décembre 8, 2022

Benighted – Obscene Repressed

Avis :

On a beau aimer le Métal, il arrive que parfois, ça ne passe pas avec certains groupes. Sans voir une certaine défiance envers les membres d’un groupe, on a tous nos limites en matière de violence ou de thématiques. Et il semblerait qu’ici, Benighted soit à la lisière de cette limite. Groupe français de Brutal Death originaire de Saint-Etienne, on ne peut renier les qualités techniques de la formation, qui embarque son auditoire dans un déluge de violence et de cauchemar. La voix de Julien Truchan, seul membre d’origine, est à tomber par terre, tant il maîtrise une palette impressionnante. Seulement, Benighted tombe très souvent dans la violence brute, au mépris de la mélodie et d’arrangements plus ou moins sophistiqués. C’est sans doute cela qui a valu leur grosse réputation sur la scène métal française, mais parfois, le groupe va trop loin. Est-ce encore le cas avec Obscene Repressed ?

Tout pour la bourrine

Dès le départ, le groupe met tout le monde d’accord et n’a pas perdu de sa colère. Obscene Repressed débute avec une sorte de mise en scène glauque avant de délivrer un déluge de violence et de riffs sauvages. Julien Truchan utilise toute sa palette vocale pour accompagner une rythmique infernale et d’une rare brutalité. Le problème, c’est que l’on reste dans quelque chose de tellement brutal, que la mélodie en prend un coup. On se demande même parfois ce que veut nous raconter le groupe. Heureusement, le break fourni est excellent et donne envie de bien se casser la nuque. Cependant, on reste dans le même carcan que ce que nous sert le groupe depuis des années et on ne voit pas vraiment d’évolution. Nails ira dans le même registre, avec une batterie ultra rapide, des riffs percutants et un chant qui alterne entre growl aigu et petit sifflement.

Il manque clairement de la lisibilité dans la construction des morceaux. C’est tellement brutal qu’au bout d’un moment, on se demande s’il y a vraiment du sens dans tout cela. D’ailleurs, avec cet album, le groupe aligne de nombreux morceaux qui ne dépassent pas les trois minutes et qui vont droit au but. Les fans de violence seront certainement ravis, mais cela démontre tout de même un manque d’imagination quant aux compositions. On peut citer Muzzle et son désintérêt total ou encore Undivided Dismemberment qui ne parvient pas à marquer, et cela malgré une brutalité sans précédent. Et il ne suffit pas de rajouter quelques introductions comme sur Brutus ou Mom, I Love You the Wrong Way pour obtenir un semblant de variation. Encore une fois, si techniquement, c’est irréprochable, on reste dans quelque chose de très lassant et très binaire.

Plus accessible malgré tout ?

La chose la plus étrange à travers cet album, c’est qu’il donne l’impression d’être plus accessible que les précédents efforts du groupe. Cela se tient à peu de chose, mais on va retrouver quelques moments très agréables dans certains titres. Des moments techniques, où le groupe prouve qu’il peut parfois un peu ralentir le rythme. Il suffit d’écouter l’introduction de Brutus pour s’en rendre compte. Il est juste dommage que cela ne tienne que quelques secondes. Implore the Negative est aussi un titre très intéressant dans son démarrage, nouant des liens étroits avec Sepultura. On retrouve des percussions tribales et la rythmique renvoie immédiatement au groupe brésilien. Casual Piece of Meat est aussi un morceau qui envoie du lourd, mais qui bénéficie d’un riff entêtant et percutant. Puis Smoke Through the Skull fait étalage de la voix grave de Julien qui peut tout terrasser en quelques secondes.

Au final, Obscene Repressed, le dernier effort de Benighted, est un album qui est à l’image du groupe. C’est violent, sans concession, ça part dans tous les sens et on a souvent l’impression d’écouter la même chose en boucle. Cependant, malgré des redondances pénibles, il semblerait que les français mettent un peu d’eau dans leur vin et tentent de fournir des riffs plus entêtants et donc plus accessibles. Sans être mainstream non plus, il ne faut pas déconner, Benighted garde son identité, tout en essayant, peut-être, d’être plus proche des néophytes. La reprise de Slipknot dans la version de luxe en atteste. Malgré tout, on reste dans un Brutal Death très bruyant, gargantuesque, et qui manque parfois de finesse dans l’exécution.

  • Obscence Repressed
  • Nails
  • Brutus
  • The Starving Beast
  • Smoke Through the Skull
  • Implore the Negative
  • Muzzle
  • Casual Piece of Meat
  • Scarecrow
  • Mom, I Love You the Wrong Way
  • Undivided Dismemberment
  • Bound to Facial Plague
  • The Rope (Bonus)
  • Get This (Bonus)

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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