novembre 30, 2022

Panic Home

Titre Original : Tiger House

De : Thomas Daley

Avec Kaya Scodelario, Dougray Scott, Ed Skrein, Brandon Auret

Année : 2015

Pays : Angleterre, Afrique du Sud

Genre : Thriller

Résumé :

Kelly se faufile en douce chez son petit-ami mais elle n’est pas la seule à le faire ce soir-là.
Au fur et à mesure que la situation dérape, cette banale maison de banlieue devient le terrain d’une violente partie de cache-cache.

Avis :

S’il y a bien un domaine dans lequel il est difficile de se renouveler, c’est le Home Invasion. De Panic Room à Hush, en passant par You’re Next, American Nightmare ou encore The Strangers, on reste souvent dans le même schéma narratif et les mêmes ressorts. A savoir des méchants masqués qui viennent pour embarquer de l’argent ou les vies des résidents. Si certains tirent leur épingle du jeu, c’est souvent grâce à une mise en scène intéressante, ou des personnages traités de manière un peu différente. Sans jamais vouloir se séparer de cette grande famille, Panic Home (référence oblige au film de David Fincher) est un petit film qui lorgne du côté d’envahisseurs masqués qui veulent un peu de beurre dans leur épinard. Malheureusement pour nous, au rayon de l’inventivité, c’est le néant total, et Thomas Daley n’arrive à aucun moment à susciter la moindre émotion chez le spectateur.

Sous le lit

Il faut dire qu’au niveau du scénario, on flirte avec le mauvais goût et le foutage de gueule. Ici, on va suivre une jeune fille qui est amoureuse d’un jeune garçon. Elle se faufile dans sa chambre par la petite fenêtre et décide de passer la soirée avec lui. Manque de bol, c’est ce même soir qu’une bande de malfrats cagoulés décide de rentrer dans la maison, de bâillonner tout le monde, de prendre le beau-père, banquier, et de lui faire ouvrir le coffre-fort de la banque. Tout le monde se fait attraper, sauf l’héroïne, qui aura réussi à se planquer sous le lit. Mais son petit-ami, dans un élan de bravoure, blesse gravement le chef de la bande, qui se retrouve sur le lit en dessous duquel elle est cachée. Seule, elle va devoir s’en sortir pour prévenir la police, ou tout du moins s’en sortir vivante.

Rien de neuf à l’horizon, si ce n’est un mélange insipide de Home Invasion et de Survival. Au niveau du scénario, le script de base laisse peu de place au doute, et on sait d’avance qu’elle va user de tous les stratagèmes à sa disposition pour s’en sortir. Elle va donc passer un long moment sous le lit, en essayant de ne pas se faire remarquer. C’est pendant ce temps que l’on va voir les visages des méchants, et que l’on va comprendre pourquoi ils ont choisi cette maison. Une fois l’histoire de gros sous annoncée, la jeune fille va réussir à sortir de sous le lit (dans un moment de grand n’importe quoi), puis elle va naviguer dans la maison, tout en essayant d’esquiver les bad guys. Mais elle va devoir faire face au plus violent de tous, un ex-taulard qui a oublié d’être intelligent.

lutte de classe sans classe

Si la confrontation aurait pu être sympa, on se retrouve face à un duel sous tranquillisant, avec un Ed Skrein cabochard et con comme la lune. On retrouve, comme d’habitude, de nombreux fusils de Tchekov qui vont permettre de mettre en avant une arbalète et quelques endroits cachés de la maison. Malheureusement pour nous, tout cela est exploité de manière basique, sans aucun génie dans la mise en scène. Le film est impersonnel et n’arrive jamais à surpasser son scénario de base, qui est bête comme les blés. Il faut dire aussi que les rebondissements sont d’une bêtise sans nom, avec notamment un chef mourant qui décide, sur un coup de tête, de sauver la jeune fille et de l’aider dans sa fuite. On ne comprend pas trop le geste. Peut-être une vague histoire de rédemption, mais tout cela reste surtout une belle pirouette scénaristique.

Le film va essayer de se donner de la consistance en travaillant son personnage central, tenu par Kaya Scodelario, en lui offrant une évolution plus ou moins logique. En fait, le scénario tente d’inclure un sous-texte sur les relations sociales. Elle est issue d’un milieu défavorisé, et son mec vient d’une famille très aisée. Elle va alors surprendre la mère de son compagnon qui lui demande de la quitter, car elle ne serait là que pour son argent. Une lutte des classes se dessine alors, mais ce n’est pas pour autant qu’elle va s’acoquiner avec les malfrats. Elle va tout de même aider cette famille de nantis et avoir les bonnes grâces de sa belle-mère, qui ne l’accepte tout de même pas dans la famille in fine. En gros, on sent que le scénariste a voulu mettre du fond, mais il ne savait pas comment terminer son histoire avec ce thème-là.

Orpi

De ce fait, on se retrouve avec un truc bancal et aussi incisif qu’une lame émoussée. Et cela ne s’arrête pas là. On y trouvera des histoires de tromperie, notamment la mère avec le voisin, ou encore le beau-père qui cache un petit secret qui sera divulgué sur la fin (et que l’on grillera dès le début du film). Ces histoires auront une légère incidence sur le final, mais tout cela reste soporifique. La réalisation n’a pas de patte. Le film n’a pas d’identité et rentre parfaitement dans cette case que l’on attribue aux films de streaming ou destinés au marché du DVD. Même le trio de tête, à savoir Kaya Scodelario, Dougray Scott ou Ed Skrein, ne sauve pas le film du naufrage et d’un ennui total. Gérer la tension au sein d’un décor quasi unique n’est pas une chose facile, et Thomas Daley s’est planté en beauté.

Au final, Panic Home est un thriller hautement dispensable. Malgré un casting alléchant et un concept turbo débile qui peut marcher le temps d’une soirée, le film ne tient pas la route et se prend les pieds dans le tapis des escaliers, pour dégringoler minute après minute. N’utilisant jamais son sujet sur la lutte des classes, n’arrivant pas à distiller une tension montante et n’offrant pas une mise en scène inspirée, on se retrouve face à un métrage ennuyeux au possible, dont les twists sont ridicules, prouvant les faiblesses d’écriture. Bref, un mauvais film qui ne rend pas hommage au Home Invasion.

Note : 06/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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