janvier 28, 2022

The King’s Man – Première Mission – Ras le Raspoutin

Titre Original : The King’s Man

De : Matthew Vaughn

Avec Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Rhys Ifans, Matthew Goode

Année : 2021

Pays : Angleterre

Genre : Action

Résumé :

Lorsque les pires tyrans et les plus grands génies criminels de l’Histoire se réunissent pour planifier l’élimination de millions d’innocents, un homme se lance dans une course contre la montre pour contrecarrer leurs plans.

Avis :

Après des débuts de carrière compliqués, Matthew Vaughn a rencontré dans les années 2010 de véritables succès avec « Kick Ass« , « X-Men le commencement » et surtout « KingsMan : Services secrets« . Adapté d’un comic-book, ce film d’espionnage à la sauce SO British fut l’une des très belles surprises de l’année 2015. Énorme succès, devenu culte pour beaucoup en quelques explosions et autres fights, « KingsMan » fut une jubilation et comme le film a très bien fonctionné, on a vu arriver deux ans plus tard une suite, « … Le cercle d’or« , et même si cette dernière était déjà moins bien que son premier, elle restait suffisamment cool.

Et alors qu’un troisième film est en préparation, Matthew Vaughn l’a mis quelque peu de côté pour s’intéresser au tout début du service « King’s Man ». Remontant le temps, le réalisateur anglais nous entraîne alors au début du siècle précédent, en pleine Première Guerre mondiale, pour lier la grande histoire avec celle de cette agence secrète et discrète.

Fun et drôle, bourrée d’action bien réalisée, cette toute première mission demeure un film qui laisse un sentiment partagé, car lui-même est partagé sur ce qu’il raconte. Hésitant, Matthew Vaughn, pour cette histoire-là, a du mal à concilier le tout, même si sur certains de ses aspects, son film sera surprenant et au-delà de ça, sur son ensemble, malgré tout, « King’s Man : Première Mission » reste divertissant.

Le Duc d’Oxford vit paisiblement avec son fils Conrad, qu’il surprotège. Alors que le monde est secoué par la Première Guerre mondiale, le jeune Conrad veut absolument partir défendre son pays sur le front, ce que son père refuse catégoriquement. Mais les événements liés à la guerre se complexifient et le Duc qui avait fait le serment de rester pacifiste, doit finalement prendre parti et en secret s’engager à défendre le monde avec l’aide de son fils, mais aussi tout un service de domestiques très bien implanté…

Alors qu’on attend la suite des mésaventures du jeune Eggsy au sein des King’s Man, Matthew Vaughn a voulu offrir une parenthèse et il a voulu nous raconter le tout début de cette agence si particulière. Qu’est-ce qui a fait que les « King’s Man » ont vu le jour ? Pourquoi et comment ? Voilà une idée qui est intéressante et assez inattendue. C’est donc avec plaisir qu’on se laisse emporter au début du XXe siècle pour découvrir cela et force est de constater que l’ensemble, somme tout sympathique, laisse un petit goût fade en bouche.

Cette « … Première Mission » est un film dont ses qualités peuvent être aussi ses défauts. Si par exemple le film est très riche, que ce soit du point de vue de son histoire, de son action et de ses thèmes, il peut aussi se poser comme trop riche et Matthew Vaughn laisse la sensation de ne pas vraiment savoir quoi faire avec tout ceci. « King’s Man : Première Mission » est un film d’espionnage, un film de guerre, un film politique, et un drame père/fils. Le film est tout ça à la fois, et si parfois il nous offre d’excellents moments où la folie furieuse de Matthew Vaughn est bien de retour pour nous éclater, sur son ensemble, cette « … Première Mission » « rame » quelque peu et c’est bien dommage, car le scénario regorge de bonnes idées.

Le principal et génial élément qui vient en tête, c’est la subtilité de l’écriture de Vaughn qui arrive plutôt bien à lier les événements de la grande histoire du monde, ici la Première Guerre mondiale, avec l’histoire de l’agence. C’est plutôt bien foutu, ça tient la route et derrière ça, c’est amusant, même si le grand méchant de l’histoire est assez vite démasqué, et derrière ça, ses motivations demeurent assez floues. On ajoutera à cela que côté espionnage, là encore ça tient plutôt bien la route, avec un bon tissage au fur et à mesure que le film avance. Petit à petit, à base de petites idées, l’agence se monte et ça, c’est plutôt chouette à suivre.

Mais voilà, derrière ça, ce « King’s Man … » est aussi un drame autour de la relation père/fils et si le film sait se faire très surprenant, et même touchant de ce côté-là, clairement cette histoire-là a tendance à prendre trop de place au sein du film. La balance penche un peu trop, même si cette histoire se fait essentielle, elle finit par écraser beaucoup du film et l’on se demande ce que Matthew Vaughn a vraiment envie de raconter. C’est donc de là que naît ce sentiment de déception.

Après, l’ensemble se suit avec plaisir, parce que malgré la déception, et le fait que ce soit encore une fois moins bon que le premier (peut-être aussi l’effet de surprise a disparu), des déceptions comme celle-ci, on apprécierait en voir plus. D’autant plus que cette déception tient au sein de son film des séquences assez tordantes, le combat avec Rasputin par exemple est génialement mis en scène, avec un Rhys Ifans hallucinant. Le film tient aussi d’excellentes scènes de guerre, dont une dans un no man’s land particulièrement touchante.

Puis ce « King’s Man » tient une nouvelle équipe qu’on se plaît à découvrir, même si parfois certains personnages auraient mérité d’être plus développés. Ainsi, Matthew Vaughn a réuni pour cette  » … Première Mission » Ralph Fiennes, Gemma Arterton, Harris Dickinson, Djimon Hounsou, Tom Hollander en trois exemplaires, Charles Dance et ou encore Rhys Ifans pour ne citer qu’eux. Entre les qualités et les défauts du film, entre les exubérances et les raccourcis faciles, mine de rien, on aime bien suivre ces personnages de Londres aux tranchées, de la Russie en pleine mer ou encore au sommet d’une montagne, qui respire quand même le fond vert, il faut bien le dire.

Cette  » … Première Mission » pour cette nouvelle équipe de « King’s Man » se pose comme quelque peu décevante, même si elle sait aussi se faire tout à fait sympathique. Matthew Vaughn est en petite forme, même s’il est capable de nous offrir des séquences hallucinantes. Son idée de départ est bonne et au-delà de ça, le film construit plutôt bien son agence autour de la grande histoire du XXe siècle. Reste néanmoins que ce « King’s Man » a du mal à savoir ce qu’il veut être, ou plutôt il a du mal à nous convaincre pleinement entre film d’espionnage, film de guerre et mélodrame père/fils avec ce qu’il faut de blessures et de promesses un peu trop insistantes.

Note : 13/20

Par Cinéted

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