novembre 30, 2021

Ernetti et l’Enigme de Jérusalem – Roland Portiche

Auteur : Roland Portiche

Editeur : Albin Michel

Genre : Thriller

Résumé :

Une expédition clandestine à la recherche du Temple de Salomon révèle un énigmatique cube de pierre, vieux de trois mille ans.
À l’intérieur : un secret qui pourrait remettre en cause la véracité de la Bible et déstabiliser des milliards de croyants.
Une seule solution pour éviter le chaos : mener l’enquête dans le passé. Sur ordre du pape Jean-Paul II, le père Pellegrino Ernetti remonte le chronoviseur, cette extraordinaire machine capable de voir dans le temps, qui aurait été conçue en 1964 et demeure le secret le mieux gardé du Vatican.
Ce qu’elle va dévoiler emmènera le père Ernetti plus loin encore qu’à l’époque du roi Salomon, jusque dans l’Égypte ancienne, sous le règne de l’éblouissante Néfertiti, qui pourrait bien détenir la clé de l’énigme.

Avis :

Dans son ensemble, le thriller ésotérique semble avoir atteint les limites de l’inspiration littéraire. Hormis quelques valeurs sûres et exceptions, le genre a progressivement décliné ces dernières années, lorgnant parfois vers des intrigues à l’emporte-pièce ou des itérations autant maladroites que stupides. En 2020, Roland Portiche créait pourtant la surprise avec La Machine Ernetti. Une idée singulière inspirée de faits réels, un style fluide et un récit intéressant… Cet ouvrage s’avançait comme une réussite aussi inattendue qu’appréciable. S’il ne demandait pas forcément de suite, l’auteur récidive avec un second tome qui s’approprie peu ou prou la même formule.

En effet, on retrouve les protagonistes du premier volet qui se confronte à un nouveau mystère séculaire. Dès lors, la structure narrative demeure facile à appréhender, reprenant les fondamentaux du thriller ésotérique et, dans un second temps, des récits d’aventures. Si l’on continue à découvrir des incursions au cœur du Vatican, l’atmosphère moyen-orientale est prépondérante. On songe à Israël, mais aussi à une deuxième partie qui nous emmène en Égypte. Le sujet se construit en deux étapes distinctes. La première tient à se pencher sur le temple de Salomon et ce qu’il est susceptible de renfermer, tandis que la seconde s’interroge sur l’origine des religions monothéistes.

Cette approche évite de trop nombreuses similarités avec La Machine Ernetti. Le fond présente suffisamment de points communs en ce qui concerne les intervenants (avec le même antagoniste), l’histoire des religions, ainsi qu’une enquête de terrain et des investigations qui s’orientent davantage vers la théologie. Il y a donc un effort de consenti pour s’éloigner de l’époque du Christ et « remonter » aux origines des grandes croyances monothéistes. Les hypothèses demeurent pertinentes, ne serait-ce qu’à travers des pistes de réflexion plausibles et des parallèles interculturels. On songe, entre autres, à ces velléités politiques ou ces conflits prétextés par la force de la nécessité.

Si la machine à voir dans le temps est toujours présente, elle occupe un rôle moins prépondérant qu’auparavant. De même, l’influence de l’observation sur le cours de l’Histoire est à peine évoquée, tandis que les explications scientifiques font surtout office de rappel. Ces passages permettent surtout de confirmer les théories des personnages aux yeux du lecteur. Ils offrent aussi une « vision » sensiblement éloignée des vérités et des connaissances véhiculées sur l’Égypte antique. De fait, les motivations qui viennent prétexter la naissance d’une religion se montrent plus réalistes que la sacralisation d’un individu ou d’un évènement, même si cela signifie manipuler les masses.

Au même titre que la construction de l’intrigue, le rythme ne faiblit guère. Les chapitres sont courts et entraînants pour alterner descriptions de l’environnement, explications théologiques, traitement des personnages et séquences d’action. Il en ressort une évolution équilibrée qui varie également les repères géographiques pour bien distinguer les points de vue tout en maintenant le suspense. En revanche, le contexte des années 1980 aurait gagné à être davantage développé, notamment au niveau des enjeux géopolitiques, du début de pontificat de Jean-Paul II, des découvertes archéologiques et scientifiques de l’époque.

Si l’effet de surprise s’est estompé pour ce second tome, Roland Portiche fait preuve de constance dans l’écriture de ce second opus. Avec de nouvelles énigmes historiques et théologiques à explorer, Ernetti & l’énigme de Jérusalem se présente tout d’abord comme un thriller ésotérique avant de s’orienter vers le récit d’aventures. La transition demeure discrète et judicieuse pour mettre en avant le mystère initial (le temple de Salomon) et se tourner vers l’origine des courants monothéistes. Malgré l’absence d’une réelle singularité pour cette suite, l’intrigue reste intéressante à appréhender, notamment grâce à une écriture énergique et enthousiaste.

Note : 14/20

Par Dante

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