novembre 30, 2021

Rescue Under Fire

Titre Original : Zona Hostil

De : Adolfo Martinez

Avec Ariadna Gil, Raul Merida, Roberto Alamo, Antonio Garrido

Année : 2018

Pays : Espagne

Genre : Guerre

Résumé :

Afghanistan, août 2012. Escorté par l’armée espagnole, un convoi américain qui opère sous l’égide des Nations Unies saute sur un champ de mines. Le sort s’acharne lorsque l’équipage de l’hélicoptère médical envoyé pour secourir les blessés est à son tour victime d’un accident. Ce qui semblait être une mission de routine se transforme bientôt en traquenard : alors que la nuit approche, des dizaines de talibans encerclent les militaires. Commence alors une lutte acharnée pour survivre…

Avis :

Les différentes guerres qui parsèment malheureusement le monde sont toujours des sujets intéressants pour les cinéastes. Que ce soit pour raconter les raisons de la guerre, quelques conflits qui ont marqué l’histoire ou encore des portraits de soldats, on trouve de tout dans ce genre et certains sont même devenus des chefs-d’œuvre. Pour autant, sans avoir un budget faramineux, il est toujours possible de filmer la guerre autrement, de façon plus intimiste, en regardant de plus près la psychologie des personnages. Ou des missions qui prennent place dans un lieu plus ou moins clos. C’est le parti pris d’Adolfo Martinez, dont Rescue Under Fire est le premier film. Août 2012, un hélicoptère de l’armée espagnole connait une avarie et se couche sur le côté. Une équipe prévoit de récupérer l’hélicoptère, mais les soldats sur place vont tomber dans un traquenard. Ceci est l’histoire d’un combat d’une nuit.

Quand t’es dans le désert

Voir un film de guerre espagnol, voilà quelque chose qui n’est pas commun. Qui plus est quand celui-ci s’attarde sur un fait divers réel où il faut sauver non pas des soldats, mais un hélicoptère médical qui s’est couché sur le côté. C’est le choix d’Adolfo Martinez qui va tenter de raconter cette histoire sans tomber dans la surenchère, ni dans l’ennui d’un démantèlement qui va prendre trop de temps. Pour raconter cette histoire, le réalisateur va tout d’abord s’intéresser au portrait d’une femme, une infirmière de l’armée qui commence à en avoir ras le bol. L’introduction la montre dans l’incapacité de sauver un enfant, et on sent qu’un trouble la parcourt. Dès lors, elle se retrouve appelée sur une mission où une voiture a sauté sur une mine, faisant deux blessés légers.

Mais une fois sur place, à l’atterrissage, son hélicoptère se couche, bloquant tout le monde dans un endroit isolé et explosé. En appelant du renfort, les autorités décident de venir sauver tout le monde, mais aussi et surtout l’hélicoptère, qui contient beaucoup de matériel, et qui peut résonner comme une victoire pour les talibans. Le pari est risqué, et il faut une nuit entière à l’équipe pour alléger le véhicule. L’engagement de soi, la prise de risque, la chaleur du désert et la peur d’une attaque, voilà ce qui va rythmer ce film qui va prendre son temps pour présenter certains personnages et créer certaines tensions. La promiscuité va créer des problèmes au sein même des deux équipes qui cohabitent pour remplir deux missions, vider l’hélicoptère et surveiller la zone pour éviter une embuscade. Sans non plus tergiverser pendant des plombes, Adolfo Martinez arrive à ménager le spectateur.

Poussière dans l’œil

Après un début un peu longuet avec la présentation sommaire de tous les personnages, Rescue Under Fire va faire parler la poudre avec l’arrivée des talibans et les fusillades qui vont s’ensuivre. Tout le monde va devoir faire équipe et ce sera aussi l’occasion d’aborder des thèmes assez intéressant au sein de l’armée. Misogynie, racisme, sacrifice, obligation de tuer pour survivre, autant de sujets qui vont trouver des retentissements dans l’intrigue même. A l’image de Rachid, soldat dans l’armée espagnole, qui va subir du racisme de la part d’un soldat et qui va lui dire en face qu’il a plus de raison que lui d’être contre les talibans. Un cri de rage qui montre que peu importe les nationalités, les races, nous sommes tous pareils face à l’adversité, surtout quand cette dernière tue aveuglément. Il en va de même avec la place des femmes dans l’armée, et elles sont nombreuses dans ce film.

Outre l’infirmière, dont le segment sera un peu oublié en cours de route, on notera la présence d’une soldate, qui va subir des remarques déplacées de la part de deux snipers, mais qui va pourtant être plus efficace qu’eux durant le combat, forçant leur respect. Le film est assez malin dans ce qu’il décrit et dans l’évolution de chacun. Certes, on n’évitera pas certains clichés, à l’image du soldat torturé et patriotique, ou encore avec l’arrivée toujours à point des hélicoptères de guerre, mais le film tient bien la route. Jusqu’au sauvetage de cet hélicoptère couché, épreuve supplémentaire en pleine fusillade et avec une poussière omniprésente. Une poussière qui sera un deuxième ennemi pour l’armée, rendant complexe toute visibilité, autant pour accrocher les câbles que pour voir les talibans. Et d’un point de vue technique, Adolfo Martinez tire vraiment son épingle du jeu.

A la guerre comme à la guerre

Sans non plus être une leçon de cinéma, Rescue Under Fire possède de vrais moments de bravoure qui sont bien mis en images, notamment sur la fin, lorsqu’il faut sauver un soldat aux prises avec un terroriste. Le réalisateur utilise bien son espace et profite de la levée de poussière pour créer une arène avec une belle montée de la tension. Les fusillades, assez simples, sont plutôt efficaces et le cinéaste essaye de s’en sortir avec les moyens du bord. Certes, ça n’a pas l’intensité d’autres films avec un budget plus conséquent, mais force est de constater qu’Adolfo Martinez arrive à faire quelque chose d’assez intéressant. Alors oui, le film est parfois cheap, avec notamment les missiles qui fusent autour des hélicos, mais on reste dans quelque chose de tout à fait acceptable et qui ne prend jamais le pas sur le réalisme de l’ensemble.

Au final, Rescue Under Fire est un petit film de guerre. Un petit film mais qui est soigné et qui est fait avec une attention particulière, lui permettant de se démarquer du tout-venant en VOD. Parfois un peu gros, avec son nombre impressionnant de zéro soldat mort côté Espagne, le film mérite pourtant que l’on s’y attarde pour ses thèmes intéressants et intelligemment étudiés, ainsi que pour sa mise en scène simple, mais efficace, surtout sur la fin. Bref, un petit film qui ne démérité pas et qui montre que l’Espagne est aussi capable de parler de la guerre.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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