avril 17, 2024

Get Carter

De : Stephen T. Kay

Avec Sylvester Stallone, Mickey Rourke, Michael Caine, Rachael Leigh Cook

Année : 2001

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

Jack Carter, un gangster peu scrupuleux, collecte les dettes non payées pour les prêteurs sur gages de Las Vegas. C’est un métier qui correspond exactement à son profil : froid, implacable et précis.
Ayant appris que son frère Richard était mort dans un accident de voiture, Jack quitte Las Vegas et son univers corrompu pour retourner à Seattle. Il est apparemment le seul à croire que la mort accidentelle de son frère, causée par l’ivresse au volant, est un coup monté.
Même Gloria, la femme de Richard, sa fille Doreen, ses collègues de travail et les policiers ne voient pas l’intérêt de continuer l’enquête. Jack, lui, est bien décidé à découvrir la vérité et à venger la mort de son frère.

Avis :

Au début des années 70, Mike Hodges proposait un policier un peu tendax avec La Loi du Milieu. Mettant en scène un certain Michael Caine, le film a connu un joli petit succès. Cependant, il aura fallu attendre trente ans pour voir débouler un remake, avec cette fois-ci Stallone qui joue les privés revanchards pour comprendre la mort de son frangin. Quel intérêt de proposer un tel remake ? Absolument aucun, et dès le départ, Get Carter sent le projet un peu fumeux. Un Sly en pleine traversée du désert et surtout, un Stephen Kay débutant que l’on largue sur ce film en tant que deuxième réalisation (le type partira ensuite tourner des épisodes de séries, dont les Sons of Anarchy). Tout concordait pour rendre le remake inintéressant au possible. Et c’est bien ce qui va se passer…

Boire ou choisir, il faut conduire

L’entame du film est très particulière. On va y suivre Jack Carter, qui récupère des dettes de jeu à Las Vegas et dont le profil est indéterminé. Le montage est ultra rapide, il y a de nombreuses coupes, à un tel point que l’on ne comprend pas les agissements du « héros ». Puis il prend le train pour se rendre à Seattle, aux funérailles de son frère. Jack est plutôt mal accueilli, car la famille de son frère estime qu’il les a abandonnés. Pour autant, Jack est sûr que son frère ne buvait pas d’alcool et il voit dans la mort de ce dernier un meurtre déguisé. Il va donc remonter une filière de sites pornographiques pour découvrir le dindon de la farce. En soi, l’histoire n’est pas bien compliquée à comprendre.

Pour autant, avec tous les détours pris par le réalisateur et son montage assommant, Get Carter coche presque tout ce qu’il ne faut pas faire. Le film se base sur le passif du personnage joué par Stallone, sauf qu’on ne le connait pas, et le cinéaste juge bon de ne pas faire de flashbacks pour nous expliquer certaines relations. On se retrouve donc avec un paquet de choses à découvrir, et en filigrane, une vague histoire de rédemption. Sauf que cette histoire prend des allures de vengeance, alors que tout concorde pour incriminer le frère. Stallone n’y croit pas et s’en va frapper du maquereau sans grande raison. Toujours pour rester dans le scénario, on va se rendre que les élans de l’intrigue sont donnés avec des détails qui sont surréalistes. Stallone voit des trucs que personne ne peut voir et son instinct ne lui ment jamais.

Rédemption, vengeance, Stallone s’embrouille

Si le film lâche toute cohérence dans l’enquête, il le fait aussi dans les personnages qu’il traite. En effet, si Jack Carter est un homme qui semble prêt à en découdre avec n’importe qui, on ne ressent pas vraiment d’empathie pour lui. Il est monolithique, s’amuse de temps à autre à faire de l’esprit, et c’est tout. Même sa relation avec sa nièce est biaisée par quelques dialogues sirupeux et une histoire de pédo-prostitution qui frôle parfois le too much que ça en devient risible. De plus, pour les méchants de l’histoire, on tourne en rond avec trois types et une nana. On revient sans cesse sur un maquereau accro au porno, un informaticien surdoué et millionnaire qui se retrouve dans la sauce et un patron de bar qui rejette toutes les responsabilités. C’est redondant et surtout cela montre l’incapacité du script à installer un méchant et un mystère efficace.

De plus, dans son fond, Get Carter se rate complètement. Si Sylvester Stallone a accepté ce rôle, c’est parce qu’il y voyait un homme en quête de rédemption. Et oui, Jack Carter est un type qui essaye de se racheter des erreurs de son passé pour améliorer son avenir et celui de la famille de son frère. Manque de bol, il ramène des problèmes et semble déclencher un bon bordel. Mais cette rédemption va dangereusement se rapprocher d’une vengeance, d’un règlement de compte. Carter connait certaines fripouilles que côtoyait son frère, et il va se servir du décès de ce dernier pour buter quelques types. Du coup, la rédemption se transforme en vengeance aveugle, qui n’est jamais remise en question dans le film. Carter bute sans se poser de questions et c’est vécu comme un acte salvateur de bravoure. C’est un peu crapuleux et crapoteux…

Mou de la quéquette

Bien évidemment, avec Stallone en tête d’affiche et un pitch qui évoque de la castagne, on attendait beaucoup de bagarre dans le métrage et ce sera une amère déception là aussi. Le film est mou, lent et il ne se passe pas grand-chose. On aura droit à une paire de bastons, expédiées manu militari, puis deux courses-poursuites interminables, et c’est tout. Le film est très avare en action et en plus de cela, ces séquences sont mal filmées. Stephen Kay ne donne aucune ampleur à ces phases, pire, il arrive à les rendre illisibles avec un montage bien souvent épileptique et sans aucun savoir-faire. D’ailleurs, d’un point de vue esthétique, Get Carter est assez moche. Tout du moins, il est random, ne laissant aucune image en tête et n’arrivant pas à créer une ambiance particulière. C’est dommage, surtout avec ce joli casting.

Au final, Get Carter est un remake dont on se serait bien passé. Malgré un casting assez intéressant avec des gueules du cinéma d’action, le film est mou du genou, complexe pour rien et sans grand intérêt dans son message qui peut porter à confusion. Le film est assez symptomatique de la carrière de Stallone à ce moment-là, où il touchait le fond et n’arrivait plus à trouver des rôles adaptés à sa carrure. Fort heureusement, le temps lui permettra de redorer son blason et d’ignorer de tels titres dans sa filmographie.

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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