octobre 5, 2022

Cocktail

De : Roger Donaldson

Avec Tom Cruise, Elizabeth Shue, Bryan Brown, Laurence Luckinbill

Année : 1989

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Après avoir quitté l’armée, Brian Flanagan essaie de se trouver un boulot à New-York, mais il n’a aucun diplôme. Il décide d’entamer des études tout en étant serveur dans un bar. La solution de facilité, pense-t-il. Mais ce boulot n’est pas aussi facile qu’il le pense. Le patron, Douglas Koglan, décide de lui apprendre tous les « trucs » : les façons de servir, les astuces de consommation, etc. En peu de temps, Brian devient très populaire.

Avis :

En 1988, Tom Cruise est en pleine bourre et il sort quelques gros succès comme Legend de Ridley Scott ou Top Gun de Tony Scott. Entre temps, il tourne dans des films moins « bruyants » comme La Couleur de l’Argent, Young Guns et surtout Rain Man. Alors qu’il a un peu plus de vingt ans, Tom Cruise est l’acteur en vue et il va alors accepter de tourner dans Cocktail de Roger Donaldson. Réalisateur d’origine australienne, ce dernier est plus connu pour ses thrillers d’action que pour de la comédie romantique à tendance dramatique. Néanmoins, le duo va se trouver et c’est alors que l’on aura droit à Cocktail. Comédie dramatique aux élans romantiques sur le papier, il est vrai que le film sera en deçà des précédents longs-métrages de l’acteur. Pour autant, il réside dans ce film un charme qui opère toujours, plus de trente ans plus tard.

Brian Flanagan est un jeune homme qui vient de rentrer de l’armée et qui souhaite trouver un travail tranquille. Beau gosse et ayant une certaine gouaille, il va faire toutes les entreprises possibles, mais il se fait refouler de toutes les offres car il n’a pas les diplômes requis, ni même d’expérience. Désabusé, il rentre dans un bar pour travailler et découvre le métier de barman, ainsi qu’un ami avec qui il va tenter de construire un projet, un bar à cocktails. Bien évidemment, ce fameux projet va être mis à mal par une amitié qui va prendre l’eau à cause d’amourettes et de jalousie. En effet, Brian a plus de succès auprès des femmes que son acolyte, et ce dernier lui pique sa dernière conquête. Brian quitte alors les States pour s’installer en Jamaïque. Mais le passé le rattrape, ainsi que ses désirs de réussite.

Très clairement, Cocktail essaye d’être une comédie romantique et joue à fond la carte de charme autour de Tom Cruise. L’acteur est toujours mis en valeur, même lorsqu’il rate ses mouvements pour faire des boissons. Cependant, sa côté playboy lui permet de faire venir de nombreuses filles autour du comptoir et lui garantit un franc succès. L’aspect romantique arrive lors de la première vraie rencontre, et de son premier amour, dont il va être déçu. Une déception d’autant plus grande qu’elle vient de son seul ami, jaloux et revanchard. Le scénario utilise alors cette première déception pour changer de lieu, et couper court au rock de New York pour aller dans le reggae de la Jamaïque. Un climat plus chaud qui permet au réalisateur de filmer de manière plus charnelle la relation que va entretenir le héros avec une jolie blonde.

Cette relation sera idyllique, à un tel point que les deux tourtereaux envisagent presque de s’installer dans ce lieu, pour ne jamais revenir aux Etats-Unis. Mais le film ne va pas s’arrêter là et notre flamboyant barman va renouer avec son ami et succomber à ses démons, voulant lui prouver qu’il n’a rien perdu de sa superbe et de ses ambitions. Le couple rompt alors, et Brian va vite se rendre compte de son erreur, errant à la recherche d’argent, accroché à la cheville d’une femme d’affaire qu’il n’aime pas vraiment. A partir de là, le film va explorer le pouvoir de l’argent et ce que l’on est prêt à faire par ambition. Le meilleur ami de Brian se marie alors à une riche femme, mais on sent qu’il n’est pas heureux. Chose que l’on remarque très vite par son regard désabusé.

Cocktail tente de montrer que l’argent ne fait pas le bonheur et que se marier par intérêt n’est pas une bonne chose à faire. Les deux personnages se fourvoient dans des relations toxiques et peu amènes où ils ne seront pas heureux, amenant soit à un suicide, qui ouvrira les yeux au personnage central, soit à une rupture douloureuse, se faisant fermer les portes d’un avenir plus ou moins voulu. Cocktail se termine alors sur une réflexion sur la richesse et sur ce que l’on est prêt à faire pour réussir. Doit-on acheter son amour ? Doit-on vivre au crochet d’une personne quitte à la tromper ? Derrière ses atours de comédie romantique, il y a un regard assez cynique sur l’argent et sur la réussite. Sur ces golden boys qui sont prêts à écraser tout le monde pour leur propre ascension.

Bien évidemment, la toute fin du film essaye d’amener un peu de couleurs et de joie dans le film. Car malgré un Tom Cruise toujours souriant et apprêté, et quelques relations sympathiques, Cocktail reste un film assez cynique qui montre la dure réalité du marché du travail, et tous les sacrifices qu’il faut faire pour espérer avoir un peu d’argent. Le choix final d’Elisabeth Shue prouve aussi que l’argent ne fait pas le bonheur, et que certains parents sont plus attachés à leur compte en banque et à leur étiquette qu’à leurs propres enfants. Le film se termine néanmoins sur une touche de bonne humeur et de jovialité, permettant alors de dire que l’argent ne fait pas le bonheur, qu’il y participe, mais que l’amour est certainement plus fort que tout.

Au final, Cocktail s’éloigne réellement des carcans de la comédie romantique lambda. A la fois désabusée et cynique, cette romance prend parfois les codes à bras le bras, pour mieux les tordre par la suite et démontrer avec violence que l’amour n’est parfois que factice et que le goût de la réussite peut parfois nous faire faire les mauvais choix. Outre l’amour, on voit aussi que l’amitié est importante, aidant à faire des choix et à se remettre sur le droit chemin. Bref, même si ça reste un film « mineur » chez Tom Cruise, Cocktail n’est pas pour autant une comédie si niaise que ça, et son sujet principal est toujours d’actualité aujourd’hui.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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