juin 29, 2022

Solaris

De : Steven Soderbergh

Avec George Clooney, Natascha McElhone, Jeremy Davies, Viola Davis

Année : 2003

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

Répondant à l’appel de détresse lancé par son ami Giberian, le commandant du Prométhée, une station spatiale gravitant autour de la planète Solaris, le docteur Chris Kelvin décide de se rendre à son bord. Une fois sur place, il découvre que Giberian s’est suicidé et que les deux autres scientifiques présentent des signes aigus de stress et de paranoïa.

Chris mène alors des recherches sur le comportement pour le moins étrange des rescapés. Lui-même sera victime d’une force mystérieuse qui le mettra en présence de Rheya, celle qu’il a aimée autrefois et qui a mis fin à ses jours.

Avis :

Dans nos goûts personnels, il y a des réalisateurs avec lesquels ça ne passe. Soit parce qu’ils ont un univers trop décalé par rapport au nôtre, soit parce qu’il réside chez eux une vision du septième art qui ne nous parle pas. En ce sens, certains pourraient reprocher à Guillermo Del Toro de toujours faire le même film avec des monstres. D’autres pesteront contre Christopher Nolan et sa manie de faire des films chirurgicaux qui ne laissent rien au hasard. Pour ma part, c’est avec Steven Soderbergh que j’ai du mal. Malgré de bonnes idées de scénarios, sa mise en scène ne m’a jamais emballée. Et pourtant, le cinéaste délivre des films qui ont du succès. Pour autant, la curiosité appelle toujours à découvrir des films de ses réalisateurs « détestés », afin de voir si l’on change d’avis. Mais avec Solaris, ce n’est clairement pas le cas.

Adapté du roman de Stanislaw Lem, le film de Soderbergh a la lourde tâche de succéder à celle de Tarkovski. Pour autant, cela ne semble pas faire peur au réalisateur qui, en plus, est une sorte de cadeau de James Cameron, ce dernier voulant le réaliser, mais le laissant finalement à qui on sait. Solaris est donc un film de science-fiction qui met en scène un chercheur qui va partir sur une station spatiale où l’équipage ne répond plus. En se rendant sur place, il découvre du sang de partout, deux cadavres, et deux survivants assez étranges. Le premier est un chercheur un peu maniéré et blindé de tocs. Le deuxième est une femme qui vit reclus dans sa chambre. Après une première nuit où il rêve de son ex-femme, le héros va se réveiller avec cette dernière à côté de lui. Comment est-ce possible ?

C’est bien là tout le mystère du film qui met en avant une sorte de planète juxtaposant la station spatiale, qui matérialise les personnes importantes et disparus de l’équipage. Le but ici est donc de questionner sur notre humanité, sur ce que nous sommes et d’où nous venons. Un pitch prometteur et ambitieux, mais qui va surtout être perclus de défaut, le premier étant le rythme du métrage. Solaris n’est point un film catastrophe ou un film de science-fiction impressionnant. Ici, tout est feutré, calme, et on a la sensation de regarder un film des années 50/60. La volonté là est de placer au centre du scénario une romance qui peut repartir, mais qui met en exergue notre humanité, et le danger que cela peut représenter pour la planète. C’est très nébuleux, mais on ressent cela à travers les trois principaux personnages de la navette.

Bien évidemment George Clooney veut repartir avec sa femme, dont on va apprendre, à travers des flashbacks, qu’elle a mis fin à sa vie, laissant seul un mari aimant. On verra qu’à la base de cet amour, il y a une passion dévorante, et une envie d’avoir un enfant qui n’est pas partagée. Solaris joue alors sur la corde sensible, et questionne sur notre passé. Avons-nous droit à une seconde chance ? Surtout quand c’est la décision de l’autre de mettre fin à ses jours ? Bref, c’est plutôt malin et tout cela appuie fortement sur la relation amoureuse. Cependant, les autres protagonistes sont effacés, et cela crée un déséquilibre. Viola Davis est la voix de la raison, mais elle reste trop en retrait. Tout comme Jeremy Davies, qui cache un secret étonnant, mais qui ne se dévoile qu’à la toute fin.

Tout cela est très mou, très lent, et en fin de compte, ce n’est pas vraiment passionnant. Malgré tous les efforts de Steven Soderbergh, on va vite s’ennuyer dans son film. Le problème vient de personnages dont la relation ne prend jamais vraiment. Même les flashbacks où l’on voit leur amour fusionnel ne fonctionnent pas tellement, car il manque une certaine fougue dans la mise en scène. Le réalisateur n’arrive pas à donner vie à son film, que ce soit dans la tension lors de la découverte, ou dans l’amour fou. Soderbergh délivre un film clinique, où la lumière grise et bleue prédomine, et où il n’y a pas de réel génie dans les mouvements de caméra. Même le départ, avec cette solitude et ce sang sur les murs, ne parvient pas à nous capter et à nous faire peur. Il manque de la vie.

En fait, on a vraiment la sensation de regarder un film qui se veut très intellectuel et anti-spectaculaire, mais qui n’arrive pas à passer par les émotions. C’est très froid, très calibré, et on retrouve tous les tics de réalisation du cinéaste, qui n’arrive pas à fournir de la passion. Non pas que cette histoire d’amour fasse fausse, loin de là, mais elle semble surfaite, et totalement vouée à un échec. De plus, lors du final, on va se retrouver avec deux twists qui manquent d’impact. Le fil veut finir sur un cliffhanger rappelant une scène du début, mais ça reste improbable et sans réel intérêt.

Au final, Solaris est un film qui aurait pu être quelque chose de bien et de passionnel, mais dans les mains de Steven Soderbergh, cela donne un film ennuyeux au possible et sans saveur particulière. Long et lent, n’arrivant jamais à créer une atmosphère soit tendue au début, soit amoureuse lorsqu’il faut parler de la relation entre Clooney et McElhone, le cinéaste coche toutes les cases du film de SF arty par excellence, et ennuie plus qu’autre chose. Dommage, il y avait vraiment la place pour faire un film extraordinaire avec un tel pitch…

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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