octobre 18, 2021

Saving Grace

De : Nigel Cole

Avec Brenda Blethyn, Craig Ferguson, Tchéky Karyo, Jamie Foreman

Année : 2000

Pays : Angleterre

Genre : Comédie, Policier

Résumé :

Grace est heureuse dans son adorable cottage. Passionnée de jardinage, elle mène une vie réglée et tranquille. Son mari meurt et elle découvre avec stupéfaction qu’il n’a laissé que des dettes. Accule par les créanciers, sur les conseils de son jardinier, elle troque ses magnifiques orchidées pour la culture de la marijuana. Même si sa nouvelle production est exceptionnelle, il faut la vendre. S’improviser dealer n’est pas de tout repos. Grace va donc devoir bousculer quelques habitudes, dans son village comme dans le milieu de Londres.

Avis :

J’aime le cinéma britannique, je peux même dire que devant le cinéma hollywoodien, européen et asiatique ou indien, c’est le cinéma britannique qui m’intéresse et me plaît le plus. Du coup, j’aime découvrir encore et toujours de nouveaux talents venant d’Angleterre et des Commonwealth. Aujourd’hui, venu tout droit d’Angleterre et plus précisément de sa magnifique région des Cornouailles, je m’arrête sur Nigel Cole. Bon comme ça, c’est vrai que le nom du cinéaste n’évoque pas grand-chose, et pourtant, c’est un petit réalisateur qui mériterait plus de lumière, offrant un cinéma frais, bien souvent entre le social anglais et la comédie.

Dans les années 90, Nigel Cole s’est fait la main sur quelques épisodes de séries télé comme « In the Wild » ou « Médecins de l’ordinaire« . Pour commencer le nouveau millénaire qui se présentait, Nigel Cole est alors passé du petit au grand écran, réalisant ainsi son premier long-métrage, « Saving Grace« , une petite comédie pleine d’un charme typiquement britannique. Frais, amusant, un brin déjanté avec son humour et son raffinement So Bristish, le tout saupoudré de social, « Saving Grace » s’impose comme un petit film tout à fait adorable, devant lequel on passe un bon petit moment de cinéma.

En Cornouailles, dans le village de Port Issac, Grace, la cinquantaine bien passée, vient de perdre son mari. Connue et adorée des villageois, Grace va faire ce qu’elle peut pour garder la tête haute, mais très vite, après la mort de son époux, Grace, cette passionnée de jardinage, découvre que son mari lui a laissé une montagne de dettes et ces dernières vont être terriblement difficiles, voire même impossibles à rembourser. Mais voilà, comme on le disait, Grace est une passionnée de jardinage, il se murmure même qu’elle peut sauver n’importe quelle plante. Alors quand Matthew, un jeune du village qui travaillait pour Grace, lui demande de « réparer » ses pouces de cannabis, il lui vient une idée. Une idée qui pourrait bien la sortir de la situation dans laquelle elle se trouve.

Adorable, c’est bien le mot qui me vient en tête en premier quand je repense à ce petit bout de cinéma qu’est le premier film du méconnu Nigel Cole. Adorable, puis plaisant et amusant, « Saving Grace » est un film devant lequel on s’amuse beaucoup. Entre comédie et film tenant un soupçon de social, avec cette vieille femme face aux banques, Nigel Cole nous entraîne donc dans une petite mésaventure comme on les aime.

Bon, il est vrai que le scénario n’a rien d’extraordinaire en soi. On peut même dire qu’il demeure assez simple et plutôt prévisible, quoi que certains retournements de situation sont plutôt bien vus et pour le coup, vers la fin, on ne les voit pas arriver. Mais bon, sur l’ensemble, il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour comprendre ce qui va se jouer. Pour pallier à cela, « Saving Grace » a une belle artillerie, et c’est ainsi que Nigel Cole présente de beaux personnages, nous offrant tout un petit panel de caractères et mais aussi de sous-intrigues qui donnent un joli fond et un bel intérêt en plus au film en lui-même. On aura de très belles envolées, comme ce qui est fait autour du personnage de Matthew et sa « girlfriend ». On aura aussi pas mal d’humour venant des habitants de ce village, ce qui nous fera sourire à plus d’un instant, en plus de rendre l’ensemble très attachant.

Puis évidemment, il y a Grace, qui, si le monde adorable devait avoir une définition, il serait elle. Grace, c’est la grand-mère, ou la mère, qu’on a tous envie d’avoir et Brenda Blethyn est absolument divine dans sa peau. Drôle et touchante en même temps, naïve et sûre d’elle à la fois, timide et déjantée, Grace est toute en nuances et on l’adore tout simplement. Du côté des personnages et donc de leurs acteurs, il est étonnant de trouver Tchéky Karyo dans ce film, et il est encore plus étonnant de le voir tenir un rôle cliché au départ et finalement à mille lieues de ce que l’on aurait pu imager.

Du côté de sa réalisation, « Saving Grace » est un bon petit film qui a ses défauts et ses qualités. Ainsi, il manquera peut-être de piquant et de caractère, il sera parfois un peu décousu, notamment quand l’intrigue nous emmène à Londres. Mais face à cela, on préférera lui retenir sa bonne humeur générale, le charme de sa comédie mélangée à ce fond social. Puis, il y a les superbes paysages de la Cornouaille, Nigel Cole ayant fait de la région et le village de Port Issac un personnage à part entière. On notera aussi le bon sens de l’humour et de la plume de son réalisateur et ses scénaristes, ce qui donnera naissance à des scènes assez drôles, les deux petites vieilles dans leur boutique étant bien trop communicatives, pour le meilleur et le meilleur.

Ainsi donc, « Saving Grace » est un film adorable. Oui, je le répète, mais c’est bien ce mot qui à mes yeux décrit au mieux le film de Nigel Cole et plus largement beaucoup de son cinéma. Drôle, rafraîchissant, un brin déjanté, si « Saving Grace » n’est pas un grand film, il est assurément un morceau de cinéma qui fait du bien et qui mérite d’être plus connu.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

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