avril 17, 2024

Bloodbound – War of Dragons

Avis :

Si l’on connait la Suède pour ses groupes de Death mélodique, il ne faut pas oublier que c’est aussi une terre sainte pour tout type de métal. Ainsi, on y retrouve du Power à tendance Heavy avec Bloodbound. Formé en 2004, on pourrait croire à un énième ersatz de Rhapsody, avec des dragons dans tous les sens et un sens de l’épique exacerbé. Si une partie de cela est vrai, les suédois cherchent tout de même autre chose, évitant presque avec brio à éviter les longues plages de plus de six minutes, délaissant le côté orchestral pour quelque chose de plus brut et de plus direct. Ayant connu le succès en sortant des albums tous les deux ans de manière très régulières, War of Dragons est le septième effort de la bande, qui reste dans une zone de confort qui, parfois, ronronne un peu trop.

Comme tout groupe de Power/Heavy qui se respecte, Bloodbound entame son album avec une intro à base de dragon. A New Era Begins lance les hostilités en restant dans le thème des reptiles volants, et du dragon, on va en bouffer à toutes les sauces. Battle in the Sky débute de manière puissante, avec un chant fédérateur, puis un rythme rapide et dense. Le groupe envoie du lourd dès le départ, et montre bien son envie d’en découdre. Le chant clair est maîtrisé à la perfection, et il réside dans le morceau une belle énergie. Une énergie qui ne quittera jamais le skeud, développant constamment son univers. Tears of a Dragonheart en sera un flagrant exemple, avec un refrain ultra catchy et une rythmique qui ne faiblit à aucun moment. Il s’agira d’ailleurs du titre le plus entêtant, avec des paroles simples à comprendre et à garder.

Par la suite, l’album va dérouler sans trop d’anicroches. Il faut dire que le groupe a de la bouteille désormais, et sait exactement ce que veulent les fans. De ce fait, il va enchainer les morceaux assez classiques de Power/Heavy à base de dragons. War of Dragons sera un exemple parmi tant d’autres. On retrouve des variations de rythmiques avant les refrains, avec une batterie qui se fait plaisir. Bref, c’est classique, mais relativement bien foutu, et donc plaisant. Avec Silver Wings, on sera dans un délire un peu plus med-fan, et c’est ce qui donnera de la personnalité au titre. En effet, si tous les autres titres ont des paroles que les joueurs de Warhammer apprécieront, c’est avec ce titre que l’on retrouvera quelques éléments un peu plus folkloriques, notamment dans l’introduction et le refrain. Il est même dommage que le groupe n’utilise pas plus cela.

Stand and Fight est là pour remettre le feu aux poudres avec des riffs percutants et vifs. Le chant pousse un peu plus pour donner un aspect guerrier, et l’ensemble fonctionne plutôt bien. King of Swords essayera de fournir une introduction épique avec un chœur pour donner plus d’allant. De plus, le chanteur va pousser un peu plus dans les aigus, montrant une jolie palette vocale qu’il devrait utiliser plus souvent. Fallen Heroes sera un titre un peu transparent par rapport au reste, et même s’il possède un refrain assez puissant, on reste quelque chose de très calibré. Guardians at Heaven’s Gate sera plus intéressant d’un point de vue technique, avec notamment une grande place laissée aux guitares qui s’en donnent à cœur joie dans l’introduction. Le titre est rapide et percutant, tout en restant dans sa zone de confort.

Symphony Satana lorgnera du côté de l’épique avec son intro lyrique et son démarrage en trombe. Il est dommage que par la suite, on reste sur quelque chose de très classique et qui ne nous sortira pas d’un Power très simpliste. Starfall cherchera à s’extirper un peu de l’aspect Médiéval-Fantastique avec son démarrage au clavier, mais on retourne rapidement dans un Power plaisant mais sans folie. Enfin, Dragons are Forever clôture l’album un peu comme il l’avait presque commencé, avec un titre sympathique, rapide et nerveux, mais qui manque d’idées et d’innovation. Bref, on reste dans quelque chose de très courant et qui n’a pas vraiment d’identité. C’est d’ailleurs le principal reproche que l’on peut faire sur cet album, qui reste agréable, mais qui manque de personnalité.

Au final, War of Dragons, le septième album de Bloodbound, reste un effort louable et qui fonctionne à plein régime si on est fan de Power/Heavy avec des parole Fantasy. Dans sa globalité, on ne peut pas dire que l’album soit raté, bien au contraire, mais il manque d’originalité, d’une petite touche de folie pour que l’on accroche sur la longueur. Il ne suffit de se coller des cornes sur le front pour offrir un spectacle innovant… Bref, un album sympathique, mais qui ne bouscule pas nos tympans.

  • A New Era Begins
  • Battle in the Sky
  • Tears of a Dragonheart
  • War of Dragons
  • Silver Wings
  • Stand and Fight
  • King of Swords
  • Fallen Heroes
  • Guardians at Heaven’s Gate
  • Symphony Satana
  • Starfall
  • Dragons are Forever

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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