novembre 30, 2021

Sœurs de Sang T.03 – Les Ailes Ténébreuses – Nicki Pau Preto – Une Conclusion Tout Feu Tout Flamme

Auteure : Nicki Pau Preto

Editeur : Lumen

Genre : Fantasy

Résumé :

Elles étaient tels le jour et la nuit, et pourtant elles n’étaient rien l’une sans l’autre…

C’est dans les cendres et les flammes que cette histoire a commencé et c’est ainsi qu’elle s’achèvera.

La vérité a fini par éclater et l’identité de Véronyka, par être dévoilée : elle n’est autre que la fille de Phéronia Pyromaque, l’héritière du trône de l’empire aurain. Mais la jeune Dresseuse de phénix n’est pas encore prête à assumer cette lourde responsabilité. Entre la réunion du Grand Conseil qui approche à grands pas, la guerre civile sur le point d’éclater à Pyra et Tristan, tombé aux mains de l’ennemi, la princesse ne sait plus où donner de la tête.

Mais on n’échappe pas à son destin. Et Avalkyra Pyromaque, sa tante, l’a bien compris. Profondément meurtrie par la dernière bataille qui les a opposées, la reine ressuscitée prépare sa terrible vengeance et compte bien, quant à elle, revendiquer son titre. Car voilà qu’elle a enfin trouvé son âme sœur, une stryge du nom d’Onyx, née dans le gouffre fumant de la Flamme éternelle d’Aura. Or, alliée à cette puissante créature de Nox et à ses centaines de congénères aux ailes ténébreuses, elle ne reculera devant rien pour mettre à feu et à sang ce monde qui a osé la rejeter.

Avis :

Initiée en Février 2020, la saga Sœurs de Sang a connu un joli succès dans nos contrées, mais pas que. En effet, il semblerait que la franchise soit devenue un vrai phénomène aux States, au point de comparer cette trilogie avec Eragon. Il faut dire que les similitudes sont bien présentes, en remplaçant le héros par une héroïne et le dragon par un phénix. Sans que cela soit pour nous un gage de qualité, les deux premiers tomes avaient su se faire plaisant, tout en gardant cette patte si propre à la Young Adult. C’est-à-dire un personnage central qui passe beaucoup de temps à pleurnicher, un antagoniste qui parle trop et des relations amoureuses dans tous les sens et dans tous les styles pour séduire un large spectre de lecteurs (et surtout lectrices).

Quoi qu’il en soit, malgré des réserves, la lecture des deux premiers opus fut plaisante et on se languissait un peu d’avoir la conclusion de ce duel entre Véronyka et Avalkyra. Ce troisième tome commence sur les chapeaux de roues, avec plusieurs pistes à explorer. Ainsi, la véritable identité de Véronyka est dévoilée auprès de ses pairs, mais elle ne se sent pas capable d’endosser une telle responsabilité. Son amoureux, Tristan, a été fait prisonnier par un noble de l’Empire qui veut faire chanter les dresseurs de phénix. Quant à Avalkyra, elle trouve une nouvelle âme sœur en la présence d’Onyx, une stryge, race contraire aux phénix, qui se nourrit de l’énergie du vivant. Bref, la guerre est sur le point d’exploser entre trois camps et Véronyka va devoir tout faire pour concilier le tout si elle ne veut pas mourir, elle et toute la communauté des dresseurs de phénix.

Sur plus de 750 pages, ce troisième tome va prendre le temps pour se conclure. On est loin des batailles épiques et de l’action à gogo. Ici, Nicki Pau Preto va tout d’abord jouer sur le plan politique. Un conseil doit se tenir, un roi possède un otage qu’il faut libérer et tous les personnages plus ou moins importants vont mettre la main à la pâte pour trouver une solution. Cet aspect politique perd en force, car l’autrice n’arrive pas à donner une ampleur suffisante à son récit. On a la sensation que ce conflit ne touche qu’une partie d’une île, et pas tout un continent. On a l’impression que le monde n’est pas en jeu, mais une partie d’un monde, et tout cela manque de grandiloquence. D’autant plus que le jeu politique est vite réglé avec une libération d’otage et quelques tours de passe-passe coûtant la vie à quelqu’un.

Fort heureusement, l’histoire prend de l’ampleur quand il faut se faire rencontrer des phénix et des stryges. Même si ça reste assez timide, avec une violence amoindrie, Nicki Pau Preto arrive à transmettre l’angoisse de la guerre et l’arrivée salvatrice de quelques dresseurs planqués. Il faudra attendre la toute fin du livre, mais ce passage est assez plaisant et joue avec tous les rouages de la guerre. D’ailleurs, le rythme s’emballe, avec des chapitres plus courts et plus concis. Le seul gros défaut est la sensation de ne pas avoir une antagoniste qui fasse vraiment peur. Elle reste sur place, se contente de donner des ordres à sa horde, mais fait le minimum syndical. On aurait pu attendre davantage de danger venant de la part de cette femme qui nous bassine avec son pouvoir depuis le début.

Les autres personnages auront aussi droit à leur moment de gloire. Sev et sa relation avec Kade va prendre un nouveau tournant t l’espion va enfin comprendre qu’il sert vraiment à quelque chose. Tristan va prendre la relève de son père, grièvement blessé, et il va être l’atout majeur de Véronyka, sans lequel elle ne peut délivrer sa pleine puissance. Elliott va prendre ses responsabilités et découvrir qui est vraiment Mésange, cette jeune aveugle qui s’est prise d’affection pour Ignix, le plus ancien des phénix. Bref, l’autrice arrive à donner de l’importance à tout le monde et cela permet d’oublier un petit peu les redondances de l’histoire et les atermoiements interminables de son personnage principal, qui peine à avancer et à se faire violence. On regrettera toutefois une absence d’émotion et des choix de sacrifices anodins, comme l’autrice ne pouvait pas se séparer de certains personnages.

Au final, Les Ailes Ténébreuses, le troisième tome des Sœurs de Sang, offre une conclusion qui est dans la lignée des deux premiers romans. Sans que ce soit incroyable, ou même faramineux, nous faisons face à une trilogie qui adopte tous les atours du roman Young Adult de Fantasy moderne. Nicki Pau Preto possède une belle plume et a des idées, mais qui pourraient se transposer à n’importe quelle histoire avec un animal fantastique. Néanmoins, malgré des longueurs et des redites, cette trilogie semble être une belle porte d’entrée dans un univers fantasy, pouvant donner envie, par la suite, de lire des choses plus conséquentes, comme Le Seigneur des Anneaux d’un certain Tolkien.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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