août 18, 2022

Restless Spirits – Restless Spirits

Avis :

Quand on évoque le rock espagnol, dans la masse populaire, il n’y a rien qui ressort. Il faut dire que le genre n’est pas très démocratisé en pays ibérique et il faut souvent gratter pour trouver des choses intéressantes. En même temps, en France, il est très compliqué de trouver du rock venant d’autre part que les Etats-Unis, l’Angleterre ou encore l’Allemagne. Seuls les experts savent de quoi il en retourne et accepte de se plonger corps et âme dans la recherche obscure de certains groupes. Restless Spirits est un side-project fondé par Tony Hernando, le guitariste principal de Lords of Black. S’acoquinant avec une flopée de chanteurs de divers horizons comme Deen Castronovo des Dead Daisies ou encore Kent Hilli de Perfect Plan, le gratteux a sorti ce premier effort qui porte tous les stigmates d’un coup d’épée dans l’eau.

Trop casual

Lords of Black est un groupe de Métal mélodique dont le seul album, sorti en 2016, a fait forte impression. Ne voulant pas trop trainer en affaires, le guitariste a alors pondu son projet perso avec Restless Spirits. Ici, fini le Métal, on navigue clairement dans les affres du Hard mélo, celui qui te met bien durant une soirée où tu veux pécho. Malheureusement, globalement, l’album est une déception car il aligne tous les faits d’armes d’un tel genre, à savoir du mid-tempo lénifiant, quelques solos pour montrer de la technique et de la ballade sirupeuse avec un piano en guise d’accompagnement. Oui, tout est réuni pour faire cheapos et sans grand intérêt. Pour autant, le premier morceau, Stop Livin’ to Live Online noie un peu le poisson. C’est calibré as fuck et rien ne vient nous sortir d’une torpeur que l’on sent venir à des kilomètres.

Mais le chanteur, Johnny Gioeli (Axel Rudi Pell) assure au chant et délivre une belle prestation. Avec Unbreakable, on sombre littéralement dans le mélo insupportable. Le piano prend toujours le pas sur la gratte et on se retrouve avec une dissonance assez pénible. Même les quelques éclats à la guitare font pâle figure. Et Deen Castronovo n’est pas vraiment dans son élément. I Remember Your Name continue sur la même lancée, à savoir un Hard Mélo assez pénible et surtout sans imagination. Alors certes, Kent Hilli fait grandement le job, mais ça reste tellement calibré, tellement téléphoné, que la sauce ne prend jamais. ‘Cause I Know You’re the One est du même acabit, n’arrivant jamais à vraiment passionner ou à sortir d’une zone de confort qui semble… bien confortable. D’ailleurs, même le refrain est pénible. Et puis surgit Nothing I Could Give to You qui essaye d’être plus grandiloquent.

Ça ronronne sévère

Alors oui, le groupe trouve de l’inspiration quand il faut monter crescendo. Nothing I Could Give to You est intéressant pour cela. Cependant, c’est du réchauffé et on sent qu’il n’y a pas une grande innovation derrière. Ni même une volonté de sortir des balises du genre. Calling You est un cauchemar de mid-tempo qui n’a rien à dire, si ce n’est un joli solo mais qui n’apporte pas grand-chose de neuf. Heureusement, Live to Win viendra nous réveiller un peu, avec des riffs rapides et percutants, ainsi qu’un chant qui envoie. C’est tellement inespéré que l’on se prend à trouver cela excellent. Puis le groupe de retomber dans le mélo sans saveur, qui peut même lorgner du côté de l’AOR, ce genre inventé par le démon lui-même. Alessandro Del Vecchio (Sunstorm) ne sauve pas vraiment l’ensemble, même si son chant est relativement propre.

D’ailleurs, c’est bien là tout le bordel de Restless Spirits, la sagesse. When it Comes to You en est l’exemple le plus flagrant. Il s’agit d’un titre anodin, qui n’arrive jamais à se défaire de cette image de chanson de beau gosse futile et sans réel talent. Ce qui est faux, bien entendu, Tony Hernando pourrait faire tellement mieux, mais il semble se faire plaisir à rendre une copie fade et sans véritable enjeu. Même les titres très longs, à l’image de In the Realm of the Black Rose, ne rendent pas vraiment bien, la faute à un schéma structurel redondant, où le guitariste ronronne calmement, avec un ajout de piano qui donne envie de se tirer une balle. Bref, on est bien dans du mélo dégoulinant et tout cela manque de verve, de hargne et de puissance.

Au final, ce premier album pour Restless Spirits est une âpre déception, même si on n’attendait de particulier. Le guitariste des Lords of Black ne se foule pas trop sur ce side-project, n’arrivant jamais à insuffler une aura percutante à l’ensemble, ni même de jouer sur les émotions. Il en résulte un album de Hard Mélo calibré, sans surprise, voire même pénible par moments, et c’est bien dommage quand on connait les qualités techniques du monsieur.

  • Stop Livin’ to Live Online
  • Unbreakable
  • I Remember Your Name
  • ‘Cause I Know You’re the One
  • Nothing I Could Give to You
  • Calling You
  • Live to Win
  • You and I
  • When it Comes to You
  • Lost Time (not ot be Found Again)
  • In the Realm of the Black Rose

Note : 10/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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