décembre 10, 2022

Cellar Darling – The Spell

Avis :

Après cinq albums et plusieurs années de bons et loyaux services au sein d’Eluveitie, Anna Murphy décide de quitter le groupe en 2016 et de fonder Cellar Darling avec Ivo Henzi et Merlin Sutter, eux-aussi transfuges du groupe suisse. Le trio va alors reprendre un peu la même route Folk que leur précédente formation, tout en essayant de s’en extirper avec une violence plus ou moins accrue. Naîtra alors This is the Sound en 2017, qui aura de bonnes critiques, mais qui restera un poil trop similaire à Eluveitie. Deux ans plus tard, Cellar Darling revient avec The Spell, qui est un album concept. Racontant la vie d’une jeune fille fascinée par les différentes facettes de la mort, ce second opus va s’avérer bien différent du précédent effort, se détachant d’un son folk calibré pour proposer quelque chose de plus lunaire et de plus envoûtant. Retour sur une réussite.

La jeune fille et la mort

Faire un album concept est toujours un peu casse-gueule, notamment lorsqu’il se traduit par des expérimentations musicales et sonores. Ce ne sera pas du tout le cas avec cet album. Cellar Darling va avoir l’intelligence de proposer des pistes « calibrées » et toute l’histoire prend une forme autour de morceaux savamment construits. Point de bizarreries à mettre en travers de notre route, ni même de narration pour raconter quoi que ce soit. Le skeud débute avec Pain, et l’ouverture est totalement réussie. Les riffs sont puissants, la rythmique est bien dosée et on se retrouve face à un titre Métal Folk classique, qui utilise avec parcimonie la vielle à roue pour donner une atmosphère plus folklorique. Le pont est d’ailleurs un bon mélange de vielle à roue et de grattes acharnées. Avec Death, le groupe vise un peu plus loin, avec sept minutes au compteur.

Le morceau va plus loin dans sa structuration, tout en ne négligeant jamais l’aspect catchy que doit avoir un bon titre. Ici, le refrain rentre immédiatement en tête et permet même à Anna Murphy de jouer avec sa voix. C’est à la fois doux et percutant, tout en soignant une atmosphère assez lugubre. Ce qui sera contrebalancé avec Love. Le morceau est plus léger, plus lyrique aussi, avec ses phases aériennes qui donnent une sensation d’apesanteur à l’ensemble. C’est très malin et surtout, on se rend compte à ce moment-là que les titres des chansons correspondent parfaitement à l’ambiance recherchée. Et c’est avec The Spell que l’on prend la pleine mesure de la réussite de l’ensemble. Car non seulement la voix d’Anna Murphy prend son envol dans une maîtrise technique incroyable, mais en plus, le mélange de douceur et de violence dans la montée crescendo est époustouflante.

Un Envoûtement

Difficile de concurrencer un tel titre, pour autant, le groupe va continuer son bonhomme de chemin en arpentant des chemins totalement différents. Burn vise un Métal Sympho mercantile qui pourrait évoquer Evanescence, et pourtant, le groupe va réussir le tour de force de nous charmer avec des riffs puissants, des élans virulents et un refrain bien catchy. Seul Hang va rester un peu en deçà, n’arrivant jamais à s’élever malgré quelques moments bien sympathiques. Sleep aura une aura particulière. On pourrait voir cela comme un long interlude, qui vrille en schéma horrifique sur la fin, avec des notes de piano très insistantes. Cela permet alors à Insomnia de s’imposer avec lourdeur et vélocité. Les riffs sont assassins et la rythmique frappe fort, avant de partir sur un métal prog étonnant et déroutant. Le groupe n’en finit pas de surprendre de par ses choix audacieux.

Des choix qui se définissent dans la transcription même de leur musique et de leur univers. En ce sens, on y décèle toutes les divergences artistiques avec Eluveitie. Le folk est présent, mais moins prégnant, et les schémas structurels sont plus complexes, malgré la présence de certaines instruments inattendus, comme la flûte traversière. Et cela même si on sait qu’Anna Murphy maîtrise cet instrument, en plus de la vielle à roue. Freeze va confirmer tout le bien que l’on pense de cet album, continuant une exploration assidue de la mort. L’album se termine avec Drown, un morceau à la fois dépressif et touchant, qui tutoie par moment le sublime, notamment grâce à la voix enchanteresse d’Anna Murphy et un savant mélange de guitares et vielle à roue. Et que dire du refrain qui tabasse. Une superbe conclusion.

En final, The Spell, le dernier album en date de Cellar Darling, est une véritable surprise. Délaissant un Folk qui était devenu trop prégnant, le trio s’épure avec des morceaux plus percutants, à la structure plus complexe, mais totalement accessible pour les néophytes. Le groupe réussit le tour de force de faire un album exigeant, ou puissance et douceur font bon ménage. Le tout porté par un thème pas si facile que ça à exploiter. Bref, une réussite inattendue.

  • Pain
  • Death
  • Love
  • The Spell
  • Burn
  • Hang
  • Sleep
  • Insomnia
  • Freeze
  • Fall
  • Drown
  • Love, Pt. 2
  • Death, Pt. 2

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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