octobre 6, 2022

Le Grinch

Titre Original : Dr. Seuss’ The Grinch

De : Scott Mosier et Yarrow Cheney

Avec les Voix Originales de Benedict Cumberbatch, Cameron Seely, Pharrell Williams, Rashida Jones

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Chaque année à Noël, les Chous viennent perturber la tranquillité solitaire du Grinch avec des célébrations toujours plus grandioses, brillantes et bruyantes. Quand les Chous déclarent qu’ils vont célébrer Noël trois fois plus fort cette année, le Grinch réalise qu’il n’a plus qu’une solution pour retrouver la paix et la tranquillité : il doit voler Noël.

Avis :

Créé en 1957 par Theodor S. Geisel (plus connu sous le nom de Dr. Seuss), Le Grinch est un conte de Noël présentant un personnage qui déteste les fêtes de fin d’année. Le cinéma va s’emparer de cette histoire à maintes reprises, dont la plus notable est peut-être celle avec Jim Carrey dans le rôle-titre. Assumant pleinement son statut d’outsider dans le domaine de l’animation, Illumination et ses minions vont avoir l’idée de faire une nouvelle version du Grinch, respectant presque scrupuleusement le récit d’origine. S’entourant de Benedict Cumberbatch pour prêter sa voix au petit bonhomme vert, les studios ont mis sur pied une histoire simple, qui se veut touchante et qui semble idéal pour Noël. Mais qu’en est-il vraiment ? Car Illumination avec son Lorax ou encore le film Les Minions, a déjà déçu par le passé.

En vert et contre tout

L’histoire du Grinch débute avec une voix-off qui présente le village des Chous. Sorte de petites boules de poils joviales, les Chous vivent dans Chouville et adorent fêter Noël. D’ailleurs, pour cette année, la maire promet un Noël trois fois plus beau que les autres. Après un rapide aperçu du mode de vie des Chous, la voix-off nous amène chez le Grinch, un Chou différent, tout vert, et qui déteste tout le monde. Accompagné de Max, son fidèle chien, le Grinch aime faire le mal et aime se faire détester par les autres. Alors quand il apprend que Noël va être grandiloquent, il décide de voler cet instant à tous les habitants de Chouville. Pitch simple au possible, dégraissé jusqu’à l’os de passages plus ou moins subversifs, Le Grinch de chez Illumination va droit au but et ne lésine pas sur un rythme soutenu.

Le scénario est très convenu et ne sortira pas vraiment des sentiers battus. Ici, on aura un être acariâtre, pénible et méchant, qui va découvrir que le mal qu’il fait ne paye pas et qu’au final, les Chous sont des gens gentils et surtout pas rancuniers. Mais avant cela, le Grinch va faire le mal, parlant mal aux gens, s’amusant à faire de sales coups, dans l’espoir, assez vain, de faire rire les enfants. Le début est assez laborieux. Le film met du temps à se mettre en place, et les quelques références qui parsèment l’introduction (comme les chants de Noël) ne sont pas forcément connues de tous. Mais pire que ça, on nous présente un personnage mauvais, qui s’exile tout seul, et dont personne ne semble faire cas. Le démarrage est donc étrange, avec, en prime, aucune indication sur la provenance de la voix-off.

Pas de rancœur entre nous

Le film va aussi nous présenter Cindy-Lou, une jeune fille qui veut à tout prix poster une lettre au Père Noël. Si les enfants pourront croire à une énième liste de jouets, les adultes verront rapidement que cette petite fille veut juste une aide pour sa maman, et pourquoi pas un papa de substitution. Le film joue un petit peu avec ce personnage et ses différentes tentatives pour poster sa lettre, mais oublie l’essentiel, nous faire ressentir des choses à travers cette petite fille et sa maman qui galère pour joindre les deux bouts. Ici, le social n’a clairement pas sa place et n’est pas le propos du métrage. Ce qui est dommage car on aurait pu avoir un autre niveau de lecture s’adressant aux plus grands. Mais le studio veut visiblement se tirer un peu vers le bas avec un humour bas de plafond et pas toujours juste.

C’est d’ailleurs assez étonnant de voir que les créateurs de Moi, Moche & Méchant n’arrivent pas à insuffler une certaine folie dans ce film. Le Grinch possède quelques fulgurances, mais sur la longueur, cela ne tient pas la route. On aura droit à ce bouc qui hurle, à ce renne pachydermique, mais c’est bien tout. Le film manque de fluidité dans les vannes et dans les moments drôles. Et c’est très étrange de dire cela d’une boîte dont la réussite des films précédents résidait dans un rythme soutenu de blagues en tout genre et de passages hilarants. Là, on reste sur notre faim et on suit cette histoire avec un détachement certain. Détachement dû au manque d’humour, mais aussi à un scénario sans surprise et à un manque cruel d’émotion. Et c’est là le très gros point noir de ce film.

Aimez-vous les uns les autres, bordel

Ce qui manque le plus à ce film, c’est une relation pleine et belle entre le Grinch et Cindy-Lou. Leurs interactions sont peu nombreuses et assez faibles, et pourtant, c’est la psychologie de cette jeune fille qui va faire vriller le Grinch. En quelques secondes, en un chant, une phrase, tout le film bascule dans son dernier quart et on se retrouve à se demander comment cela est possible. Le Grinch se rend compte qu’il a fait une erreur et que les gens sont bienveillants et ne veulent pas simplement des cadeaux. Une blessure du passé se referme, mais de façon trop rapide et donc sans émotion. Il y a un gros manque d’équilibre de ce côté-là, avec un background peu développé pour le « héros » et une relation factice avec une petite fille, qui va pourtant faire changer les mentalités.

Au final, Le Grinch est un film d’animation qui manque vraiment d’intérêt. Si l’animation est belle, que les textures sont dingues et qu’il y a un parti pris assez intéressant dans le design, on restera plus circonspect concernant le scénario et l’écriture des personnages. Finalement peu drôle et pas du tout touchant, Le Grinch déçoit par son, manque de profondeur et son message niais qui ne nous fera même pas verser une larmichette. Dommage, car le potentiel était là, mais on sent que le film ne fut qu’une opportunité de trouver un public jeune durant les fêtes, et c’est une mauvaise raison pour faire un film.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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