octobre 2, 2022

Avatarium – Hurricanes and Halos

Avis :

Le nom de Leif Edling ne vous dit sûrement rien si vous êtes un novice en métal, ou même si cette musique ne vous parle pas du tout. D’ailleurs, si vous n’aimez pas le métal, il est étonnant que vous erriez sur cette chronique. Mais ne nous égarons pas. Leif Edling, c’est le fondateur, compositeur et bassiste du groupe de Doom Métal suédois Candlemass. Et ce groupe est un peu considéré comme le père fondateur du Doom, puisqu’il voit le jour en 1984. Sauf que Leif Edling n’est pas l’homme d’un seul projet. Bourreau de travail, il va par la suite composer pour quatre autres groupes et même sortir un album solo. C’est en 2013 qu’il fonde Avatarium, un groupe hybride entre Doom et Rock Progressif et il va connaître un certain succès. Un succès qui mènera le groupe à fournir un effort tous les deux ans et dont Hurricanes and Halos est le troisième. Sauf que sur ce skeud, Leif Edling est invisible. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’homme a fait un sévère burn out et qu’il se retrouve dans l’incapacité de toucher une ligne de basse ou de texte. C’est alors que le groupe a décidé de se passer de ses services pour sortir un album fort réussi, qui alterne les morceaux complexes avec des riffs bien lourds.

Le skeud débute avec Into the Fire/Into the Storm est on va directement noter deux choses. Le rythme est rapide, les riffs puissants et on est vraiment dans le domaine du rock. Mais surtout, il y a une forte présence du clavier, qui va notamment se faire entendre durant le refrain, ce qui rajoute une touche rock prog indéniable. Ce mélange de rythme rapide très hard et ces sonorités très prog font de ce premier titre une belle surprise qui restera longuement en tête, notamment grâce à un refrain facilement mémorisable et que l’on prendra du plaisir à chanter. Il sera d’ailleurs suivi par un sublime solo, démontrant, si besoin l’en est, que les musiciens derrière Avatarium sont loin d’être des manches. The Starless Sleep aura tendance à confirmer cette sensation et montrera qu’une osmose se met en place entre les différents styles pour donner quelque chose de totalement différent, de très riche et de parfois très complexe. Les instrumentalisations sont nombreuses et parfois, c’est la structure même de la chanson qui s’avère longue et très varié. On peut citer par exemple Medusa Child et son ambiance lourde et poisseuse avec un break aérien au possible, ou encore Road to Jerusalem et sa guitare sèche en intro qui donne l’impression d’écouter du Desert Rock. Bref, c’est très varié et vraiment maîtrisé.

Cependant, le groupe ne va pas non plus oublier qu’il faut être efficace par certains moments et il va livrer deux/trois pièces plus directes et toujours aussi puissantes et entrainantes. On peut donc citer The Sky at the Bottom of the Sea, qui est un titre plus simple, avec un refrain efficace et des riffs qui poussent à hocher la tête. On a même la sensation de se retrouver plongé dans les années 70, avec un rock un peu psychédélique et très agréable. On peut aussi évoquer la sublime ballade When Breath Turns to Air, d’une douceur infinie et qui permet à la chanteuse de laisser briller sa voix, à la fois rock et mélancolique au possible. Enfin, difficile de passer outre A Kiss (From the End of the World), qui démarre tout doucement avec une guitare sèche pour lâcher d’un seul coup des riffs très lourds et une cadence infernale. Ces trois titres sont assez différents des autres, non seulement dans leur proposition, puisqu’on retrouve une ballade et des titres un peu plus hard, mais aussi dans leur structure, bien plus simple et abordable. En fait, le seul défaut majeur que l’on peut faire sur cet effort, c’est que c’est bien trop court. Alors oui, pour huit morceaux, l’album s’avère tout de même relativement long, mais on aurait aimé un peu plus de titres, encore quelques riffs qui rappellent si bien le rock prog des années 70 qui nous manque tant.

Au final, Hurricanes and Halos, le dernier album d’Avatarium, est une franche réussite et une petite bouffée d’air frais dans le domaine du rock. Avec cet album, les suédois montrent leur mutation vers un rock prog très prononcé, tout en gardant une belle identité métallique, avec des riffs lourds et des rythmiques tout de même rapide. Si on doit trouver un seul défaut à ce skeud, c’est le manque de pièce, seulement huit dont une outro pas très convaincante, mais là, c’est vraiment pour pinailler, car dans son ensemble, ça reste du très bon travail.

  1. Into the Fire/Into the Storm
  2. The Starless Sleep
  3. Road to Jerusalem
  4. Medusa Child
  5. The Sky at the Bottom of the Sea
  6. When Breath Turns to Air
  7. A Kiss (From the End of the World)
  8. Hurricanes and Halos

Note: 17/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=swO-VOEdIBA[/youtube]

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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