janvier 16, 2022

The Barber – L’Homme qui n’était pas là

Titre Original : The Man Who Wasn’t There

De : Joel et Ethan Coen

Avec Billy Bob Thornton, Peter Schrum, Frances McDormand, James Gandolfini

Année : 2001

Pays : Etats-Unis

Genre : Policier

Résumé :

Durant l’été 1949, dans une petite ville du nord de la Californie, Ed Crane soupçonne sa femme Doris de le tromper avec son patron.
Un jour, il fait la rencontre d’un voyageur de commerce qui lui propose de faire fortune. Pour cela, Ed devra s’exercer au chantage et aux pratiques les plus illicites.

Avis :

Les frangins Coen, dans le paysage du cinéma américain, se sont faits une sacrée belle place. Après avoir débuté dans les années 80 de manière merveilleuse avec « Blood Simple » et « Arizona Junior« , les frangins ont poursuivi de manière incroyable dans les années 90 imposant des standards du cinéma américain avec « Barton Fink« , « The Big Lebowski » ou encore « Fargo« , pour ne citer qu’eux. Pour leur entrée dans le nouveau siècle, les Coen sont revenus avec une comédie tout bonnement irrésistible, « O’ Brother« .

Toujours aussi éparse, les frangins ne perdent alors pas de temps et reviennent un peu plus d’un an après « O’ Brother » pour un film qui peut se poser comme un nouvel ovni dans leur filmographie. Ce film, c’est « The Barber, l’homme qui n’était pas là« . Film un peu moins connu de leur carrière, les frangins livrent-là un film noir, dont l’intrigue est un petit bijou. Emmené par un Billy Bob Thornton incroyable, le film est une descente en enfer malchanceuse pour un coiffeur qui passe totalement à côté de sa vie. Incroyable !

Été, 1949, Ed Crane est un coiffeur taciturne qui a la sensation de ne pas être là, dans sa propre vie. Un jour, il reçoit un client qui lui propose d’investir dans une entreprise de nettoyage à sec. Pour cela, il lui faudrait un investissement de dix-mille dollars. N’ayant pas cet argent, Ed, qui sait que sa femme le trompe avec un ami chef d’entreprise, décide de le faire chanter. Ce petit chantage, qui avait tout du plan simple, va alors vite déraper et emmener ce coiffeur sans histoire dans un engrenage improbable.

Très belle surprise, si toutefois on peut encore parler de surprise, tant les Coen ont réussi à imposer un cinéma de qualité. Avec « The Barber, l’homme qui n’était pas là« , les frères Coen livrent là un grand film noir. Un film qui tient une intrigue incroyable et tout à fait prenante. Ce qui est aussi étrange que fascinant avec ce film, c’est la façon que les frangins ont de mettre en scène cette histoire. Une histoire qui est une véritable descente en enfer pour son personnage, et alors même que l’histoire en question enchaîne les meurtres, le chantage et sème la mort dans son sillage, les deux frères ont choisi de raconter le tout avec beaucoup de calme, voire même de plénitude. Un peu comme ce personnage qui passe à côté de sa vie, il passe aussi à côté de sa descente en enfer, ce qui rend le film fascinant. Il y a quelque chose d’unique, quelque chose qu’on n’a résolument pas l’habitude de voir et suivre dans cette histoire. Puis cette sensation entraîne avec elle beaucoup de suspens et d’imprévisibilité.

Très bien écrit, en plus d’avoir de bons personnages, « The Barber … », c’est une intrigue qui mélange très habilement meurtres, chantages, accidents, justice, cupidité, adultère, trahisons et plus l’intrigue avance et plus ce cocktail, conjugué à un humour noir et un sens de la tragédie presque mutique, à l’image de son personnage, rend l’ensemble tout simplement terrible.

On ajoute à cela, comme je le disais plus haut, un Billy Bob Thornton aussi brillant qu’intriguant à tout instant. Franchement, l’acteur est bluffant dans ce rôle qui est très loin d’être évident. C’est peut-être même l’un des plus complexes qu’il ait pu tenir. Silencieux, mutique, à côté de la plaque, touchant, et en même temps presque effrayant, le rôle d’Ed Crane est incroyable et Thornton est si magnétique qu’on ne voit personne d’autre pour incarner ce personnage. Autour de lui gravitent tout un tas de personnages (décalés) qu’on aime beaucoup découvrir et suivre. Çà et là, on trouvera Frances McDormand, James Gandolfini, Scarlett Johansson, Tony Shalhoub ou encore Richard Jenkins… Bref, autant d’excellents acteurs pour tenir des personnages hors du commun, aussi ordinaires qu’ils ont tous une part d’étrangeté finalement.

L’autre bel atout du film, c’est bien entendu sa réalisation. Plongé dans un noir et blanc de toute beauté, « The Barber, l’homme qui n’était pas là » résonne presque comme une expérience, tant tout ici dégage un cachet inhabituel qui nous envoûte. La mise en scène est élégante, l’ambiance est très étrange et captivante à la fois. Cette idée d’un homme qui n’est pas là, dans sa propre vie, se ressent à tous les instants et arriver à ce résultat n’est pas une mince affaire. On sera aussi étonné du rythme que tient l’œuvre. Un rythme lent et pourtant, à aucun moment l’ennui ne s’invite. Mieux encore, puisque l’on reste pris et intrigué à chaque scène.

« The Barber, l’homme qui n’était pas là » est donc une expérience un peu dingue. Les Coen livrent là l’un de leur film les plus osés. Porté par un scénario fascinant, porté par des personnages intéressants et des comédiens passionnants, ce film est tout bonnement incroyable.

Note : 17,5/20

Par Cinéted

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