juin 13, 2024

Amorphis – Halo – Retour en Grâce

Avis :

A ses débuts, Amorphis était un groupe de Death/Doom qui a su évoluer au fil des années et de ses changements de line-up. Stable depuis le milieu des années 2000, les finlandais ont affiné leur musique pour arriver à quelque chose d’hybride et d’unique. Savant mélange de Death mélodique, de Métal alternatif avec quelques éléments folk, Amorphis fait partie de ces groupes dont chaque album est une ode au voyage, avec une volonté de repousser plus loin les champs expérimentaux. Halo est le quatorzième effort de la formation, et il y avait fort à faire, puisque le précédent opus, Queen of Time, était un véritable joyau. Continuant sur les chemins de l’album précité, Halo est encore une belle réussite pour le groupe, qui pousse plus loin encore la recherche de sonorités particulières, alliant alors Death, Folk et quelques passages Prog.

Récital

Comme toujours avec Amorphis, on ne sait jamais à quoi s’attendre, si ce n’est un mélange osmotique entre chant clair et growl. Cet album n’échappe pas à la règle et Tomi Joutsen offre une performance incroyable sur absolument tous les morceaux. Certains passages rugueux sont parfaitement mis en valeur par la voix gutturale du chanteur, et les refrains, en chant clair, sont très catchy et rentrent immédiatement dans la tête. C’est d’ailleurs la force de cet album qui arrive à allier des titres assez longs (la plupart dépasse les cinq minutes), mais qui s’apprivoisent rapidement, notamment grâce à des refrains parfaits. The Moon en est un exemple parfait, avec notamment des couplets costauds, et un refrain clair et aérien qui permet de donner une belle ambivalence à l’ensemble. Mais ce n’est pas le seul titre à jouer sur ce tableau.

On the Dark Waters mise sur la même structure, avec, en prime, des riffs qui frappent fort. Ici, en plus des paroles qui s’encrent parfaitement dans notre cortex, on aura droit à un riff percutant et accrocheur. Chose que l’on retrouve avec l’énorme titre Seven Roads Come Together, qui en plus de cela, possède un aspect épique et fédérateur. Dès le départ, on a envie de bouger la tête dans tous les sens et de pousser la gueulante. War et Halo viennent compléter un tableau déjà bien garni, offrant tout ce que l’on était venu chercher, des moments brutaux, qui sont contrebalancés par des passages plus éthérés, plus doux, portés par la voix enchanteresse de Tomi Joutsen. On comprend aisément pourquoi le chanteur, arrivé en 2005 dans le groupe, a rapidement conquis les foules, en album comme sur scène. Cette voix, c’est du velours.

Un peu de douceur, et de clavier

On pourrait croire qu’en abordant le dernier Amorphis de cette façon, on tire sur l’ambulance, tant tout cela tient à des évidences. En trente ans d’existence, le groupe a rarement déçu, et encore plus avec l’arrivée du nouveau chanteur en 2005. Les nouveautés sur cet album sont assez peu nombreuses, mais elles surprennent par leur audace. Par exemple, Northwards laisse beaucoup de place au clavier. On aura même droit à un petit solo qui pointera le bout de son nez, ne rompant pourtant jamais la puissance de la mélodie. Cela ajoute un aspect émotif fort et très intéressant. Hybridant toujours plus sa musique, le groupe délivre aussi des passages très prog, mais aussi très Heavy, à l’image de l’introduction de A New Land, ou même de sa vitesse d’exécution. Une douceur sera apportée avec l’apport d’une voix féminine, qui prend plus de place.

L’apothéose sera bien évidemment en toute fin d’album, avec My Name is Night, en duo avec Petronella Nettermalm (chanteuse et violoniste du groupe Paatos). Le titre est d’une rare douceur, tout en y incorporant des éléments assez sombres. Il en résulte un morceau touchant et tendre, qui laisse presque place à une mélancolie enivrante et insidieuse. Une fois encore, le groupe frappe fort et arrive à mélanger les genres pour un rendu unique et intelligent.

Au final, Halo, le dernier né de chez Amorphis, est encore une fois un excellent album. A chaque fois que l’on pense obtenir un effort parfait du groupe, les membres remettent le couvert et arrivent encore à nous surprendre et nous étonner. Reprenant les mêmes recettes, rajoutant des moments de grâce infime et porté par la voix sublime de Tomi Joutsen, le groupe prouve, si besoin l’en est, qu’il est l’un des tout meilleurs du monde et que son métal ne ressemble à aucun autre. Superbe.

  • Northwards
  • On the Dark Waters
  • The Moon
  • Windmane
  • A New Land
  • When the Gods Came
  • Seven Roads Come Together
  • War
  • Halo
  • The Wolf
  • My Name is Night feat Petronella Nettermalm

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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