mai 11, 2021

Hansel & Gretel, Agents Secrets

Titre original : Secret Magic Control Agency

De : Aleksey Tsitsilin

Avec les Voix Originales de Alyson Leigh Rosenfeld, Courtney Shaw, Erica Schroeder, Georgette Reilly

Année : 2021

Pays : Russie, Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Désormais agents secrets, les personnages du célèbre conte Hansel et Gretel mobilisent magie, intelligence et travail d’équipe pour retrouver un roi disparu.

Avis :

De nos jours, l’animation a atteint un tel niveau que parfois, on a la sensation d’assiste du photoréalisme. Chez Pixar notamment, les décors et autres moments d’animation sont très impressionnants, cherchant dans le moindre détail, comme les poils d’un pull. Cependant, certains studios misent plutôt sur de l’animation particulière pour se démarquer. Aardman continue sur sa pâte à modeler, alors que d’autres vont utiliser des graphismes plus cubiques pour se détacher et avoir une identité visuelle. Ainsi, c’est bien souvent dans les studios indépendants que l’on retrouve des films d’animation très particuliers, mais parfois réussis. Est-ce le cas de ce Hansel & Gretel, Agents Secrets, disponible sur Netflix depuis fin Mars ? Pas vraiment. Si on peut compter sur un bon rythme et des références en pagaille, le film n’arriva pas à être intéressant. Pourquoi ?

La pâte de la discorde

Le scénario du film demeure assez étrange et bouffe un peu à tous les râteliers. Ainsi, on va suivre Gretel, la meilleure agente de la société qui contrôle la magie et arrête les fraudeurs. Elle va devoir mener l’enquête sur l’enlèvement du roi, mais elle fait chou blanc. Sa patronne décide alors de lui imposer son frère, Hansel, un magicien de pacotille, mais qui se révèle très habile de ses doigts pour déjouer certains tours. Alors qu’ils mènent l’enquête, ils vont se transformer en enfants, et malgré tout découvrir qui est derrière ce kidnapping. Comme on peut le voir, l’histoire est assez simple et s’adresse principalement aux enfants. Le fait de transformer les protagonistes en gosses va permettre aux plus jeunes de bien s’identifier à eux. Et on va vite sentir que le film est très enfantin dans ce qu’il raconte, aussi bien dans son fond que dans sa forme.

Ici, on va avoir droit à une sœur, très sérieuse, qui ne supporte pas son frère, insouciant et déluré. La première est cynique, ne pense qu’à sa propre réussite, alors que le deuxième, sous ses airs égoïstes, pense aux autres et offre de l’argent pour sortir les gens de la misère. Bien entendu, le film va jouer sur les préjugés, sur le fait de juger une personne sur son apparence, sur son style, et pas sur ce qu’elle est au fond. Le film joue aussi à fond la carte de la fraternité. Du fait qu’un frère et une sœur sont faits pour s’entendre et que parfois, il faut faire des efforts pour découvrir l’autre, pour l’accepter tel qu’il est, malgré ses différences. Ce message s’adresse bien évidemment aux enfants qui ont des frères et des sœurs, les poussant à bien s’entendre, à jouer ensemble.

Pâte molle

Un message simple, un peu bateau, mais qui va faire le taf auprès des chères têtes blondes. Cependant, c’est chez les adultes que le film va paraître bien fade. En règle générale, les films d’animation ont toujours deux niveaux de lecture. L’un pour les enfants, avec un message bienveillant et simple. L’autre pour les plus grands, avec une critique d’une société qui parait parfois trop factice. Avec ce film, il n’en sera rien. Si on joue sur les préjugés et que l’on transforme certains méchants en gentils et vice-versa, on reste dans quelque chose de très binaire et sans grand intérêt. Il manque au film un fond qui aurait pu nous accrocher. Comme il lui manque un univers plus dense et plus intéressant. On navigue en eaux connues, avec ce qu’il faut de créature magique et de sorciers de pacotille.

La seule grosse nouveauté est que la grande méchante parait très gentille de prime abord. On aura droit à une sorcière gourmande, pâtissière, qui veut devenir reine pour avoir des pouvoirs. Sous ses airs débonnaires et sa générosité se cache en fait une mauvaise personne. On sent aussi que le film veut faire des références à de nombreuses choses. Tous les contes y passent, même la Baba Yaga, puisque le réalisateur est russe. Déjà habitué à parodier les contes, Aleksey Tsitsilin (La Princesse des Glaces et Gare au Loup 2) se lâche ici et fait des références à tout va. Et si on aura quelques bonnes idées, force est de constater que ça ne sert pas vraiment le récit. Et certains passages seront même gênants, comme le parc aquatique des sirènes, sanctuaire des puputes de service. L’univers manque d’originalité, de profondeur et c’est dommage.

Pâte en croûte

Enfin, l’autre point indéfendable de ce film d’animation, c’est le graphisme général. Si on atteint aujourd’hui des sommets dans la qualité graphique, on ne peut pas dire que Hansel & Gretel, Agents Secrets va nous faire sauter en l’air. Bien au contraire, le film accumule des années de retard. Que ce soit dans les bouilles des personnages, les créatures, les textures, les décors, tout semble dénué de vie. Les plans larges qui veulent montrer de beaux décors sont risibles et vides. Il en va de même lorsque l’on nous présente de petits personnages rigolos, comme les cupcakes vivants. C’est lisse, c’est moche et on voit que ça lorgne du côté des Minions, mais sans le talent graphique. Ou sans les moyens, puisque le film est une production russe et on peut penser que ça n’a pas l’envergure d’un Pixar. Etrange d’ailleurs que Netflix mette ça en avant…

Au final, Hansel & Gretel, Agents Secrets est un dessin animé très décevant. Non pas que l’on en attendait beaucoup de ce film, mais malgré tout, ça reste assez triste de voir un tel produit mis en avant sur la plateforme. On pourrait presque croire à un transfuge des films d’animation Barbie, avec un autre univers et des personnages un peu plus travaillés. Il n’empêche que le film n’a pas vraiment d’identité visuelle, qu’il lui manque un sujet plus profond et surtout, il ne sort pas des sentiers battus avec des héros stéréotypés et leur chien tout mignon…

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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