janvier 27, 2023

Le Trou Noir

Titre Original : The Black Hole

De : Gary Nelson

Avec Maximilian Schell, Anthony Perkins, Robert Forster, Joseph Bottoms

Année : 1979

Pays : Etats-Unis

Genre : Science-Fiction

Résumé :

C’est la fin du XXIème siècle. Au cœur d’une lointaine galaxie, à bord du vaisseau d’exploration Palomino qui retourne vers la Terre, le robot Vincent détecte la présence d’un puissant « trou noir », le phénomène le plus mystérieux et le plus terrifiant de l’univers, capable d’engloutir à tout jamais planètes et étoiles, et d’emprisonner la lumière pour la nuit des temps. Au bord du gouffre, une gigantesque station spatiale qu’une zone de non gravité protège du trou noir : l’USS Cygnus, disparue en mission vingt ans plus tôt. Tandis que Palomino s’en approche, le vaisseau fantôme s’illumine soudain…

Avis :

En 1977, un film va lancer la science-fiction sur le devant de la scène. Gargantuesque succès au box-office, Star Wars va donner de nombreuses idées à des studios rivaux, donnant alors naissance aux films Star Trek en 1979. Disney, alors en perte de vitesse depuis la mort de Walt en 1966, décide de s’y coller et de produire un film de science-fiction qui s’éloignerait de son catalogue familial. Levant toutes les restrictions budgétaires pour espérer avoir le meilleur, et redorer son blason, Disney va alors proposer Le Trou Noir. Prouesse technique à l’époque, s’assurant la présence des meilleurs techniciens, le film va pourtant être un échec, autant critique que public. Les entrées ne sont pas celles espérées, et surtout, le film est à peine rentable, jouissant alors d’une sortie anticipée en VHS. Film plus ou moins maudit, Le Trou Noir marque la fin d’une ère pour Disney.

D’un point de vue scénaristique, on frôle souvent la catastrophe, mais cela est dû à une bonne raison, l’emploi de deux scénaristes aux idées complètement opposées. En effet, le démarrage de l’histoire débute en 1976, avec pour idée d’un trou noir comme élément central de l’histoire. Malheureusement, le travail ne plait pas forcément aux producteurs, qui décident d’embaucher un autre scénariste. Il y aura donc une succession de personnes qui vont retoucher au film, avant de trouver celui que l’on a sous les yeux. C’est-à-dire la découverte d’un trou noir, mais surtout d’une station perdue aux abords du trou, et qui s’illumine lorsque notre groupe de héros s’en approche. Le trou noir devient alors une excuse pour le « méchant » de l’histoire, un mégalo qui veut prouver que l’on peut trouver la vie éternelle en passant à travers. Le phénomène spatial devient alors secondaire.

Car le film de Gary Nelson va clairement muter en une sorte de survival où tout un chacun va devoir lutter pour sa survie, et échapper au plan machiavélique d’un type égocentrique. En ce sens, on se rapproche presque d’un film d’horreur de science-fiction que d’un vrai film de SF pur jus. Et c’est en cela que le film va être un échec, car Disney ne saura jamais comment se positionner face au scénario. En fait, il y a d’énormes ruptures de tonalités au sein du film, qui le font passer d’un film familial à un film plus sombre et effrayant. Cela, on va le sentir dès le début, avec des personnages aux mines graves, mais accompagnés par un petit robot tout mignon au design très particulier. Le film met d’ailleurs l’accent sur Vincent, ce petit robot flottant qui va sauver l’équipage et revenir in extremis dans la navette.

Ce côté enfantin, on va le retrouver plusieurs fois au sein du long-métrage. Vincent va faire des gestes rigolos pour marquer ses émotions, puis il va rencontrer un autre robot comme lui, mais tout cabossé, avec qui il va faire équipe. Le film aligne des moments qui semblent peu à leur place. Par exemple, un combat au pistolet laser dans un jeu vidéo, qui va faire surchauffer un robot très méchant. Alors que les humains tentent d’échapper à un type complètement frappadingue, on a droit à des séquences qui s’insèrent très mal dans le scénario, et qui prouvent la dichotomie de Disney quant à ce film, qui n’arrive pas à se positionner entre une volonté de plaire aux gosses et une envie de sortir de sa zone de confort.

L’aspect adulte sera le plus intéressant dans le film, mais encore faut-il accepter de très grosses incohérences. Si on peut trouver assez bonne l’idée du type mégalo qui n’a que faire de la vie humaine des autres pour atteindre l’immortalité, on restera plus circonspect que la transformation des humains en robots zombies. Le côté effrayant est réussi, mais il y a des manques dans les descriptions, avec notamment le fait que ces « robots » fassent des enterrements pour faire leur deuil. Ils sont censés ne plus rien ressentir et être attribués à une seule tâche. Bref… Le film n’est pas à une incohérence près, surtout quand on observe que malgré la destruction de la navette par une pluie de météorites, les héros n’ont aucun problème pour respirer dans l’espace. En voulant faire du grand spectacle, Disney s’est fourvoyé dans un grand n’importe quoi.

Et puis il y a les acteurs. Le casting est complètement dingue, mais aucun, absolument aucun ne tient la barre. Que ce soit Ernest Borgnine, Anthony Perkins, Robert Forster ou encore Maximilian Schell, tous sont en surjeu et n’arrivent pas à donner du corps à leur personnage. Il faut dire que ces derniers sont inoffensifs et assez transparents. On n’oublie même rapidement leur fonction au sein de la navette et les acteurs font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont. Là aussi, c’est symptomatique des choix de Disney, qui ne sait pas vraiment quoi faire avec ce projet, si ce n’est faire du rendement pour faire la nique à Star Wars.

Au final, Le Trou Noir est un film qui parait sympathique de prime abord, mais qui manque cruellement de fond. Fait dans la précipitation pour concurrencer George Lucas, lâchant le budget pour espérer faire un Space Opéra grandiose, Gary Nelson délivre une mise en scène intéressante grâce à des prouesses techniques mais oublie de raconter une histoire cohérente, que ce soit dans les faits ou dans la tonalité recherchée. Après ce film, Disney retirera son nom des prochaines productions « adultes », mais il marque surtout la chute d’un empire, qui va rapidement se reconstruire par la suite.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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