mai 25, 2022

365 Jours: Au Lendemain – Netflix Devrait se Sentir Sale

Titre Original : 365 DNI 2

De : Barbara Bialowas et Tomasz Mandes

Avec Michele Morrone, Anna-Maria Sieklucka, Simone Susinna, Magdalena Lamparska

Année : 2022

Pays : Pologne

Genre : Erotique

Résumé :

Laura et Massimo sont repris par la passion. Mais ce nouveau départ du couple est compliqué par les liens familiaux de Massimo et par un mystérieux individu bien décidé à ravir le cœur de Laura à tout prix.

Avis :

Il y a un peu moins de deux ans, Netflix créait la polémique en sortant sur sa plateforme de streaming 365 DNI. Tiré d’un roman dit de Dark Romance polonais, le film était une sorte de porno soft avec comme toile de fond une histoire d’amour entre un mafioso macho et une jeune femme qui s’ennuyait dans son couple. Le film fut un carton d’audience, les spectateurs étant certainement attirés par les scènes de cul plus que par son scénario dangereux. Une histoire qui promouvait la culture du viol sans jamais remettre en question le forcing du personnage principal. Fier de son audimat et de sa stratégie dégueulasse pour vendre le film, Netflix récidive alors en proposant la suite, 365 Jours : Au Lendemain.

Sur les traces du premier

Premier film à être vu en France dès sa sortie, faisant alors les choux gras des critiques de cinéma qui s’en donnent à cœur joie en tirant à boulets rouges sur le film (et à juste titre), 365 Jours : Au Lendemain va tenter d’aller encore plus loin dans l’érotisme, frôlant parfois le porno, pour relancer la machine Netflix qui, rappelons-le, a perdu des millions d’abonnés il y a peu de temps. Néanmoins, on peut se poser plusieurs questions quant à la stratégie adoptée par la plateforme. Est-ce judicieux de faire la pub d’un film toxique et mauvais pour se relancer ? Doit-on être prêt à tout pour gagner quelques abonné(e)s de plus, quitte à proposer un programme bas du front et dangereux ?

Bien évidemment, on comprend que le film surfe sur la vague Cinquante Nuances de Grey et After, tout en proposant quelque chose de plus sombre et plus sexuel. C’est vrai qu’à côté, les deux films précités passent pour des romances à l’eau de rose. Pour autant, il ne faut pas non plus accepter des scripts problématiques et dégradants pour la femme. Et c’est bien là tout le problème de 365 Jours, que ce soit le premier, ou pire, ce second opus absolument indigeste. Souvenez-vous, le premier part sur un kidnapping et un chantage, où l’homme déclare à la femme qu’elle a un an pour tomber amoureuse de lui, et que cette dernière succombe alors au charme de son ravisseur. C’est tout de même assez glauque.

Une succession de clips

Ici, on commence le film avec Laura en tenue de mariée, puis elle annonce à Massimo qu’elle n’a pas de culotte, et il la déglingue sur une table. Sur ce, la meilleure amie de Laura arrive pendant leur coït et hurle au scandale. Mais Massimo, tout calme, lui dit qu’elle n’a qu’à participer la prochaine, ce qui fait rire Laura. Dès le départ, on se retrouve avec une situation problématique, où la femme ne devient qu’un objet et l’homme, un bel étalon macho qui n’a rien à se reprocher. Bien évidemment, tout cela baigne dans une musique pop insupportable et interchangeable, avec un filtre sépia qui est censé donner un sentiment de chaleur. Mais il n’en sera rien. La faute à un scénario indigent et presque invisible.

Cette suite n’a pas vraiment de chose à raconter. D’ailleurs, on a la sensation d’assister à une succession de clips musicaux, où des gens baisent sans arrêt, avec des couchers de soleil. C’est d’une laideur sans nom, en plus de montrer des images porno sans saveur, ni idée de mise en scène. C’est là aussi un problème, car on veut voir un film, avec une histoire, et pas un film pornographique avec un couple qui fait les quatre-cents coups. Si on a envie de voir du cul, et uniquement du cul, il existe des sites très faciles d’accès. Bref… Le film est tellement vide, qu’il est obligé de meubler les trous par des dialogues qui n’ont ni queue ni tête, et par des musiques intempestives, même pour illustrer deux nanas qui vont s’assoir à un restaurant. L’apologie du vide.

De la nymphomanie

Et comble du comble, on va se retrouver avec un semblant de scénario sur la fin du métrage, mais qui n’a strictement aucun sens, ni même enjeu. Lors d’une fête organisée par Massimo pour lier des relations, Laura voit son mari baiser une jolie blonde. Elle décide alors de partir avec Nacho, le jardinier de Massimo, qui est en fait le fils d’un parrain espagnol, principal rival de Massimo. Après un exil et quelques scènes de cul rêvées, Laura découvre, en même temps que nous, que ce n’était pas Massimo qui niquait une blonde, mais le frère jumeau de Massimo, qui n’a hérité de rien car il est arrivé au monde dix minutes après. Un imbroglio qui va aussi mettre en exergue les talents de Michele Morrone pour la commedia dell’arte.

Quasiment deux heures pour raconter ça, c’est bien trop long, et surtout, ça n’a pas de sens. Les deux réalisateurs ont bien compris que pour attirer le chaland, surtout féminin, il fallait des scènes de cul, et on va en avoir pour notre argent. Cependant, tout cela se fait au détriment de l’histoire, qui patauge dans le vau-de-ville, et qui n’arrive jamais à se rendre sexy. Au pire, c’est vulgaire, au mieux, c’est drôle. En atteste la scène du golf, complètement à côté de la plaque et qui montre une Laura nymphomane qui ne pense qu’à une chose, baiser et encore baiser, matin, midi et soir. Si encore, cela était pour pointer du doigt un problème psychologique, ou un manque affectif lié à son enfance, mais même pas, elle veut juste se faire troncher. Et de la façon la plus violente possible.

Pauvre femme

Et c’est là qu’intervient la plus grande gêne. Si le porno peut être malsain, il est clairement indiqué comme une non-représentation de la vraie vie sexuelle et on a droit à des messages d’alerte avant d’aller sur de tels sites. Avec ce film, on a une image vraiment dégradante de la femme. Laura, sous couvert qu’elle manipule son homme, se trouve souvent dans des situations d’allumeuse et de fille facile. Il suffit de regarder la scène où elle affiche des bracelets « fuck me » à son homme, pour qu’il lui fasse l’amour de façon sauvage. Il y a un vrai manque de respect dans l’image de la femme, et dans l’acceptation de son corps. Du sexe oui, mais un peu de romance et de douceur n’aurait pas fait de mal. Il en va de même avec le scénario.

On le sait, 365 Jours : Au Lendemain s’adresse principalement aux femmes, ou tout du moins à un public féminin. Et comme pour les After ou pour les Cinquante Nuances de Grey, on a la sensation que les femmes n’ont pas le droit à un film intelligent et intéressant, que ce soit sur la technique ou sur l’écriture. On reste encore sur une image très machiste du cinéma, et il semble impossible de faire un film érotique contemporain avec des enjeux et de l’amour. Les femmes n’aiment pas que le sexe à l’état brut, comme elles aiment aussi le cinéma. Elles méritent mieux que ça. Et ce n’est pas parce que l’autrice se base sur un de ses fantasmes pour écrire ses torchons, que toutes les femmes sont comme elle.

Au final, 365 Jours : Au Lendemain est un très mauvais, comme on pouvait s’y attendre. Mais les deux réalisateurs font l’exploit de faire pire que le premier opus, continuant, sans vergogne, à dégrader l’image de la femme. Sans aucun scénario, alignant les scènes de cul sans aucune cohérence, et avec une musique insupportable, le film polonais se veut sulfureux, mais il est surtout imbitable et très insultant envers la gent féminine. Alors plutôt que de se faire du mal en regardant ça, il reste deux options. Soit mater une bonne comédie romantique et romanesque. Soit mater un bon gros porno bien sale. Dans les deux cas, se sera toujours meilleur que ce film, qui salit plus qu’autre chose l’image de Netflix.

Note : 00/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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