novembre 30, 2021

Blacktop Mojo – Blacktop Mojo

Avis :

Au rayon des nouveaux venus sur la scène Rock et Hard Rock américaine, on pioche Blacktop Mojo. Originaire de Palestine au Texas, le quintet se forme en 2012 autour du chanteur Matt James et du batteur Nathan Gillis. Après quelques titres balancés çà et là sur le web, et un premier album en 2014, la formation se complète avec deux guitaristes et un bassiste. Trois ans plus tard, en 2017 donc, sort le premier album du groupe, Burn the Ships, et le groupe va connaître un joli succès grâce à la reprise de Dream On d’Aerosmith. Puis, tous les deux ans, comme des métronomes, les américains vont proposer un nouvel album. On se retrouve donc en 2021 avec un quatrième album, intitulé sobrement Blacktop Mojo et qui lorgne grandement du côté de Black Stone Cherry et d’autres groupes de Hard Rock du même genre.

Le skeud débute alors avec Wicked Woman et le groupe nous rentre dedans d’entrée de jeu. Le titre est nerveux, percutant et il met en avant l’un des atouts majeurs du groupe, un mélange assidu de Hard et quelques instants groovy, lorgnant du côté du Blues. Le morceau est efficace, même s’il lui manque une pointe d’originalité pour vraiment nous convaincre. En abordant Bed Tundy, on se retrouve avec quelque chose de plus travaillé. Si on retrouve une structure claire et simple, le groupe va se permettre un joli solo et quelques fulgurances fédératrices pour mieux porter son public. Sans être un chef-d’œuvre, le morceau fait son travail et on se retrouve à dandiner de la tête en rythme. Un morceau qui semble taillé pour la scène et qui risque de faire quelques ravages. Il est juste dommage que l’on ressente tant les références, sans trouver un peu d’identité propre.

Latex va permettre au groupe de montrer une autre facette de leur savoir-faire. Démarrant assez lentement, avec un couplet efficace laissant plus de place à la voix du chanteur, le titre se pare d’un refrain catchy en diable. Cette alternance entre moment touchant et moment plus nerveux est la marque de fabrique de Blacktop Mojo, qui réussit, par la suite, à fournir un solo efficace et solide pour réenclencher sur le refrain. Le titre est une belle réussite et permet aussi de ressentir les élans un peu bluesy de la formation. On restera plus circonspect sur Rewind. Non pas que le titre soit mauvais, bien au contraire, mais il reste transparent et ne marque pas plus que ça. La faute à une mélodie assez générique et un refrain qui donne l’impression d’exister depuis une bonne vingtaine d’années. Sympathique, mais complètement anecdotique.

Par la suite, le groupe nous sert deux morceaux étonnants. Jealousy est d’une redoutable efficacité, mais il est très court, à peine trois minutes. Un peu comme pour Latex, il est composé d’un couplet doux et d’un refrain nerveux. L’ensemble fonctionne parfaitement et démontre dans quoi le groupe excelle. Make Believe est un interlude qui n’a pas de réel intérêt, si ce n’est de montrer une part de Blues dans les références du groupe, mais ça reste très léger. On préfèrera largement se poser sur Darlin’ I Won’t Tell. Là encore, si on ressent l’encrage profond d’un rock sudiste, le titre laisse une grande place au chanteur qui va se faire plaisir en poussant sur sa voix grave pour donner du relief et de la puissance. Ce qu’il va faire aussi avec Do it for the Money qui s’appuie sur des moments un peu bluesy/gospel.

Du moins dans son introduction et son refrain, puisqu’au centre du morceau, on ressent des influences Métal Alternatif, avec de gros riffs lourds qui scandent un bon rythme. Encore une fois, le groupe arrive à alterner des phases virulentes avec des passages plus doux, et ce mélange crée une belle osmose. Certes, on aura déjà entendu ça des centaines de fois avec des groupes comme Black Stone Cherry, mais ça turbine à fond. Les trois morceaux suivants seront éminemment sympathiques, mais c’est aussi là tout le problème. Ils ne sont pas marquants et manquent d’un petit truc en plus. Que ce soit Hold me Down et son solo générique, Cough et son côté Grunge ou Stratus Melancholia et son aspect plus costaud, tout cela manque d’originalité. Reste alors Tail Lights, une sublime ballade, genre dans lequel excelle Blacktop Mojo. Et c’est là que le groupe aurait du tout miser.

Au final, ce quatrième album de Blacktop Mojo est un bon album malgré tout. Si l’on fait fi de toutes les références mal digérées et de l’aspect un peu passe-partout de certains titres, cet effort fait le job et s’insère parfaitement dans une discographie faite de titres simples et efficaces et de ballades rock enchanteresses. Il est juste dommage que le groupe ne cherche pas à aller plus loin, à produire plus de titres nerveux et originaux, ou encore de titres qui bénéficient de véritables solos dantesques. Bref, Blacktop Mojo est un album cool, mais auquel il manque un petit plus pour réellement nous emporter.

  • Wicked Woman
  • Bed Tundy
  • Latex
  • Rewind
  • Jealousy
  • Make Believe
  • Darlin’ I Won’t Tell
  • Do it for the Money
  • Hold me Down
  • Cough
  • Stratus Melancholia
  • Tail Lights

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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