décembre 9, 2021

Closer, Entre Adultes Consentants

Titre Original : Closer

De : Mike Nichols

Avec Julia Roberts, Jude Law, Natalie Portman, Clive Owen

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Romance

Résumé :

Larry, médecin, aime Anna, photographe, qui le trompe avec Dan. Alice, stripteaseuse, aime Dan, écrivain et manipulateur, mais le trompe quand même avec Larry.
A un niveau extrême, deux hommes et deux femmes vont jouer le jeu pervers de la séduction et du désir. Alternant manipulations et trahisons, ils entament un diabolique chassé-croisé amoureux dont personne ne sortira indemne.

Avis :

« Qui a peur de Virginia Woolf ?« , « Le lauréat« , « Le Mystère Silkwood« , « Working Girl« , « Wolf« , on ne présente plus le cinéma de Mike Nichols, réalisateur américain dont la carrière s’étale sur plus de cinquante ans. Peuplé de hauts et de bas, dans la dernière partie de sa carrière, à partir des années 2000, le réalisateur ne nous a proposés que trois films, « De quelle planète viens-tu ?« , « Closer, entre adultes consentants » et « La guerre selon Charlie Wilson » et c’est sur cette avant dernier film et dernier succès de Mike Nichols sur lequel on va s’arrêter aujourd’hui.

« Closer, entre adultes consentants » est donc l’une des dernières pépites que nous a offert Mike Nichols avant de nous tirer sa révérence.

Film complexe et hypnotique, aux différentes facettes, « Closer … » est un chassé-croisé amoureux et manipulateur qui nous tient intrigué pendant presque deux heures. Parfaitement écrit, mis en scène avec beaucoup d’élégance et porté par un quatuor d’acteurs au sommet, « Closer … » se pose comme un grand moment de subtilité et de cinéma, tout simplement.

Larry est médecin. Un après-midi, il rencontre Anna, dont il tombe fou amoureux. Anna aime Larry, mais elle se laisse séduire par Dan, un écrivain mystérieux, charmeur et manipulateur. Dan sort avec Alice, une jeune femme new-yorkaise venue se perdre à Londres. Et même si elle est avec Dan, Alice se laisse séduire par Larry. Entre ces quatre hommes et femmes commence alors un chassé-croisé amoureux, autant beau qu’il peut être triste. Un chassé-croisé euphorique ou dramatique. Un chassé-croisé érotique ou frustrant. Un chassé-croisé intense où personne finalement ne ressortira comme il l’était au départ.

Je ne sais pas pour vous, mais il y a des films comme ça, où dès les premières minutes, on sait qu’on a à faire à quelque chose de différent. Quelque chose qui va nous prendre et faire de nous ce dont il a envie. Et nous, nous sommes prêts à le suivre n’importe où. Cette sensation unique et géniale, on la ressent dès l’ouverture, qui s’apparente à elle seule comme un chef d’œuvre de rencontre, de romantisme et de bonheur. Dès les premières minutes, « Closer, entre adultes consentants » dégage quelque chose de différent. Ce film, c’est une étincelle incroyablement brillante qui va peu à peu se transformer en le plus beau des brasiers.

Si vous cherchiez un film simple qui donne toutes les réponses et fait dans la facilité, alors passez votre chemin, car cet avant-dernier cru de maître Nichols est bien loin de toute évidence. Ici, Mike Nichols livre un film de dialogues, de subtilités et de séductions. Un film qui prend et surprend son spectateur par la haute volée de son écriture. Une écriture toute en nuance où se mélange vérités et mensonges, désirs et pulsions. Une écriture qui parle crument et donne aussi énormément dans la suggestion. Une écriture qui apporte des dialogues justes et beaux. « Closer …« , c’est deux heures de piquant, de mordant, d’intrigue, c’est deux heures d’amour et de haine qui seront parfois terriblement violentes, au service de quatre portraits crus, magnifiques et tout en nuances.

Très haché dans son déroulement, Mike Nichols ne cesse de faire évoluer ses personnages sur plusieurs années. Des années mises en scène à la perfection, dont le réalisateur choisit de ne nous montrer que les moments les plus forts et cruciaux, nous laissant imaginer le reste.

Un choix audacieux qui aurait pu aussi nous laisser sur le carreau, tant parfois les ellipses sont grandes, mais c’était sans compter sur le talent et même le moment de grâce de Mike Nichols qui nous tient en permanence et jamais, ô grand jamais, il ne nous perd dans son récit.

Un récit qui est par ailleurs parcouru de fulgurances. Des moments implacables et marquants qui sont de véritables chefs-d’œuvre à eux seuls. On pense d’emblée à la scène de striptease de Natalie Portman et Clive Owen. On pense à l’ouverture du film évidemment, on pense à la séance de photographie entre Julia Roberts et Jude Law. La rencontre aussi entre Julia Roberts et Clive Owen, ou encore un chat internet… Bref, « Closer … » est une leçon incroyable de cinéma qui détient des moments inoubliables et dont le final mystérieux et loin d’être convenu, posant une véritable question sur tout le film et ses relations. Derrière l’amour, derrière les sentiments, derrière la sincérité, est-on vraiment sûr de se connaître ? Porte-t-on assez attention à l’autre ? S’intéresse-t-on assez à l’autre ? Des questions auxquelles le réalisateur et ses personnages ne répondent pas et laissent chacun libre de l’interprétation qu’il veut.

« Closer, entre adultes consentants« , c’est quatre acteurs à l’était de grâce. C’est quatre comédiens dirigés de main de maître. Mike Nichols tire l’incroyable de chacun d’eux et offre à ses comédiens des rôles qui sont des pierres angulaires de leur carrière. Julia Roberts, Natalie Portman, Clive Owen et Jude Law ont rarement été aussi bons, aussi imprégnés, aussi bien filmés dans les années 2000 que devant la caméra de Mike Nichols.

« Closer, entre adultes consentants » est donc un film magnifique et magistral, où les sentiments, les émotions, les personnages et les dialogues, sont à fleur de peau. Incroyablement écrit, réaliste, violent, percutant, hypnotique, suggéré, bouleversant, Mike Nichols nous offre ici l’un de ses derniers bijoux, si ce n’est son dernier bijou.

Note : 18/20

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=oIZfqgEILl8[/youtube]

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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