novembre 30, 2021

Scream Girl

Titre Original : The Final Girls

De : Todd Strauss-Schulson

Avec Taissa Farmiga, Nina Dobrev, Malin Akerman, Alexander Ludwig

Année : 2015

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

Une jeune femme faisant le deuil de sa mère, qui était une célèbre actrice des années 80, se retrouve projetée dans l’un de ses films. Les deux femmes désormais réunies vont tenter de combattre le meurtrier qui s’y trouve.

Avis :

Les parodies de films d’horreur, on commence à en souper. Il faut dire que le genre est connu depuis des lustres, avec des films comme Le Bal des Vampires de Roman Polanski, mais il a eu un âge d’or avec l’avènement de Shaun of the Dead d’Edgar Wright. Depuis, de nombreux cinéastes se sont amusés à parodier le genre horrifique, et ce dans tous les pays du monde. Se jouer des codes imposés pour mieux les détourner, voilà un exercice plus difficile que la simple blagounette et quand on évoque le slasher, les choses se compliquent. Pour autant, c’est ce qu’a décidé de faire Todd Strauss-Schulson avec son premier film, Scream Girl. Titre évocateur, casting de jeunes premiers qui a déjà fait ses preuves dans des séries-télé, tout est réuni pour faire un film bancal et tape à l’œil. Pourtant, à bien des égards, ce métrage est réussi et détourne de manière maline tous les codes possibles et imaginables du slasher typique.

Fan club

Comme tout bon slasher qui se respecte, on va retrouver dans ce film des adolescents. Une jeune fille a perdu sa mère dans un accident de voiture. Mère qui était une actrice de film bis, et qui a même une petit fan club suite à un film d’horreur qui a suscité un certain engouement. Bon gré, mal gré, elle accepte de participer à une projection du film de sa défunte mère, mais un incendie se déclare dans la salle. Elle et ses amis trouvent refuge derrière l’écran, mais ils se rendent compte qu’ils sont propulsés dans ledit film. Elle retrouve donc sa mère, qui est une animatrice d’un camp d’été. Dès lors, il va falloir survivre au tueur masqué, tout en essayant de changer les codes immuables du film. Ainsi donc, Scream Girl est un mélange étonnant de Scream (c’est dans le titre français), Last Action Hero et Vendredi 13.

D’un point de vue purement scénaristique, le film va détourner tous les codes possibles du slasher, en intégrant des personnages qui connaissent ses codes et qui vont devoir réfléchir à la meilleure façon de les déjouer. Le réalisateur se repose alors sur des personnages débiles, qui font tout pour mourir (à savoir, montrer ses seins pour faire venir le tueur), mais aussi sur des personnages qui connaissent les ficelles de l’intrigue et qui vont tout faire pour changer les lignes du métrage dans lequel ils sont bloqués. Ne voulant finalement pas détourner l’œuvre originelle, étant fan du métrage, les nouveaux héros doivent trouver des solutions pour faire comprendre aux autres qu’ils sont dans un film et qu’ils peuvent jouer avec leur destin. Le schéma parait simple, mais le réalisateur va tout faire pour surprendre le spectateur, que ce soit dans la redondance de certaines scènes ou dans l’utilisation de certains tics de réalisation.

Détournements

Ne jouer que sur les connaissances des personnages récents n’aurait pas apporté grand-chose au métrage. Le fait est que Todd Strauss-Schulson le sait et il va s’amuser à détourner plusieurs effets de style récurrents du cinéma d’horreur, et plus précisément du slasher. Ainsi donc, l’utilisation de flashbacks va être salvateur pour les protagonistes, qui vont y voir un changement de style, avec un noir et blanc qui évoque les souvenirs. Cela va perturber le tueur, dont les repères vont être floutés. Mais ce n’est pas tout, puisque on retrouvera aussi l’utilisation de pièges boiteux, ou encore le fameux dicton sexe égal mort. Le cinéaste se permet des effets de style scabreux sans jamais tomber dans la surenchère ou l’exposition. Le film ne montre pas un bout de chair et ne parle de sexe que vocalement, jamais avec les images. Un côté puritain qui correspond bien aux slashers des années 90.

A force de détourner et de rester dans la parodie, on pourrait croire que Scream Girl reste dans un carcan étouffant. Pour autant, si le côté Final Girl est assumé jusqu’au bout, le script va prévoir des thèmes plus profonds, qui apportent un plus indéniable à l’ensemble. Ici, l’héroïne va pouvoir retrouver sa défunte mère à travers son film culte. Sauf que le film fut tourné avant la naissance de sa fille et elle ignore donc être la mère de l’un de ces nouveaux personnages. Un contrat difficile à tenir pour l’héroïne, qui replonge dans un passé pas encore digéré. Cependant, le cinéaste offre cela comme une chance de vivre un dernier instant aux côtés de sa mère et on se retrouvera avec une émotion insoupçonnée pour ce genre de métrage. Rares sont les parodies, ou pastiches, qui arrivent à insuffler de l’émotion pure dans leur métrage.

Clichés

Si le film surprend en bien, on ne pourra pas trop compter sur des personnages secondaires attachants. En fait, le film mise beaucoup sur la relation mère/fille et ses différentes pirouettes visuelles, mais assez peu sur des protagonistes attachants. On retrouvera la bimbo insupportable qui cache un lourd secret pour être aussi détestable (Nina Dobrev). On aura droit à l’amateur de sexe qui ne pense qu’à ça et qui en fait des caisses (Adam DeVine). On verra le meilleur ami amoureux transi (Alexander Ludwig), la meilleure amie et son frère casse-pieds fan dudit film d’horreur (Alia Shawkat et Thomas Middleditch), ou encore la nymphomane débile (Angela Trimbur). Tout ce petit monde manque de profondeur et remplit parfaitement un cahier des charges attendu. Reste Malin Akerman dans un rôle assez touchant et un Taissa Farmiga assez juste.

Au final, si les références fusent dans tous les sens (Vendredi 13 en tête avec son tueur masqué harcelé dans son enfance), Scream Girl arrive à s’en affranchir et à proposer un bon spectacle. Certes, dans son fond, le film de Todd Strauss-Schulson ne réinvente pas la sauce et utilise des codes pour mieux les détourner, mais il arrive à mettre de l’émotion et un fond assez touchant au sein d’une intrigue balourde et parfois too much. Au rayon des parodies de film d’horreur, Scream Girl tient la dragée haute à beaucoup d’autres essais moins reluisants, arrivant à trouver un juste équilibre entre blagues potaches, relation mère/fille et meurtres graphiques. Un film sympathique et agréable.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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