janvier 28, 2022

The Goo Goo Dolls – Miracle Pill

Avis :

Parfois, les maisons de disques spécialisées dans le métal ont des intrus dans leur catalogue. On pense à certaines formations qui ont changé de genre en cours de route, mais aussi à des prises de risque qui permettent à ces maisons de se faire connaître ou de varier leurs offres. Ainsi donc, on peut retrouver The Goo Goo Dolls chez Metal Blade Records. Il faut dire que le groupe débute en arpentant un chemin sinueux entre relents Heavy et quelques passages plus doux. Cependant, en cours de route, et pour connaître le succès, le groupe s’assagit et va aller de plus en plus vers un rock alternatif à tendance pop. De ce fait, il change de maison, partant de Metal Blade pour aller chez Warner, le gros truc mainstream. Et les morceaux utilisés dans le cinéma ne vont pas donner envie qu groupe de revenir vers quelque chose de costaud.

Car le vrai succès de The Goo Goo Dolls arrive avec le film La Cité des Anges, puis d’autres titres seront utilisés pour Transformers par exemple. Une notoriété qui va même permettre au groupe d’apparaître dans les série Beverly Hills et Charmed. Bref, rien de bien engageant depuis un moment et Miracle Pill, le dernier né du groupe sorti en 2019, n’est pas là pour nous rassurer. Et cela commence dès Indestructible, le premier morceau de l’album. Pop en diable dès le démarrage avec un petit piano et une mélodie enjouée, le groupe sombre délicatement dans le titre suave et sans grand intérêt, dont les refrains sont perclus de « oh oh » pour donner un truc un peu plus fédérateur. Mais cela ne marche jamais vraiment, restant dans un truc sans relief et qui pourrait passer à la radio sans aucun problème.

Les choses ne vont pas s’améliorant au fur et à mesure des écoutes et des titres qui défilent. Par exemple, Fearless ressemble à un morceau que pourrait chanter Katy Perry ou n’importe quelle autre chanteuse pop. Le refrain rentre vite en tête, jouant sur la répétition de certains mots pour mieux entrer dans nos têtes. Mais surtout, musicalement, ça reste très pauvre, restant dans une structure connue et simple. Miracle Pill ne sauve pas la chute, avec un rythme toujours enjoué, qui est taillé pour la radio et le tout-venant, s’octroyant un petit côté pop anglosaxonne mais sans jamais en avoir la saveur. Quant à Money, Fame & Fortune, le titre joue sur un petit son pour marquer sa différence, mais cela ne suffit pas à en faire un truc intéressant. Au contraire, on s’ennuie à l’écoute et il ne reste même pas en tête.

Par la suite, le groupe va tomber dans le sirupeux et l’insupportable. Step in Line est à la limite de l’écoutable, surtout si on aime les rythme un peu enlevé. Ici, on flotte à la surface d’une pop qui ne sert à rien, même pas à mettre une ambiance tamisée. L’ennui plane au-dessus de ce titre sans âme. Over You est un tout petit morceau qui, tout comme le précédent, ne s’envole jamais et reste sur un rythme plat et sans envolée. On attend, patiemment, qu’un petit truc se passe, mais rien n’arrive. Pourtant, c’est l’un des rares morceaux où la guitare est un peu plus mise en avant. Quant à Lights, on reste sur la même lancée. C’est-à-dire un truc mou, qui essaye de se faire touchant, mais qui se fait plus pénible qu’autre chose. Le groupe n’arrive pas à sortir d’un carcan dans lequel il semble s’enfermer.

Pour la fin de l’album, les choses ne vont pas forcément changer. Lost reste dans ce registre très calibré d’un pop rock plus pop que rock. On frôle l’overdose de bon sentiment et on sent très souvent qu’il manque de l’ampleur à la production pour vraiment faire un truc intéressant. Ou tout du moins qui sorte de l’ordinaire. Là, on est vraiment dans un mélange qui fonctionne auprès d’une clientèle peu exigeante et tout est fait pour faire du fric. Life’s a Message est d’une banalité affligeante, où le chanteur force sa voix pour une teinte plus grave et cassée et cela ne marche absolument jamais. Autumn Leaves est une ballade dont on se serait bien passé. Quant à Think it Over, c’est peut-être le morceau le plus réussi, qui bouge un peu, mais ça reste assez faible et sans grand intérêt au final.

Au final, Miracle Pill, le dernier album en date des Goo Goo Dolls, est une amère déception. Délaissant ces premiers amours pour sombrer dans une pop claibré et sans saveur, les américains offrent un album qui n’a que peu d’intérêt et ne trouve jamais un brin d’originalité. Presque pénible, jamais intéressant, on peut dire que cet album pue l’échec et ne plaira qu’à ceux qui écoutent la radio ou qui cherchent des trucs pour rester dans sa zone de confort. Triste.

  • Indestructible
  • Fearless
  • Miracle Pill
  • Money, Fame & Fortune
  • Step in Line
  • Over You
  • Lights
  • Lost
  • Life’s a Message
  • Autumn Leaves
  • Think it Over

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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