juin 22, 2021

Glengarry

Titre Original : Glenngary Glen Ross

De : James Foley

Avec Al Pacino, Jack Lemmon, Alec Baldwin, Alan Arkin

Année : 1993

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame

Résumé :

Chez Mitch & Murray, une importante société immobilière, la compétition entre vendeurs est impitoyable. Lorsqu’on annonce à ces derniers une restructuration complète des effectifs, c’est la panique. Les meilleurs garderont leur place à l’issue d’une épreuve, les autres seront tout simplement licenciés. La guerre commence parmi les vendeurs…

Avis :

Débutant dans les années 80, James Foley fut un temps un réalisateur qui avait un bel avenir devant lui. Des films comme « Un chien enragé« , « Reckless« , « La mort sera si douce« , « Fear » ou encore ce « Glengarry« , on fait les belles heures du metteur en scène américain. Puis il y a les années 2000 qui n’ont pas été incroyables pour James Foley, qui petit à petit livrera des films de plus en plus inégaux, au point d’aller réaliser après une dizaine d’années passées à la télé, les suites de « Cinquante nuances de Grey« …

Mais avant de sombrer, James Foley tenait de bons films et aujourd’hui, on s’arrête sur un bon cru pour le réalisateur puisqu’il s’agit de « Glengarry« . Porté par un casting hallucinant, scénarisé par la crème de crème de l’époque, David Mamet, « Glengarry » est une bonne et sombre plongée dans une petite société immobilière. Panique, rivalité, tirade, pression, cynisme, sont au cœur de cette heure quarante d’un pessimisme absolu. S’il faudra bien avouer que le film ne révolutionnera pas grand-chose et se posera même comme assez pépère, il n’en reste pas moins qu’il mérite amplement le détour pour ses performances d’acteurs qui nous scotchent du début à la fin.

Chez Mitch & Murray est une petite agence immobilière, dont les chiffres ne sont pas bons. Les employés ont du mal à vendre, et ont même tendance à s’enliser sur leurs acquis. Un soir, les vendeurs de l’agence vont avoir un sacré coup de fouet quand venu de la maison mère, Blake, la quarantaine, vient leur annoncer un concours. Ceux qui l’emporteront resteront et les autres seront mis manu militari à la porte… Au sein de Chez Mitch & Murray, c’est désormais la panique parmi les vendeurs qui doivent retrouver la niaque.

Adapté d’une pièce de théâtre de David Mamet, « Glengarry » est un film très intéressant de par ce qu’il va raconter de l’entreprise, des défis et de ce que l’on est prêt à faire pour arriver à ses fins. Autant qu’on se le dise, si jamais les films bavards ce n’est pas votre came, alors passez votre chemin, car le film de James Foley n’ait que ça, un enchaînement de dialogues et de tirades. Des dialogues et des tirades qui sont pourtant passionnantes, car au travers d’elles, James Foley parle aussi bien de l’entreprise, de la pression que cette dernière peut instaurer, que de la vie en dehors du travail. Technique de vente, rivalité entre les vendeurs, capitalisme, du chiffre, encore et toujours du chiffre, envie de rester au top, devoir même de rester au top, « Glengarry » est un film qui dépeint avec sévérité et cynisme le monde de l’entreprise, en dressant des portraits tour à tour drôles, pathétiques, tristes, et désespérés. D’ailleurs, c’est à travers ces portraits et les actions de ces personnages que le film de James Foley se fait prenant et nous emporte vers « cette révélation finale », dramatique et touchante.

« Glengarry« , c’est aussi des dialogues assez incroyables. Le film est parcouru de répliques cinglantes et de scènes de confrontations percutantes. James Foley arrive sans mal à tenir l’intérêt et la tension de son film, du début à la fin. Le film nous entraînera vers des moments assez forts, le monologue d’Alec Baldwin par exemple est assez fou et pourrait prétendre à devenir culte. On retiendra les envolées enflammées d’Al Pacino ou encore, et c’est peut-être là que le film est le plus intéressant et le plus touchant, les confrontations entre Jack Lemmon et Kevin Spacey. Dur, révoltant, pessimiste, le film tient une superbe construction autour du personnage de Jack Lemmon. Un personnage tenu par un immense Jack Lemmon, loin de l’image qu’on a l’habitude de lui connaître.

Si le scénario de « Glengarry » est aux petits oignons, le film de James Foley tient ses petites failles, notamment en ce qui concerne son rythme qui, si l’on reste pris dans l’intrigue et dans ses dialogues, l’ensemble se fait un peu longuet, notamment à cause d’une mise en scène qui n’a rien de vraiment marquante. « Glengarry » est un film pépère et s’il est mis en scène de façon élégante, profitant bien de ses scènes de dialogues, il ne marquera pas autant qu’on s’y attendait et au final, au sortir du film, « Glengarry » est bien plus tenu grâce à ses comédiens et la puissance de ces derniers, que par les idées de mise en scène de Foley.

Bavard mais passionnant et pertinent, si « Glengarry » ne marque pas plus que ça, dans sa façon de raconter son intrigue, il n’en demeure pas moins un bon film qui tient le coup par ses envolées, ses tirades et l’interprétation sans aucune faille de ses comédiens, tous passionnés par leurs personnages. Drôle parfois, mais surtout sombre et cynique, « Glengarry » finit par marquer par ce qu’il dit de l’entreprise, de la politique du chiffre et de la pression qui est mise sur ses employés, qui seront prêts à tout pour réussir. Bref, peut-être pas le meilleur des James Foley, mais assurément « Glengarry » fait partie des films qu’on retiendra très facilement du réalisateur. En somme, une belle découverte.

Note : 13/20

Par Cinéted

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