mai 17, 2021

Le Dernier Vice-Roi des Indes

Titre Original : Viceroy’s House

De : Gurinder Chadha

Avec Gillian Anderson, Hugh Bonneville, Manish Dayal, Huma Qureshi

Année : 2016

Pays : Angleterre, Inde

Genre : Drame, Historique

Résumé :

Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille.
Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, « Dickie » Mountbatten devra préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévu. Après d’âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n’aura d’autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan.
Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés.
La décision de Lord Mountbatten va provoquer l’un des plus grands déplacements de population de l’Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

Avis :

Gurinder Chadha est la plus Indienne des réalisatrices britanniques. D’origine indienne, le cinéma de Gurinder Chadha est parsemé de ces couleurs et ces influences, et ça dès son premier film « Une balade à Blackpool » sorti en 1993. Si la réalisatrice reste assez discrète, elle peut se vanter d’avoir une comédie culte à son actif, la très sympathique « Joue-là comme Beckham » ou encore et dernièrement le très beau « Music of my life« .

L’Inde fait donc partie de l’empreinte pelliculaire et narrative de Gurinder Chadha et quoi de plus logique alors que la réalisatrice ait l’envie de parler directement de l’Inde et de son histoire. Ainsi, après vingt ans de carrière, la metteuse en scène s’aventure dans la grande histoire, et livre-là avec « Le dernier Vice-roi des Indes » l’un de ses plus beaux films, si ce n’est même son plus beau, et aussi l’un de ses plus personnels, entre réalité et fiction, Gurinder Chadha, tout en parlant de l’un des plus grands et tragiques événements de l’histoire de l’Inde, parle aussi indirectement d’elle et de sa famille, et le résultat est bouleversant !

Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille. Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-roi des Indes, « Dickie » Mountbatten devra préparer le pays à l’indépendance. Mais la tâche s’avérera bien plus ardue que prévue. Après d’âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n’aura d’autres choix que d’entériner la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan.

Bouleversant et passionnant, « Le dernier Vice-roi des Indes » amène sa réalisatrice Gurinder Chadha vers des sommets. Mêlant très habilement grandes et petites histoires, « Le dernier Vice-roi des Indes » est le genre de film qu’on aimerait voir bien plus souvent.

Pour son septième film, la metteuse en scène a choisi d’explorer un sujet ô combien passionnant, les derniers moments de l’Inde Britannique et ce moment où l’Inde a gagné son indépendance et dans ce sillage, le monde aura vu la création d’une nouvelle nation, le Pakistan. Le sujet est terriblement riche et terriblement complexe à la fois et le moins que l’on puisse dire, c’est que Gurinder Chadha a mis du cœur à l’ouvrage. Doté d’une reconstitution impeccable, « Le dernier Vice-roi des Indes » nous plonge directement au cœur de son problème et finalement, on aurait envie de reprocher à la cinéaste que son film soit trop court, tant ce dernier enchaîne les intrigues, les rebondissements et va même jusqu’à offrir à cet immense plan un petit côté thriller qui est le bienvenu, car il rend le tout encore plus passionnant que le film ne l’est déjà.

L’indépendance de l’Inde est un bouleversement dans l’histoire, et « Le dernier Vice-roi des Indes » tient un scénario impeccable. À travers ce dernier, Gurinder Chadha explore tout ou presque des mois qui ont précédé cet événement. Politique, magouille, envie de bien faire, trahisons, tensions, guerre de religion, mésententes, manipulation, tragédie, exode, Gurinder Chadha mesure avec énormément de justesse et de profondeur la difficulté de la tâche, « l’horreur de la liberté » qui a emporté bien des vies à ce moment-là, la tension des conflits au sein du peuple indien, qui finira par se scinder en deux. Les responsables politiques se croisent, discutent, mais aucun ne s’écoutent vraiment, puis au-delà de ça, se joue une répartition vicieuse. Le tout est passionnant, et Gurinder Chadha arrive sans aucun mal à mettre en scène le profond bouleversement. Elle le montre à l’échelle du pays, qui sombre petit à petit dans l’horreur des massacres, mais elle le montre aussi à l’échelle humaine, montrant les désaccords à l’intérieur même des couloirs et coulisses du Palais du Vice-roi. D’ailleurs, c’est peut-être de ce côté-là que le film est encore plus intéressant, car les personnages prennent de jolies dimensions, et parfois, un regard est plus fort que toutes les grandes émeutes et autres massacres. Bref, ce scénario est bouleversant de base et dans les mains passionnées de Gurinder Chadha, c’est encore plus terrible, car on sent que la réalisatrice a l’envie profonde de raconter cette période au plus juste.

Cette justesse, on la retrouve aussi dans la mise en scène de Gurinder Chadha, car en plus d’avoir les moyens de sa reconstitution, la réalisatrice a réussi un film qui joue sur plusieurs cordes. Aussi, film historique qui arrive comme je le disais à montrer l’ampleur de la tâche, tout en arrivant en permanence à livrer le tout à hauteur d’homme, « Le dernier Vice-roi des Indes » se posera aussi comme un excellent film politique (on notera aussi l’impartialité de la réalisatrice, qui montrera tous les côtés, les bons comme les mauvais, des Anglais, des hindous et des musulmans), un très beau film d’amour qui ne sombrera jamais dans le pathos. Le film sera un beau drame, et certaines fois, on appréciera l’idée de filmer cette partition comme un thriller. Bref, si l’on ajoute à cela une superbe photo, des plans tous plus beaux les uns que les autres, un rythme soutenu, une très belle BO qui souligne parfaitement les émotions et les événements et enfin, un casting absolument royal, Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Gureshi, Om Puri (qu’on ne voit jamais assez), Neeraj Kabi ou Michael Gambon

Gurinder Chadha s’est donné du mal, et elle a vu les choses en grand, et surtout, au-delà de ça, elle pose ici, et maintenant, j’en suis convaincu, son meilleur film. Un film passionnant de par son sujet et la façon dont la metteuse en scène a de la traiter. Un film émotionnellement bouleversant, qui ne sombre jamais dans le pathos. Et enfin, un film qui réservera un dernier événement lors de son générique. Un petit détail qui confortera dans l’idée que de tous les films de Gurinder Chadha, c’est bien celui-ci son plus personnel.

Bref, je pensais trouver un film intéressant, et finalement, « Le dernier Vice-roi des Indes » s’est posé comme un immense coup d’amour !

Note : 18/20

Par Cinéted

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