novembre 29, 2021

Scream Queens Saison 1

D’Après une Idée de : Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan

Avec Emma Roberts, Billie Lourd, Abigail Breslin, Skyler Samuels

Pays : Etats-Unis

Nombre d’Episodes : 13

Genre : Comédie, Horreur

Résumé :

La belle et impitoyable Chanel Oberlin dirige d’une main de fer la sororité la plus courue du campus universitaire. Les héritières des familles les plus fortunées d’Amérique ne reculent devant rien pour y entrer. La doyenne, agacée par les manières de ce petit clan élitiste, lui déclare la guerre.

Avis :

Dans le monde du petit écran, il y a un nom qui ressort très souvent depuis les années 2000, c’est celui de Ryan Murphy. Stakhanoviste accompli, le showrunner et scénariste est capable de sortir plusieurs séries la même année et par la même de connaître un succès fulgurant. Tout cela commence vraiment lorsqu’il rencontre Brad Falchuk et qu’ensemble, ils sortent Glee. Série musicale qui a eu droit à moult récompenses, cela a permis à Ryan Murphy de sortir un peu tout ce qu’il voulait. Il confirmera alors avec l’anthologie American Horror Story, puis American Crime Story. Aujourd’hui, Ryan Murphy est en terre de sainteté et peut sortir un peu tout ce qu’il veut, à l’image de Hollywood, mini-série disponible sur Netflix. Mais revenons quelques années en arrière, sur Scream Queens, une série qui s’amusait à parodier les slashers des années 90, mais qui s’avère trop délurée pour pleinement convaincre.

Le scénario de cette série est très simple et reprend tous les codes du slasher. Une sororité, Kappa Kappa Tau, est victime d’un tueur en série qui s’amuse à zigouiller tout le monde en arborant le costume de la mascotte du campus, le diable rouge. Une enquête se met alors en place et tout semble lié à un passé trouble datant de vingt ans, où une jeune étudiante a accouché dans une baignoire, mettant au monde deux bébés avant de mourir. Et cette affaire a été étouffée par la doyenne du campus, qui cache, elle aussi de lourds secrets. C’est donc dans ce contexte particulier que l’on va évoluer au milieu d’étudiantes et d’étudiants richissimes et dont les morts ne semblent pas plus les affecter.

En faisant Scream Queens, les intentions de Ryan Murphy sont claires, surfer sur le succès latent d’American Horror Story et égratigner un petit peu la jeune bourgeoisie américaine qui règne en maître sur les fraternités et sororités. Le problème avec cette première saison va venir de l’écriture globale de la série. Si au départ, on peut penser qu’il n’y a qu’un seul tueur, on va vite se rendre compte qu’il y a plus que ça et on va se prêter au jeu de l’enquêteur, essayant de trouver qui commet les meurtres derrière le masque. Sauf que dès le départ, les cartes sont faussées, avec des personnages caricaturaux et des intentions qui grillent tout le monde d’entrée de jeu. Afin de masquer cette incompétence à construire une intrigue digne de ce nom, Murphy propose des situations ubuesques et des personnages insupportables et improbables.

C’est d’ailleurs un très gros problème, car on ne ressent aucune empathie pour aucun des personnages. Ils sont tous détestables du début à la fin. Et cela, que ce soit pour les personnages les plus terre à terre ou pour les personnages les plus sur-écrits. A titre d’exemple, on peut citer Chanel Oberlin (Emma Roberts), en jeune bourgeoise qui fait ce qu’elle veut, qui est raciste, homophobe et profondément méchante. On juste envie de la baffer du début à la fin. Dans un délire différent, Grace (Skyler Samuels) est un personnage moins déluré, qui veut voir comment sa défunte mère a vécu dans cette sororité et qui mène l’enquête pour trouver les tueurs. On pourrait presque croire qu’elle est cool, mais elle cache un profil égoïste, et certaines de ses réactions flirtent constamment avec le « nawak ».

Et cette écriture bancale des personnages ne s’arrête pas seulement aux personnages principaux. On aura droit à toute une tripotée de protagonistes qui sont du grand n’importe quoi. Entre la fille de Charles Manson qui cache ses oreilles pour ne pas rendre fou les gens, celle qui se plaint tout le temps et qui est conne comme une brique, la doyenne qui veut coucher avec tout le monde et qui se vante d’avoir tuer son mari, la boomer coincée dans les années 90 ou encore le gay qui n’en est pas vraiment un ou le queutard bourgeois et débile, on en a pour tous les goûts. Le problème, c’est que tous ces personnages végètent dans le même monde et que cela fait beaucoup trop. On a la sensation que Ryan Murphy a voulu tout mettre dans le même panier, pour offrir un pot-pourri qui ne colle pas.

Il faut ajouter à cela des réactions étranges et des relations qui sont plus que stupides. Chanel Oberlin qui court sans cesse après son amoureux parce qu’il est riche, alors que celui-ci baise tout le monde, sans se poser de questions. Les rapports de force entre Grace et Chanel qui ne trouvent aucune résolution. Le coup du père qui couche avec la psychologue scolaire, que l’on soupçonne d’être la tueuse. Bref, rien n’a vraiment de sens et tout est décousu. D’ailleurs, on pourrait presque regarder les épisodes de façon indépendante sans qu’il y ait de réel liant. On sent que l’écriture n’a pas de consistance et que tout cela n’est qu’un pastiche, raté, des slasher auxquels la série fait référence. Et c’est aussi problématique, car les dialogues se forcent à dire les films auxquels ils font référence, comme si le public était aussi bête que les personnages.

Bien évidemment, avec cette série, Ryan Murphy a voulu mettre en gros plusieurs problèmes de la société américaine à travers les campus. Le système hiérarchique grec avec les fraternité et sororité est pointé du doigt, avec ce qu’il faut de malice pour montrer que ce ne sont que les enfants de bourge qui peuvent y aller. On notera aussi que ce n’est pas l’argent qui fait l’intelligence et que malgré la bêtise de ces derniers, ils réussiront, quoi qu’il advienne, leurs études. La série se veut plus profonde qu’elle n’en a l’air, abordant le pouvoir de l’argent, l’insouciance dangereuse des riches, mais aussi les problèmes liés au racisme, l’homophobie ou à la différence, nivelant les gens en fonction de leur statut et de leur physique. Malheureusement, tout cela se confronte à des personnages peu intéressants et des situations détournées qui ne renforcent pas le message.

Au final, cette première saison de Scream Queens est une grosse déception. Si l’on est bien dans l’univers de Ryan Murphy avec des personnages délurés et des situations débiles à souhait, la faiblesse d’écriture et le carcan des épisodes de 45 minutes étouffent un script qui se veut parodique, mais qui n’est jamais vraiment drôle. Trop long, trop bête, accumulant les clichés et les personnages hauts en couleurs pour tenter de créer du solide, Scream Queens fond comme neige au soleil dès qu’il faut avancer dans une intrigue que l’on grille dès le départ. Un coup d’épée dans l’eau lassant et sans conséquence sur quoi que ce soit.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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