février 7, 2023

Furious – Dead Mark

Avis :

Quand on fait du Heavy, il est très compliqué de sortir de la masse et de se démarquer. Sans être tombé en désuétude, le genre est tenu par des tauliers qui refusent de s’arrêter et les curieux ne se bousculent à la porte. Difficile dès lors de trouver un label de confiance et de s’imposer dans le domaine. Reste alors le long chemin de l’autoédition et le bouche-à-oreille qui peut ne pas fonctionner. Fondé en 2012, Furious est un groupe québécois qui n’est malheureusement pas assez connu. Connaissant une refonte quasi complète de tout le groupe en 2020, le chanteur multi-instrumentiste se décidant à s’entourer, Furious va pourtant tenter l’aventure en 2017 avec un premier album, Dead Mark. Sans label, sorti en toute discrétion, il va s’avérer être un disque étonnant, généreux (plus d’une heure et quart d’écoute), avec des défauts, mais montrant une technique incroyable.

Tout dans la grandiloquence

Il faut être assez culotté (ou complètement fou) pour sortir un premier album avec quatorze titres et plus d’une heure et quart d’écoute. Furious fait fi des barrières budgétaires et mercantiles et se lance à corps perdu dans un album d’une longueur rare où seuls deux morceaux font moins de cinq minutes. Cela prouve bien l’envie du groupe de sortir des sentiers battus et d’offrir un album complet, une expérience unique. Reste à savoir si c’est bon, car le problème avec l’autoédition, c’est la production qui est souvent aux fraises, et ce sera un peu le cas ici. L’enregistrement n’est pas optimal et on ressentira e grosses faiblesses, notamment sur la voix du chanteur, qui aura du mal à venir nous titiller les oreilles. Arpentant le chemin du chant nasillard et assez lent, on entendra un vrai manque d’ampleur et une résonnance assez déplaisante.

Alors certes, ce n’est qu’un détail quand on écoute l’album dans son intégralité. Sauf qu’hormis l’introduction, tous les morceaux sont chantés et il y a une vraie différence d’enregistrement entre la voix (très forte) et les instruments (qui sont plus faibles pour le coup). Bien évidemment, cela n’empêche pas le groupe de se donner à 300% dans chacun des morceaux et cela dès Demon’s Seed, qui lorgnera presque du côté du Doom avec des riffs assez lents et rugueux. Mais on prendra la pleine mesure technique du groupe avec le titre suivant, Dr. Trip. Long de plus de six minutes, les canadiens ne font pas les choses à moitié et délivrent un morceau qui tient la route en offrant à chaque instrument un petit solo. Même au niveau de la voix, le côté plus rapide permet au chanteur de moins insister sur son aspect nasillard et pseudo-langoureux.

Plus c’est long, plus c’est bon, mais pas toujours

Par la suite, on va avoir de quoi se rassasier à tous les râteliers. Le groupe a beau suivre un peu le même schéma structurel sur ses morceaux, on aura tout le temps quelque chose à manger et auquel se raccrocher. Que ce soit la lenteur de The Last Preacher, le refrain nerveux de Death Crusader ou encore le côté Rob Zombie de Mad Mansion, Furious s’amuse avec toutes ses références et permet alors de fournir suffisamment d’éléments pour éviter la redite et l’ennui. Un ennui qui peut pointer le bout de son nez au bout de plusieurs écoutes, notamment à cause de l’absence de hits. Le groupe veut tellement offrir qu’il en oublie l’efficacité des titres courts, totalement absents de l’album. En fait, on peut voir cet album comme une démonstration technique, afin de titiller les oreilles des maisons de disques (qui sont toujours absentes en 2020…).

Au final, Dead Mark, le premier album de Furious, est assez surprenant et souffle le chaud et le froid. Porté entièrement par son unique membre, Martin Dion, il faut vraiment saluer tout l’effort déployé et la qualité technique qui est absolument dingue. Malheureusement, entre des titres parfois trop longs, l’absence de hits en puissance et un chant qui manque d’envergure, on se retrouve face à un album généreux, mais qui est perclus de petites scories qui rendent l’ensemble déséquilibré. En bref, un album couillu, qui force le respect, même s’il reste imparfait. Le genre de groupe qui mérite un bel avenir avec une meilleure production.

  • Satyr (Intro)
  • Demon’s Seed
  • Dr. Trip
  • The Last Preacher
  • Death Crusader
  • Dead Mark
  • Cyclops
  • Brain Dead
  • Inferno
  • Son of God
  • Mad Mansion
  • War Machine
  • Torturer
  • Race

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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