juillet 15, 2024

Beyond the Law

De : James Cullen Bressack

Avec Steven Seagal, DMX, Johnny Messner, Zack Ward

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Action

Résumé :

Un ancien gangster devenu homme d’affaires et un inspecteur de police doivent affronter un ex-flic qui cherche à traduire en justice le meurtrier de son fils.

Avis :

Dans l’industrie cinématographique, il est des carrières aux trajectoires similaires. Cela tient autant à des succès fulgurants qu’à un enchaînement poussif de métrages mal fagotés, eu égard aux tendances déclinantes et capricieuses du secteur. Parfois, cette inclination à la médiocrité tente des rapprochements plus ou moins vraisemblables et néanmoins presque incontournables en pareilles circonstances. C’est notamment le cas pour le trio en tête d’affiche de Beyond the Law. À savoir : Steven Seagal, Johnny Messner et DMX. L’emballage marketing ne fait pourtant guère de doute quant au contenu d’une telle production, ne serait-ce qu’en matière de divertissement.

Sans grande surprise, le scénario du présent métrage ressasse des ficelles éculées. Sur fond de crimes organisés et de corruption policière, on nous expose les tenants grossiers d’une histoire de vengeance. Le film fleure bon l’ambiance gangsta dans un cadre urbain guère avenant. Comme il est coutume de le constater avec pareilles bobines, on ne s’embarrasse guère de cohérences entre chaque séquence. Les investigations du protagoniste sont menées avec négligence et légèreté. Il suffit de justifier un élément « déclencheur » par un contact ou des rumeurs pour faire avancer l’intrigue vers des péripéties qui deviennent de moins en moins crédibles.

Avec Beyond the Law, on ne se situe pas entièrement dans le film d’action. Même si les fondamentaux ne sont guère maîtrisés, le polar constitue une part importante du métrage en raison du contexte et du statut des personnages. Cela étant dit, le rythme se révèle lénifiant et incite guère à l’implication du spectateur. Il faut se contenter de confrontations soporifiques, de joutes verbales risibles et de quelques échanges mollassons pour satisfaire l’amateur de bagarres improvisées et mal tournées. L’ensemble demeure ennuyeux au possible. Le réalisateur se montre tout aussi incapable à diriger ses acteurs qu’à insuffler un minimum de tension, y compris en fin de parcours.

Le film ne dispose même pas d’une conclusion potable. À l’image du déplorable General Commander, mais sans cette ouverture narrative totalement hors contexte, le dénouement est bâclé avec force et conviction. On expédie cahin-caha le triste sort de cette ribambelle de protagonistes au mal-être clairement affiché. Quant à Steven Seagal, l’acteur se montre tout aussi paresseux que dans ses dernières apparitions. D’un rôle secondaire cantonné à l’antagoniste de service, il se lève rarement de sa chaise et ne prend plus la peine de combattre. Et ce n’est pas les sempiternelles prises dont il a le secret qui changeront la donne pour l’ultime confrontation.

Il reste quelques fusillades bas de gamme pour tenter de rattraper cette platitude ambiante, en vain. Là encore, le cadrage hideux privilégie les hors-champ et les angles excentrés pour détourner l’objet même des scènes. Un subterfuge éculé, apanage des productions sans budget, mais surtout sans idée ou sens de la réalisation. Cela sans compter sur une violence édulcorée au possible. Au regard de la filmographie déjà bien fournie de James Cullen Bressack (plus de 40 bobines à son actif à seulement 30 ans), nul doute que l’homme s’est fait une solide réputation en matière de projets vite expédiés pour une rentabilité sur le court terme…

Au final, Beyond the Law mêle les codes du polar et de l’action sans jamais en tirer le moindre intérêt. Vraisemblablement produit pour prendre la poussière dans les bacs à solde, ce film multiplie les facilités scénaristiques, jusqu’à sombrer dans le cliché de bas étage. D’une histoire inutile à un rythme soporifique, le métrage de James Cullen Bressack se cantonne à une redite de ce qui a été réalisé voilà plus de 3 décennies, si ce n’est davantage. Il en ressort une distraction guère entraînante, parfaitement anodine dans un fourmillement de métrages inconsistants et navrants. Autant d’adjectifs à même de résumer cette pénible entreprise qu’est Beyond the Law.

Note : 06/20

Par Dante

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