septembre 25, 2023

Deep Water

D’Après une Idée de : Kris Wyld

Avec Noah Taylor, Yael Stone, Jeremy Lindsay Taylor, Danielle Cormack

Pays : Australie

Nombre d’Episodes : 4

Genre : Thriller

Résumé :

Les détectives Lustigman et Manning sont assignés un meurtre brutal à Bondi, où ils découvrent que le crime en question est associé à tout un tas de morts non résolues et disparitions dans les années 80 et 90.

Avis :

Réalisateur australien, Shawn Steet a débuté sa carrière dans les années 90. Il va passer cette décennie à la production, avant de se lancer dans la réalisation au début des années 2000. Alors que beaucoup visent le grand écran, Shawn Steet a lui passé toute sa carrière sur le petit écran, en s’occupant de mettre en scène des séries. Séries qui pour la plupart demeurent encore inédites chez nous, car Shawn Steet a que très rarement quitté le sol australien.

Après s’être occupé d’une douzaine d’épisodes de la série « The Code« , Shawn Steet est alors revenu à un format qu’il apprécie énormément, la mini-série, ce qui lui permet donc de raconter une histoire de son début à sa fin. Revenant au thriller, avec « Deep Water« , Shawn Steet va mener une enquête dans une petite ville côtière d’Australie. Mêlant passé et présent, Shawn Steet va, en quatre épisodes d’une cinquantaine de minutes chacun, mener un petit show assez prenant, avec une intrigue plutôt originale et des rebondissements. Après, derrière ça, il faut aussi passer à côté d’un manque d’émotion, et quelques facilités scénaristiques histoire d’aller plus vite dans l’enquête.

Lori Lusgtiman est inspecteur au sein de la police d’une petite ville côtière d’Australie. Un matin, elle est appelée à se rendre sur une scène de crime. Un jeune homme attaché à son lit a sauvagement été poignardé et lacéré. Très vite, ce crime se reproduit et à chaque fois les victimes sont homosexuelles. Lori et son collègue, Nick Manning, vont alors faire des rapprochements avec des disparitions d’homosexuels à la fin des années 80, début des années 90.

Une envie de série policière qui sort un peu de l’ordinaire, qui s’éloigne des carcans des séries américaines, alors pourquoi ne pas se laisser tenter par cette petite série policière qui s’éloigne bien de ce que l’on peut avoir l’habitude de voir, se rapprochant bien plus de ce que font nos amis anglais.

Doté d’une idée de base très intéressante et bien originale, « Deep Water » est une série qui, dans son côté enquête, réussit assez bien ce qu’elle entreprend. Dispatché sur quatre épisodes, « Deep Water » prend le temps de faire monter son intrigue, son mystère, ses pourquoi et bien sûr, sa liste de suspens potentiels. Toujours dans ses bons côtés, en plus de lier nouvelles technologies dans son enquête, ou dans le mode opératoire de son meurtrier, la série lie très bien le passé au présent, ce qui fait qu’elle va mener une enquête au sein même de sa propre enquête, et jamais la série ne va se prendre les pieds dans ses intrigues. Wyld à l’écriture et Steet à la réalisation gèrent très bien l’ensemble et nous embarquent sans difficulté aucune.

Évidemment, en amenant la série sur les sentiers du passé, « Deep Water » peut avoir quelque chose de prévisible, mais là encore, comme c’est bien fait, c’est efficace et prenant, on se laisse prendre au jeu des indices, des suspects et des pourquoi. Après, comme je le disais, tout n’est pas parfait non plus, et au rang des défauts, on peut aisément reprocher à « Deep Water » de tirer certaines ficelles assez faciles, ce qui donne la sensation que showrunner et réalisateur avaient bien plus à raconter, mais ils étaient tenus par le temps et devaient tout faire entrer en quatre heures de série, et comme l’intrigue est riche et complexe, l’histoire, les rebondissements, les résolutions et les avancées de l’enquête peuvent faire des bonds, notamment dans les deux derniers épisodes.

Puis l’autre défaut de la série, c’est son manque d’émotion. C’est d’ailleurs ce qui est le plus dérageant ici, car l’intrigue est très émotionnelle, notamment parce qu’elle remue le passé et malgré ça, malgré un côté touchant, finalement, « Deep Water » peut nous laisser sur notre faim. Ainsi, il lui manque clairement quelque chose pour nous secouer, et surtout au-delà de ça, nous marquer pleinement. On peut avoir l’impression que « Deep Water » restera comme une série autour d’un serial killer d’homosexuels, alors que son histoire est plus « prenante » que cela.

Ce sentiment peut trouver une réponse en partie dans la mise en scène de Shawn Steet, qui à force de vouloir à tout prix éviter le pathos, en a oublié de garder la dose d’émotion qu’il fallait pour raconter cette histoire. Heureusement, le réalisateur rattrape assez bien la chose en tenant bien sa tension, son suspens, son mystère et son enquête, qu’il met très bien en scène. La série joue très bien avec la nouvelle technologie, arrivant à bien les employer pour cette histoire. Puis il y a le côté thriller, qui est plutôt bien réussi, même si de ce côté-là, la série aurait gagné à être bien plus sombre et torturée.

Derrière ces défauts, « Deep Water » est aussi et surtout une série qui est portée par deux acteurs impeccables, avec d’un côté l’australienne Yael Stone (« Orange is the new Black« ), et de l’autre le britannique Noah Taylor qu’on ne présente plus. Les deux acteurs trouvent de bons personnages et forment un bon duo de flics, s’entraidant. L’histoire fait toutefois une belle part au personnage incarné par Yael Stone, même si comme je le disais, le rapport entre son histoire et l’émotion que celle-ci dégage aurait mérité d’être plus tenu.

Quoi qu’il en soit, entre ses qualités et ses défauts, « Deep Water » se pose comme une sympathique petite découverte. Prenante, gérant très bien son suspect et son mystère, ces quatre épisodes nous tiennent jusqu’au bout, et même s’il lui manque de l’émotion, l’ensemble demeure une bonne découverte qui habille bien une soirée ou deux. Puis ça fait du bien de voir des enquêtes filmées et racontées autrement. Donc si l’envie vous en dit, c’est sur Netflix.

Note : 14/20

Par Cinéted

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