mars 3, 2024

Un Fils du Sud – Whitttesman

Titre Original : Son of the South

De : Barry Alexander Brown

Avec Lucas Till, Lucy Hale, Julia Ormond, Brian Dennehy

Année : 2021

Pays : Etats-Unis

Genre : Biopic

Résumé :

En 1961, Bob Zellner, petit-fils d’un membre du Ku Klux Klan originaire de Montgomery dans l’Alabama, est confronté au racisme endémique de sa propre culture. Influencé par la pensée du révérend Martin Luther King Jr. et de Rosa Parks, il défie sa famille et les normes sudistes pour se lancer dans le combat pour les droits civiques aux États-Unis.

Avis :

Réalisateur, mais surtout monteur, américain, Barry Alexander Brown tient une très belle carrière dans ce domaine. On peut même dire qu’il est une sommité à lui seul avec pas moins d’une cinquantaine de films à son actif, dont beaucoup des films de Spike Lee. Quand Barry Alexander Brown ne monte pas de film, il lui arrive d’en réaliser. Ainsi, sa première réalisation, un documentaire, date de 1979, alors que son premier film de fiction, lui, remonte à 1990. En tout, Barry Alexander Brown, entre docu et fiction, aura réalisé cinq films.

Son dernier en date, qui s’apprête à sortir en Décembre, est un film qui a pour sujet les droits civiques aux Etats-Unis et plus particulièrement, Barry Alexander Brown y fait le portrait d’un homme blanc natif de l’Alabama, qui va s’imposer comme une figure de ce mouvement. Intéressant, notamment par ce qu’il met en lumière un homme qu’on ne connaît pas par chez nous, « Un fils du Sud » saura se faire aussi quelque peu décevant, car cette histoire, ou plutôt ce genre d’histoire, a déjà été raconté et de bien meilleure manière. Ainsi, « Un fils du Sud » se laissera regarder, mais il ne nous transcendera jamais vraiment.

1961, ville de Montgomery, pur produit de l’Alabama, à vingt-deux ans, Bob Zellner est pourtant très loin de penser comme la majorité. Influencé par les paroles de Martin Luther-King, le jeune homme, qui est le petit-fils d’un homme respecté du Klan, décide contre vent et marée de défendre les droits civiques des gens de couleurs. À une époque où la ségrégation est reine, un jeune blanc qui défend les droits des noirs, c’est considéré comme de la trahison aux yeux du Klan.

Les films qui traitent de la ségrégation, il y en a eu beaucoup et l’on peut aisément dire que tous les portraits les plus importants et intéressants de l’histoire ont été abordés. Bien sûr, il en reste encore, comme le démontre Barry Alexander Brown qui s’intéresse avec son nouveau film au jeune Bob Zellner, un étudiant qui va rejoindre au cours des années 60 le mouvement pacifiste des afro-américains pour obtenir plus de droits, de justice et d’équité. En soi, le film de Barry Alexander Brown est intéressant, car la figure qu’il présente est assez peu connue et son histoire, son déclic, et l’envie d’aller contre un système, même au sein de sa propre famille, offre vraiment de quoi nous tenir. De plus, du côté de son scénario, « Un fils du Sud » tient une intrigue qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, des films avec cette trame-là, on en a déjà vu énormément et surtout, on en a vu des meilleurs et des bien plus percutants, car là, noyé au milieu de tous, le film de Barry Alexander Brown est bien trop classique pour marquer et au-delà de ça, il sonne comme déjà vu. Alors qu’il offre des points de vues différents avec ici le regard d’un jeune blanc qui se lance « en politique » si l’on peut dire, l’ensemble résonne comme déjà vu. On connaît ce genre de film et d’intrigues et malgré une tentative de suspens qui est raté, on sait parfaitement comme ce film va se finir et où il va aller et l’on ne s’y saura pas trompé.

Du côté de sa réalisation, si le film se laisse gentiment regarder comme un petit divertissement, le coté classique de son intrigue, conjugué à une mise en scène sans surprise, fait que ce « … fils du Sud » déçoit quelque peu. Après, il reste que le rythme est bon, et qu’au-delà de ça, Barry Alexander Brown sait ce qu’il veut. Il sait comment il a envie de raconter cette histoire et ce portrait, et même si l’ensemble est classique, il est aussi efficace.

Enfin, du côté de son casting, si le film tient de très bons seconds rôles comme Brian Dennehy, Julia Ormond, Cedric the Entertainer ou Lucy Hale, on sera un peu plus réservé quant à son comédien principal, Lucas Till, qui tient un personnage dont il peine à faire pleinement exister.

« Un fils du Sud » se pose alors comme un petit film divertissant sur l’instant, mais face à d’autres œuvres qui ont abordé les mêmes sujets, le film de Barry Alexander Brown ne rivalise pas et très vite, il va se faire oublier et il se retrouvera noyé dans la masse. Ainsi, « Un fils du sud » se pose de manière générale comme une sympathique déception.

Note : 11/20

Par Cinéted

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