froid polaire de St Pierre et Miquelon, ou encore la fumée noire des docks de Londres. Peaky Blinders reste une série avec ses tics de réalisation, mais ça fonctionne à plein régime.

Au final, cette sixième saison de Peaky Blinders est encore une fois une belle réussite. La seule chose que l’on pourrait lui reprocher, c’est son rythme assez lent, qui peut surprendre, mais qui est nécessaire au déroulement de l’intrigue et aux bases posées par la suite. On retrouve tout ce que l’on aime dans cette série, entre une mise en scène grâcieuse, des acteurs très investis et un scénario ampoulé mais qui reste totalement compréhensible, malgré les méandres de la politique. Reste à voir ce que donnera le film, avec une promesse folle à l’aube d’une nouvelle guerre mondiale. Bref, Peaky Blinders n’a pas fini de nous faire languir.

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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