octobre 20, 2021

Kaleo – Surface Sounds

Avis :

Quand on pense à l’Islande, d’un point de vue musical, on a plutôt tendance à s’imaginer des rythmes lancinants et quelques chants vikings pour aller chasser la baleine et le dauphin. Pourtant, le groupe le plus connu d’Islande n’a aucune velléité envers les mammifères marins, et si on écoute d’une oreille, on aurait même tendance à croire qu’ils sont américains. Déboulant chez nous en 2016 avec l’album A/B, Kaleo a frappé un grand coup en nous assénant des tubes coup sur coup, comme Way Down we Go ou I Can’t Go On Without You, des mélodies rock/folk bluesy porté par la voix rocailleuse du leader JJ Julius Son. Après un tel bonheur auditif, on attendait avec impatience le second effort des islandais, qui aura mis du temps à nous parvenir. Prévu pour 2020, lancé avec deux singles, la pandémie retardera son arrivée jusqu’en Avril 2021.

Une attente insupportable, autant pour le groupe que pour les fans, qui avaient de quoi se mettre sous la dent avec I Want More et ses jolis sifflements résolument pop, ou encore Break my Baby et ses allures de blues rock qui monte crescendo. Ce que l’on aurait pu craindre avec ce second opus, c’est la redite ou parfois des tics un peu trop forcés pour effacer ses origines islandaises. Mais on sera vite rassuré. Dès le premier titre, Kaleo prouve qu’il n’a rien perdu de sa superbe et déroule un album complet, réussi et varié. Brother Run Fast ouvre le bal et on se retrouve face à un titre à l’image du groupe. Un savant mélange de folk et de rock, qui est à la fois touchant et qui monte doucement vers une émotion de plus en plus prégnante. On retrouvera un peu de cela avec Break my Baby.

Le morceau est plus rock, plus emporté, mais il marque aussi l’empreinte de son chanteur qui nous fait part de ses plus belles envolées vocales, partant dans une voix de tête lors des refrains, pour redescendre durant les couplets. Sa performance est très impressionnante et il fait chavirer nos cœurs à chaque fois. Et pour cela, il n’a pas besoin d’une grande orchestration autour de lui. Prenons le titre My Fair Lady. Cette ballade, très belle, n’est portée que part la voix du chanteur et une guitare sèche. Sans atour sophistiqué, sans gros son, le chanteur nous amène très loin dans la douceur et il semblerait que ce titre soit le plus approprié pour nous charmer. Et même si on sent que parfois, ça force un peu sur le côté tendre de la chose, ça reste vraiment bien fichu. On retrouvera un peu de cela dans Into my Mother’s Arms.

Mais attention, Kaleo, ce n’est pas seulement des titres lents et touchants, c’est aussi un rock énervé et puissant. Un peu à la manière d’un Rolling Stones (la comparaison est flatteuse), avec Alter Ego, le groupe démontre son savoir-faire en hit rock et dansant. Dans un rythme effréné, les islandais nous fournissent une bonne dose de riffs endiablés et d’envie de bouger dans tous les sens. On aura même droit à un joli solo qui s’imbrique parfaitement dans le titre, qui fleure bon les concerts. Dans le même registre, on se surprendra à danser sur Hey Gringo, tube idéal pour faire la fête. Armé de cuivres, le morceau fleure bon les fêtes latines et la fumée des cigarettes. Peut-être l’un des meilleurs morceaux de l’album, qui, en plus, reflète parfaitement l’esprit du rock du groupe.

Entre les ballades bluesy et les morceaux plus nerveux, on trouve aussi des titres qui sont entre les deux. Des plages qui montent petit à petit, et qui trouvent un bel équilibre entre émotion et énergie. L’exemple le plus flagrant reste Skinny, qui raconte la pression des fans sur certaines stars, qui se sentent obligées d’être tout le temps belles sous peine de recevoir un flot d’insultes. Si le titre est relativement calibré, il reste puissant dans sa montée et dans son texte. Encore une fois, la voix du chanteur fait le reste pour nous embarquer. Backbone démarre de façon très calme, mais décolle sur la fin pour nous toucher une plus profond avec la voix éraillée du chanteur qui chanteur « where’s your backbone brother » et c’est d’une beauté incroyable. C’est d’ailleurs sur ce titre que le grain de voix de JJ Julius Son est le plus remarquable.

Au final, Surface Sounds, le dernier effort de Kaleo, qui aura mis du temps à nous parvenir, est une véritable petite pépite. Un album rock aux consonances folk/blues parfaitement maîtrisées qui trouve un bel équilibre entre ballades et titre plus puissants. La voix du frontman est envoûtante à souhait et on ressent toutes les influences du groupe, qui sait parfaitement les digérer pour nous fournir un album complet et réussi. Kaleo, injustement trop peu connu chez nous, est un groupe sur lequel il va falloir compter dans les années à venir.

  • Brother Run Fast
  • Break my Baby
  • Alter Ego
  • Free the Slave
  • Skinny
  • Hey Gringo
  • My Fair Lady
  • I Want More
  • Backbone
  • I Walk on Water
  • Into my Mother’s Arms

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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