mai 25, 2022

Le Bal des Folles

De : Mélanie Laurent

Avec Mélanie Laurent, Lou de Laâge, Emmanuelle Bercot, Lomane de Dietrich

Année : 2021

Pays : France

Genre : Drame

Résumé :

L’histoire d’Eugénie, une jeune fille lumineuse et passionnée à la fin du 19è siècle. Eugénie a un don unique : elle entend et voit les morts. Quand sa famille découvre son secret, elle est emmenée par son père et son frère dans la clinique neurologique de La Salpêtrière sans possibilité d’échapper à son destin. Cette clinique, dirigée par l’éminent professeur Charcot, l’un des pionniers de la neurologie et de la psychiatrie, accueille des femmes diagnostiquées hystériques, folles, épileptiques et tout autre type de maladies physiques et mentales. Le chemin d’Eugénie va alors rencontrer celui de Geneviève, une infirmière de l’unité neurologique dont la vie passe sous ses yeux sans qu’elle ne la vive vraiment. Leur rencontre va changer leurs destins à jamais alors qu’elles se préparent à assister au fameux « Bal des folles » organisé tous les ans par le Professeur Charcot au sein de la clinique.

Avis :

Actrice de talent, au cours des années 2010, Mélanie Laurent s’est laissée tenter par la réalisation et elle a démontré que dans ce domaine-là, elle avait tout autant de talent, avec des films comme « Les adaptés« , « Respire » ou encore sa première réalisation américaine, « Galveston« . Mélanie Laurent est un bourreau de travail et elle a toujours envie d’expérimenter, alors après les drames intimistes, après le documentaire, et après le thriller sous tension, voici qu’elle se lance dans un drame en costume d’époque.

Adapté du roman de Victoria Mas, « Le bal des folles » est le premier film français qu’Amazon Original produit et pour le coup, ce sixième film signé Mélanie Laurent se pose comme une petite déception intéressante. Tenant un sujet diablement intéressant, ne fuyant jamais son personnage principal, tout en peignant de manière très intéressante la célèbre La Pitié Salpêtrière et ce qui pouvait s’y passer, « Le bal des folles » est un film qui demeure assez inégal et dans lequel on peut avoir du mal à entrer, du moins au départ, car une fois qu’on est pris dans cette histoire, même si cette dernière se révèle un peu convenue et classique, Mélanie Laurent sait nous tenir et l’on se laisse gentiment conquérir.

Début du XIXe siècle à Paris, Eugénie est une jeune femme de bonne famille en apparence tout ce qu’il y a de plus normale. Or, Eugénie a un don, elle peut communiquer avec les morts et ce don effraie son père qui n’y croit pas une seconde. Son père la croit folle, ou du moins malade, et c’est pour cela qu’il la fait interner à La Pitié Salpêtrière tenu par le Docteur Charcot. Cette clinique, dirigée par une main de maître par l’éminent professeur Charcot, accueille toutes sortes de folles. Des folles atteintes de folie, d’hystérie, de mélancolie, d’épilepsie et tout autre genre de maladies dites mentales. Dans cet enfer, Eugénie va faire la rencontre de l’infirmière en chef, Geneviève, et cette rencontre va bouleverser la vie des deux femmes.

Sorti donc sur Amazone Prime, « Le bal des folles » est un film duquel je ressors quelque peu partagé. Partagé entre une histoire très intéressante, mais qui aura mis un peu de temps avant de pleinement m’apporter. Signé Mélanie Laurent, pourtant « Le bal des folles » ne manque pas d’arguments pour lui, et dans ses grandes lignes, il demeure un bon film, même s’il sonne aussi comme un petit cru pour sa réalisatrice.

La première chose qui me vient à l’esprit avec ce film, c’est bien sûr son intrigue et plus précisément, le don de son personnage qui est traité ici de manière tout à fait normale et simple. Certes, ce dernier apporte une petite touche de fantastique au sein d’un drame qui se dirige clairement dans le réalisme et l’humain, et cette idée de traiter ce don de manière normale est excellent, car cela donne beaucoup de justesse et d’émotion à son personnage et au-delà de ça à l’ensemble du film. Vient ensuite la plongée dans l’enfer de la clinique du Docteur Charcot. La première chose qui me vient à l’esprit avec ce film, c’est bien sûr son intrigue et plus précisément, le don de son personnage qui est traité ici de manière tout à fait normale et simple. Le film explore de manière plus ou moins profonde les expériences du Docteur Charcot, les patientes qui séjournent dans cet établissement et plus largement le film aborde les maux de ces femmes, qui parfois, n’entrant pas dans des cases préétablies, sont alors jugées hystérique et pour caricaturer, sont envoyées (sans possibilité de retour) à l’asile.

On ajoutera à cela une réalisation soignée, offrant parfois de très belles séquences, une scène dans une église, les scènes d’isolement, l’ambiance entre folie et drame qui règne au sein du dortoir, ou encore le fameux bal des folles. Notons aussi une très jolie photographie, un grain de pellicule qui fait du bien à voir, et une BO prenante.

Puis enfin, il y a ces acteurs, où plutôt dirais-je ces actrices, car ce « … bal des folles » est avant tout une affaire d’actrices. Le duo Lou de Laâge et Mélanie Laurent fonctionne très bien. On trouvera aussi une Emmanuelle Bercot très sombrement sadique, l’on découvre avec plaisir Lomane De Dietrich qui crève l’écran dans la peau d’une patiente et c’est toujours avec plaisir qu’on suit Coralie Russier qui est décidément une actrice qui mérite bien plus de lumière. Du côté des acteurs, car il y a quelques acteurs, on retiendra surtout Grégoire Bonnet excellent (même si survolé) dans la peau du Docteur Charcot et en second plan, on est ravi de voir Christophe Montenez en bon salaud.

Mais voilà, comme je le disais, il s’échappe de ce « … bal des folles » un petit goût de déception avec dans un premier temps, une difficulté à entrer dans le film qui est véhiculé par un jeu d’acteurs et d’actrices qui résonne comme faux. Ici, les dialogues, du moins au départ, ne vivent pas et l’ensemble est, dans ses répliques, terriblement théâtral. Et ce sentiment sur quelques personnages peut s’aventurer sur tout le film, ainsi fait étrange, Benjamin Voisin, qui a brillé cette année chez Xavier Giannoli, est ici très mauvais de bout en bout.

De plus, le film a un souci de rythme dans le sens où la présentation de la famille, de l’époque, du don et des réactions, passe très vite, c’est très survolé et pourtant, ça traîne un peu en longueur, ce qui développe un sentiment assez étrange, comme si le film avait l’envie de démarrer sans jamais oser le faire. Heureusement, Mélanie Laurent rattrape le coup une fois enfermé dans La Pitié Salpêtrière. Autre point négatif, si l’intrigue est intéressante, sur son ensemble, elle demeure assez facile et convenue, et même si on est accroché, on ne peut pas non plus dire qu’on soit surpris par les grands rebondissements qui l’histoire offre.

Ainsi, ce « … bal des folles » de Mélanie Laurent est une petite déception. La réalisatrice livre là un film inégal qui a sa part de qualités, voire de belles qualités, et sa part de défauts. Si l’intrigue a du mal à nous embarquer, et si en cours de route, elle oscille entre bon et long, beau et oubliable, sur son ensemble, même si ce « … bal des folles » manque de tension, surprises et de folie, il reste un film qui saura se fait plaisant et intéressant à suivre.

Note : 12/20

Par Cinéted

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