juillet 19, 2024

Placebo – Never Let Me Go – Retour en Grâce

Avis :

Fondé au milieu des années 90, Placebo est un groupe qui a débuté dans ce que l’on pourrait appeler le Post-Punk, avant de s’en aller vers des voies plus Rock, voire Pop Rock. Le succès est assez retentissant et Brian Molko, le leader du groupe, va allier une musique percutante avec une image marquante. Jusqu’en 2013, et la sortie de Loud Like Love, le groupe avait sorti des albums de façon constante tous les deux/trois ans. Mais après vingt ans de bons et loyaux services, une pause s’est imposée et nous n’avions plus de nouvelles du groupe jusqu’à maintenant. Prévu pour 2020 mais retardé à cause de la pandémie, permettant à Molko et Olsdal de le peaufiner, Never Let Me Go est le huitième album studio du groupe anglais et il avait fort à faire, puisqu’il devait redresser la barre après la déception du précédent opus. Pari réussi ?

L’effort s’ouvre sur Forever Chemicals et le démarrage est assez étrange. On trouve une sorte d’expérimentation dissonante, qui va se mélanger avec un riff assez rugueux, plutôt étonnant pour du Placebo. Mais rapidement, on retrouve la voix si particulière de Brian Molko dans un registre plus connu, plus lent et plus langoureux. On reconnaît immédiatement la patte du groupe, qui va alterner des couplets simples et doux avec des refrains plus incisifs, et même des ajouts électro assez intéressants. Quoi qu’il en soit, les fans du groupe ne seront pas déboussolés, mais le plus fort dans tout ça, c’est que ça ressemble à du Placebo sans que ce soit répétitif avec les albums précédents. Une force que l’on ressent aussi avec Beautiful James et son clavier qui revient en boucle. C’est du Placebo pur jus, mais avec des ajouts nouveaux non négligeables.

Concernant ce dernier titre, il est d’une grande efficacité, avec non seulement un refrain cathartique, mais aussi une mélodie qui fait mouche immédiatement, entre mélancolie et nervosité. C’est avec Hugz que l’on entend les prémices d’un Placebo plus en colère, qui a envie de dérouler du câble électrique. Certes, on est loin des aspérités d’un vrai Rock puissant ou d’un Métal rugueux, mais pour le groupe anglais, c’est percutant et intéressant. On notera aussi le travail à la batterie, assuré ici par Matt Lunn qui n’est pas crédité comme membre à part entière du groupe, mais comme membre additionnel. Parmi les morceaux assez nerveux, on peut aussi compter sur Twin Demons et ses allures de Rock british ou encore, dans une moindre mesure, Try Better Next Time. Cependant, le groupe n’est jamais aussi meilleur que lorsqu’il arpente le chemin de la mélancolie avec des titres plus doux.

Et là, il y en a tout un rayon. Si on peut compter sur Beautiful James, on sera aussi très touché par Happy Birthday in the Sky, qui fait écho aux précédents efforts du groupe. C’est à la fois beau et triste et porté par la sublime voix de Brian Molko, qui rajoute une petite touche de candeur. D’autant plus que le titre est accentué par un refrain catchy à souhait. On peut aussi évoquer This is What you Wanted qui ne décollera jamais pour rester très bas dans les vocalises, mais qui touche au plus profond si l’on prend la peine de fermer les yeux et juste d’écouter. Le piano est juste et on retrouve toute l’essence du groupe, qui allie à merveille les parties denses et les moments plus légers. Went Missing ira presque jusqu’au Word Spoken, accompagné par une batterie assez discrète et une guitare lancinante.

Entre rock et moments éthérés, Never Let Me Go se pose comme un album qui synthétise à merveille tout ce que Placebo peut offrir. Néanmoins, le duo arrive à se renouveler sans cesse en gardant son identité et en rajoutant des effets sonores intéressants et parfois surprenant. On peut citer l’introduction au violon de The Prodigal, qui peut sembler inopportune, chercher presque à faire du lyrique, mais le groupe détourne cela pour en faire quelque chose de frais et de fort plaisant. On peut aussi citer les tentatives Prog avec Surrounded by Spies ou encore le mélange électro Rock très réussi avec Sad White Reggae qui donne une furieuse envie de danser. Un mélange hétéroclite qui fait souvent mouche et permet au groupe de revenir sur le devant de la scène.

Au final, Never Let Me Go, le huitième album de Placebo, est une belle réussite et un retour attendu qui cartonne. Alors que les anglais avaient déçu avec Loud Like Love, il propose ici un effort dense et complet (plus de 57 minutes) qui mélange de manière intelligente les genres pour fournir de l’émotion allant de la nervosité à la plus belle des mélancolies. Les neuf ans d’absence valaient finalement le coup, mais on espère grandement que le groupe ressortira un album en un peu moins de temps…

  • Forever Chemicals
  • Beautiful James
  • Hugz
  • Happy Birthday in the Sky
  • The Prodigal
  • Surrounded by Spies
  • Try Better Next Time
  • Sad White Reggae
  • Twin Demons
  • Chemtrails
  • This is What you Wanted
  • Went Missing
  • Fix Yourself

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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