octobre 21, 2021

Anthony Valentino – Walking on Tomorrow

Avis :

Le monde de la musique est un monde impitoyable où règne la loi du buzz et de la non-disparition. C’est bien simple, pour vendre des disques et continuer à exister, il faut se faire voir, tout le temps, et pour n’importe quoi, même pour des faits divers parfois un peu glauques. L’essentiel, c’est de ne pas se faire oublier. Malheureusement, bien souvent, les artistes qui font le buzz sont des personnalités plus « people » qu’autre chose. Des gens dont la musique est peut-être une passion, mais qui sont suivis plus pour leur vie que pour leur talent. De ce fait, on a un effet inverse qui en découle, l’oubli des vrais artistes, de ceux qui ont tout entre les mains pour percer, mais qui n’y arrivent pas, la faute à des maisons de disques trop frileuses ou encore à un manque de budget. Anthony Valentino peut se ranger dans cette catégorie. Milanais, il s’autoproduit et s’enregistre tout seul dans son propre studio qu’il a monté avec ses petits doigts. Joueur de guitare et chanteur à ses heures perdues, il a décidé de passer le cap du premier album en 2017 avec Walking on Tomorrow, dont on sent les scories du manque budgétaire, mais aussi la volonté et la sincérité de faire du bon vieux rock. Il en résulte un enfant boiteux, mais très attachant.

Le skeud débute avec Another Way, en duo avec une chanteuse. L’introduction à la guitare électrique donne le ton, c’est pêchu, ça donne envie de bouger dans tous les sens, jusqu’à ce que la chanteuse ouvre la bouche. En effet, non pas qu’elle chante faux, mais elle possède une voix relativement aigue, un peu à la façon de Paramore et du coup, ça se lie assez mal avec le côté Hard rétro des années 80. Le refrain passe d’ailleurs assez mal et c’est bien dommage. On sent le talent du musicien, mais cela reste assez factice et le chant ne sera pas un point fort de ce premier titre. A la rigueur, quand Anthony Valentino chante, c’est mieux. Avec I Want a Lie, on va vite voir les inspirations du musicien. Très clairement, on nage en plein Guns n’Roses de la période Appetite for Destruction, et même si ce sera moins nerveux qu’un titre d’Axl Rose, on a vite envie de danser et comme le titre est court, l’efficacité prédomine sur ce titre. Alors bien évidemment, la production n’est pas terrible, mais on reste dans quelque chose de très agréable et de franchement plus que potable. En enclenchant The Old Witch, le guitariste se fait plaisir avec une ballade bien troussée, assez longue et pourtant parfaitement maîtrisée. En seulement deux titres, Anthony Valentino nous montre deux facettes de ses références, car lorsque le refrain démarre, on est en plein Toto et c’est plutôt cohérent. American Dream fera revenir la chanteuse du premier titre sur le devant du micro et si on sent bien l’ambiance ricaine, presque country, on aura toujours ce problème avec la voix de la chanteuse. Quant à Get Off, on revient vers un style plus Hard 80’s, qui va droit au but et procure un plaisir immédiat.

Pour marquer le milieu de l’album, le jeune guitariste lâche une vraie ballade très touchante et plutôt plaisante. My Light Found in the Rain est un titre assez classique, dont on voit rapidement les influences, mais qui fonctionne et surtout, qui tient sur la durée. Alors certes, ça ne détient que peu de surprise, mais c’est fait avec cœur et sincérité et c’est déjà pas mal. On sera plus circonspect sur les deux morceaux suivants, qui ne sont pas mauvais, mais qui marquent moins. Sweet Hell est un pur morceau Heavy dans l’âme mais qui manque de mordant ou de moment marquant comme un pont plus virulent ou un passage plus psychédélique. Avec Night After Night, on nage en plein délire Hard 80’s avec ce qu’il faut de gémissements féminins histoire de bien marquer sa sexualité. C’est assez court, mais ça n’a pas forcément la vigueur des morceaux précédents. C’est avec ce titre en particulier que l’on sent l’aspect amateur de l’album. L’enregistrement est moins bon, c’est plus saturé et globalement, ça reste moins performant. Fort heureusement Your Eyes vient redorer le blason du musicien, qui se lâche dans un titre instrumental assez grandiloquent et réalisé avec maestria. Run oh my Baby sera un petit en-cas avant la clôture, un poil punk dans l’âme, mais assez dispensable. Scathing Time terminera de façon parfaite ce petit album, déroulant ses sept minutes sans accrocs, et surtout, faisant une introduction qui n’est pas sans rappeler Metallica et ses phases calmes et apaisantes.

Au final, Walking on Tomorrow, le premier effort autoproduit par Anthony Valentino, est plutôt sympathique. Si on est loin des grosses pointures du genre qui ont toute une machine pour les accompagner, ici, le jeune guitariste fait preuve d’une belle maturité et tente des choses pour se montrer, bien loin des agitations qui font le buzz. Et c’est regrettable de voir des gens qui ont du talent de devoir galérer dans l’infini espace du web pour avoir une toute petite audience alors que certains opportunistes trustent les médias. Monde de merde.

  • Another Way
  • I Want a Lie
  • The Old Witch
  • American Dream
  • Get Off
  • My Light Found in the Rain
  • Sweet Hell
  • Night After Night
  • Your Eyes
  • Run oh my Baby
  • Scathing Time

Note: 14/20

https://www.youtube.com/watch?v=5s3-SvsB7Dw

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.