octobre 6, 2022

After Blue (Paradis Sale) – Expérience Douloureuse

Titre Original : After Blue (Dirty Paradise)

De : Bertrand Mandico

Avec Elina Löwensohn, Paula Luna, Vimala Pons, Agata Buzek

Année : 2022

Pays : France

Genre : Science-Fiction, Thriller

Résumé :

Dans un futur lointain, sur une planète sauvage, Roxy, une adolescente solitaire, délivre une criminelle ensevelie sous les sables. A peine libérée, cette dernière sème la mort. Tenues pour responsables, Roxy et sa mère Zora sont bannies de leur communauté et condamnées à traquer la meurtrière. Elles arpentent alors les territoires surnaturels de leur paradis sale…  

Avis :

Bertrand Mandico est un cinéaste hybride qui ne cesse de s’aventurer là où peu de monde oserait aller. Mandico débute au milieu des années 90 et on ne compte plus les projets sur lesquels il a travaillé depuis. Entre courts-métrages, dessins, photographie, collage, animation, clip, série, théâtre, et long-métrage, Bertrand Mandico a une sacrée carrière. Après une trentaine de courts-métrages, en 2017, le metteur en scène réalise son premier long, « Les garçons sauvages« , film qui pour beaucoup s’impose d’emblée comme une œuvre culte et importante.

Quatre ans après ce premier film, le réalisateur revient alors avec une seconde œuvre, « After Blue (Paradis Sale)« . Une œuvre à l’univers fort, une œuvre à l’esthétisme poussé, travaillé, recherché, et pourquoi pas, presque hypnotique. Film hybride au possible, mélange de science-fiction, film d’anticipation et western féminin, empreinte des années 80, le nouveau film de Bertand Mandico a assurément ses qualités, mais malheureusement, ça n’aura pas suffi et le film s’est transformé en un véritable calvaire. Et un calvaire qui s’étire sur plus de deux heures.

Dans un futur lointain, après avoir ravagé la Terre, les hommes ont été obligés de quitter cette dernière pour s’établir autre part. Après des recherches, ils ont découvert la planète After Blue, qui réunit bien des conditions pour que l’espèce humaine puisse y vivre. Enfin, l’espèce humaine, c’est un bien grand mot, car une fois sur place, tous les hommes sont morts très vite. Seules les femmes demeurent aujourd’hui et elles vivent en petits groupes. Dans l’un de ces groupes se trouve Roxy, une jeune fille native d’After Blue. Un jour, Roxy sauve une femme enterrée sur une plage et cette femme, Kate Bush, tue les amies de Roxy. Les femmes du village « condamnent » alors Roxy et sa mère à l’exil, et elles ne pourront revenir qu’avec le corps de Kate Bush.

Faisant l’ouverture du festival Chéries Chéris, le nouveau film de Bertrand Mandico, de par les quelques images qui avaient été présentées, avait tout l’air d’être une sacrée expérience, et même si « After Blue (Paradis Sale) » s’est posé comme l’une des expériences de cinéma les plus calamiteuses à laquelle j’ai pu assister, le film regorge de qualités. Des qualités artistiques indéniables, qui sont intéressantes et chatouillent l’œil.

Ainsi, comme je le disais plus haut, il y a une très belle recherche artistique sur « After Blue (Paradis Sale)« . Rappelant parfois certains films d’aventures des années 80 (« Willow« , « L’histoire sans fin« ), Bertrand Mandico livre d’un côté un film qui a un charme fou. Un film qui a une patte et un univers certains. Ainsi, la photographie faussement vieillotte et pleine de couleurs passées est tout simplement sublime. La mise en scène tient de très bonnes idées et certains instants dans le film, dans leur esthétique et technique, sont là encore superbes et intéressants. S’ajoute à cela de merveilleux décors kitschouilles et rétros, qui accentuent encore un peu plus l’ambiance du film. Il y a quelque chose d’unique qui s’échappe du film de Mandico (surtout dans le paysage du cinéma français), et cette inspiration tout droit sortie des années 80 en termes d’esthétisme, fait plus que ce qu’on lui demande. Le film est aussi parcouru d’une BO électronique signée Pierre Desparts qui, là encore, offre un sacré charme à l’ensemble.

Mais voilà, si d’un côté « After Blue (Paradis Sale) » a vraiment de quoi charmer, cela ne sera pas suffisant face à cette histoire incompréhensible et surtout insupportable.

Le scénario écrit par Mandico lui-même partait avec de bonnes intentions et derrière ça, il tenait une bonne idée, partagée entre SF d’anticipation et western féminin, mais l’histoire qui va nous être racontée n’a ni queue, ni tête (il n’y a pas de thèmes, de sujets et ça ne fonctionne pas) et au-delà de ça, elle est d’un ennui et d’une vulgarité sans nom. Entre ses personnages parfaitement insupportables, ses dialogues qui sonnent tous faux, en plus d’être vulgaires (les « … petites salopes » et autres « Chiennes », ça va deux minutes), et les dérives de son intrigue qui part dans tous les sens sans qu’on n’y comprenne rien, plus « After Blue (Paradis Sale) » se dévoile et plus il se pose comme un défi pour aller au bout de ses deux heures et sept minutes, qui ne passent tout simplement pas. Ne racontant finalement rien, livrant des personnages qui ne cessent de se contredire, en plus d’être exécrables, on reste comme piégé devant « After Blue … » enviant les spectateurs qui finissent, découragés, par quitter la salle.

Les personnages sont insupportables, et on ne sera pas aidé non plus par les comédiennes. Si Bertrand Mandico réunit là un très joli casting féminin avec des talents comme Elina Löwensohn, Vimala Pons, Agata Buzek, ou Camille Rutherford. Malheureusement, là encore, ça ne fonctionne pas et de manière personnelle, je n’arrive pas à savoir si c’est parce que les personnages sont insupportables, ou parce que c’est l’histoire et le film en lui-même qui a provoqué un tel rejet de ma part, mais ici, il n’y a pas une actrice qui soit bonne, répliques et jeux sonnant faux à tout instant et la palme revient à Paula Luna, l’actrice principale.

Lors de sa présentation, Bertrand Mandico a précisé qu’il nous faudrait plusieurs visionnages, car son film demande plus, et si dans un sens, on apprécie que le réalisateur bouscule le cinéma français, et au-delà de ça, qu’il ose aller là où personne ne va. Si on peut lui laisser l’envie d’imposer son univers (d’autant que celui-ci, visuellement parlant, est intéressant), malheureusement, cela n’aura pas été suffisant pour convaincre et au-delà de ça, nous, ou plutôt me, tenir devant ce film, qui petit à petit s’est transformé en un véritable calvaire. Ainsi donc, si le film demande plusieurs visionnages, pour l’instant, je n’ai tout simplement pas envie de m’y replonger. « After Blue (Paradis Sale) » est une expérience, et comme toute expérience, on n’y adhère ou pas, pour ma part, je suis resté sur le bas-côté. Dommage.

Note : 06/20

Par Cinéted

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