novembre 30, 2021

Trivium – In the Court of the Dragon

Avis :

Groupe fondé en 2000 autour de Matt Heafy, Trivium est passé par divers phases avant de véritablement trouver son cheval de bataille. Tout d’abord groupe de Metalcore sur les deux premiers albums (genre que Trivium renie tout son être), on va voir que la bande change son fusil d’épaule pour arpenter le chemin du Thrash par la suite, voire même du Death mélodique par moment. Aujourd’hui, même si Trivium a toujours cette étiquette Metalcore qui lui colle à la peau, il demeure un groupe hybride qui a trouvé son identité depuis au moins trois albums. Sortant des albums tous les deux ans de façon métronomique, les américains ont eu de l’inspiration en enchainant en un an deux albums, coup sur coup. Et il fallait avoir du culot pour vite faire suite à What the Dead Men Say, qui était un excellent album.

Commençant par un introduction grandiloquente qui répond au doux nom de X, Trivium va très vite lâcher la bride de son dragon pour nous rentrer dans le lard. In the Court of the Dragon démarre sans ambages et Matt Heafy va de suite beugler dans son micro. Si son chant crié ne plait pas à tout le monde, il reste efficace et surtout, il lui permet de coller des refrains plus doux, mais redoutables. Ce titre ne déroge pas à la règle, avec des couplets surpuissants et un refrain catchy en diable. Comme à son habitude, nous aurons droit à un solo dantesque qui nous fera frémir de plaisir. Trivium est inspiré et semble en très grande forme. Cela sera confirmé via Like a Sword Over Damocles. Reprenant le même schéma que le titre précédent, le morceau va nous accrocher rapidement avec une ambiance assez sombre et des riffs puissants.

En abordant Feast of Fire, on va découvrir la deuxième facette du groupe. S’éloignant d’un côté Heavy/Thrash/Death, Trivium va faire plus court, plus concis et délivre un titre à la fois percutant et addictif. On s’éloigne volontairement d’un chant crié qui n’apparaitra que lors du break pour lancer le solo. Matt Heafy tient bien la baraque et propose alors un refrain qui reste un long moment en tête. Mélodique et facile à retenir, on est clairement dans un morceau taillé pour la vente de l’album, tout en restant dans une efficacité monstrueuse. Alternant toujours ses effets, les américains renouent avec un titre complexe sur A Crisis of Revelation. Puissant, nerveux et à la structure plus hachée, nous faisons face à ce que le groupe sait faire de mieux. Cependant, ce ne sera pas le titre le plus fort de cet album.

The Shadow of the Abattoir est tout simplement le meilleur morceau de l’album. Démarrant de façon douce avec une belle mélodie, le titre se démarque du reste avec le chant de Matt Heafy. Démarrant de façon calme et posant sa voix comme jamais auparavant, il va passer par toutes les strates de sa palette vocale. Plus puissant dans son refrain qui est incontournable, on notera aussi un solo dantesque et un final déroutant, où le chanteur prend une voix de tête insoupçonnée. C’est dans ce genre d’exercice que le groupe se fait le plus efficace. C’est addictif et on en redemande tant c’est maîtrisé du début à la fin. Et le pire, c’est que même dans les titres plus directs et moins complexes, on se surprend à y prendre du plaisir. No Way Back Just Through est le titre le plus court et pourtant, il est redoutable.

Il faut dire que le groupe n’a pas son pareil pour ajuster des riffs accrocheurs et ce morceau ne fera pas exception. Même le refrain est simple et on se surprendra à le chanter très rapidement en hochant la tête. Ce sens de la mélodie se retrouve aussi bien dans les titres courts que dans les longues plages. En atteste Fall Into Your Hands et son introduction à la batterie qui force le respect. Si le morceau démarre lentement, il va vite prendre un virage percutant, avec un chant crié féroce et un refrain en chant clair qui nous mettra K.O. En termes de construction, Trivium fait fort et emporte tout sur son passage. Même From Dawn to Decadence, qui est peut-être le titre le moins mémorable de l’album, reste tout de même un sacré moment. La conclusion, avec The Phalanx, renoue avec l’aspect épique de l’album.

Au final, In the Court of the Dragon, le dernier album en date de Trivium, est une véritable tuerie. Impressionnant sur le fond comme sur la forme, le groupe américain délivre, à peine un an après leur précédent effort, un imposant travail qui force le respect. On a même du mal à croire que, album après album, avec si peu de temps, Trivium offre à chaque un album meilleur que celui d’avant. Long, dantesque, majestueux, on peut facilement dire que nous faisons face à l’un des meilleurs de l’année.

  • X
  • In the Court of the Dragon
  • Like a Sword Over Damocles
  • Feast of Fire
  • A Crisis of Revelation
  • The Shadow of the Abattoir
  • No Way Back Just Through
  • Fall Into Your Hands
  • From Dawn to Decadence
  • The Phalanx

Note : 19/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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