juin 29, 2022

Stranger Things Saison 4 Partie 1 – Dans l’Horreur

D’Après une Idée de : Matt et Ross Duffer

Avec Winona Ryder, David Harbour, Millie Bobby Brown, Finn Wolfhard

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 7

Genre : Drame, Fantastique, Thriller

Résumé :

Six mois se sont écoulés depuis la bataille de Starcourt qui a semé terreur et désolation sur Hawkins. Encore titubants, nos amis se trouvent séparés pour la première fois – et la vie de lycéen n’arrange rien. C’est à ce moment de vulnérabilité qu’une nouvelle menace surnaturelle apparaît et, avec elle, un terrible mystère qui pourrait être la clé permettant de mettre fin aux horreurs du monde à l’envers.

Avis :

Parmi toutes les séries produites par Netflix, il y en a une qui est rapidement sorti du lot, au point de devenir culte : Stranger Things. Grosse série doudou qui renouait avec nos souvenirs des années 80, la première saison avait pourtant réussi le tour de force de raconter quelque chose de nouveau, entre fantastique et science-fiction. C’est à ce moment que l’on faisait connaissance avec Eleven, une jeune fille aux pouvoirs extraordinaires, mais aussi avec le monde à l’envers, sorte de miroir démoniaque de notre monde. Le succès fut fulgurant, au point de propulser tous ces petits acteurs dans d’autres films et séries, et de devenir l’un des shows les plus rentables de la plateforme. Aujourd’hui, Stranger Things se pare d’une quatrième saison très ambitieuse, découpée en deux parties, avec des épisodes qui dépassent allègrement l’heure et quart. Mais est-ce que tout ce ramdam valait le coup ?

Pour la première fois, l’équipe est séparée, et cette quatrième saison va donc devoir faire des allers-retours entre plusieurs narrations, qui vont certainement se rejoindre pour les derniers épisodes de la deuxième partie. Ici, on va donc suivre le parcours chaotique d’Elfe (Eleven) dans sa nouvelle vie, et dans un nouveau lycée. Obligée de quitter Hawkins après tous les problèmes, elle va devoir se faire à un nouvel endroit, qui n’est guère accueillant. Victime de brimades et de moqueries, elle se raccroche à sa famille adoptive avec Will et Jonathan, mais rien n’y fait vraiment. De plus, elle ne peut répondre car elle a perdu ses pouvoirs. C’est ici le premier segment qui va par la suite se diviser en deux. On va en savoir plus sur le personnage tenu par Millie Bobby Brown, qui va repartir dans un nouveau laboratoire pour retrouver ses pouvoirs.

Malheureusement, ce sera certainement le segment le moins intéressant de tous, et même s’il trouve un puissant liant avec les autres histoires. Ici, on suit un récit de SF très classique, avec une jeune fille victime de manipulation, et qui va devoir renouer avec son passé pour redevenir ce qu’elle était. C’est très clinique, on retrouve des dualités entre Brenner et Eleven, mais l’ensemble est plutôt bien relevé grâce à une bonne gestion des traumas de l’héroïne et un passé complexe. Comme dit auparavant, son segment démarre avec celui de ses amis qui sont devenus sa famille adoptive. On retrouve donc Will, Jonathan et Argyle (un nouveau venu qui apprécie l’herbe) qui vont tout faire pour retrouver leur ami, quitte à tromper des agents du FBI et de l’armée.

Ce segment n’est pas dingue non plus, mais il a le mérite d’être drôle et de poser de bonnes questions sur les relations amoureuses entre deux personnages. Mike aime-t-il toujours Eleven malgré la distance ? Comment réagir face à une personne en perdition qui n’a plus confiance en personne ? Bref, on retrouve des sujets graves et exploités de manière plus ou moins convaincantes. Cependant, l’humour est bien dosé et on retrouve la petite amie de Dustin, qui va faire partie de l’aventure, au détour d’un passage ubuesque dans une maison où les enfants sont rois. Même Argyle, le nouveau venu, est fort sympathique, avec sa gouaille légendaire et ses longs cheveux raides, lui octroyant un look désuet et pourtant intéressant.

Finalement, les deux derniers segments seront les plus intéressants. Le premier est celui de Hopper, qui essaye de survivre comme il peut au Kamtchatka, au milieu des militaires et prisonniers russes. On retrouve bien sûr le côté guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie, mais on reste sur des références de la première saison avec le retour du Demogorgon. C’est plutôt bien vu, et surtout, cela met en évidence la relation amoureuse entre Hopper et Joyce, qui va partir le chercher avec un professeur loufoque amateur de karaté. C’est à la fois drôle et tragique, mais ça transpire la volonté de mettre de l’action et de la géopolitique dans un show qui, à l’origine, pouvait s’orienter vers un public « jeune ». Ici, on gagne clairement en maturité, et même si parfois c’est un peu longuet, on ne peut que saluer l’effort.

D’ailleurs, cette sensation de maturité se ressent aussi dans le dernier segment, qui joue clairement la carte de l’horreur. La grande menace de cette saison se nomme Vecna, et il s’agit d’un démon très retors. Se déroulant à Hawkins, comme toujours, on retrouve donc Dustin et compagnie qui vont devoir affronter ce monstre. Le gore prend une place importante, tout comme les relations entre les personnages vont évoluer. Ainsi, Steve forme un duo de choc avec Dustin (le meilleur de la série), amis il se rapproche aussi de Nancy, son premier amour. Lucas rejoint l’équipe de basket, mais il va vite se rendre compte que ces derniers ne sont que des frimeurs, qui jugent ceux qui ne sont pas comme eux. De ce fait, il revient vite vers ses amis et son amour, Max. mais la plus belle des nouveautés de cette saison reste bien évidemment Eddie.

Métalleux dans l’âme, président d’un club de jeu de rôle, déluré et pourtant hyper touchant, il est certainement la meilleure chose qui soit arrivé au show. L’acteur est pertinent, et surtout, il s’insère rapidement, et parfaitement, dans ce petit groupe aux prises avec Vecna, un vrai méchant, dont on ignore encore les véritables intentions (même si on a des éléments de réponse dans le dernier épisode). Comme dit auparavant, la série joue à fond la carte de l’horreur, et on en aura pour notre argent. Les corps se disloquent, l’ambiance est très sombre et les thèmes principaux tournent toujours autour des traumas que l’on peut garder en soi. Ainsi, maltraitance, deuil ou encore remords seront de la partie pour donner libre cours à la colère de Vecna. Il est juste dommage que la mise en route soit un peu compliquée.

Au final, cette première partie de la quatrième saison est une vraie bonne surprise. Alors que les deux saisons précédentes jouaient beaucoup sur la nostalgie et le fan service, ici, on a droit à plusieurs histoires qui se recoupent et offrent une véritable épaisseur à l’intrigue. Si le démarrage pédale un peu dans la semoule, la série trouve rapidement son rythme de croisière et plonge à corps perdu dans un récit plus horrifique et mature que d’habitude. Reste juste à espérer que la deuxième partie, attendue pour début Juillet, soit du même acabit.

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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