octobre 5, 2022

La Maison de Cire

Titre Original : House of Wax

De : Jaume Collet-Serra

Avec Elisha Cuthbert, Chad Michael Murray, Brian Van Holt, Jared Padalecki

Année : 2005

Pays : Etats-Unis, Australie

Genre : Horreur

Résumé :

Un groupe d’amis se rendant au match de football de l’école devient la cible de deux assassins dans une ville abandonnée. Ils découvrent que ces hommes ont développé la plus grosse attraction du coin – la Maison de cire – en créant une bourgade peuplée de personnages de cire, confectionnés à l’aide des corps de visiteurs malchanceux. Les jeunes gens doivent maintenant trouver un moyen de s’enfuir avant de devenir eux-mêmes les acteurs de ce funeste théâtre…

Avis :

Il y a des réalisateurs qui, dès leur premier film, percute et démontre un savoir-faire inné. C’est un peu le cas de Jaume Collet-Serra. Si aujourd’hui il est connu pour ses collaborations avec Liam Neeson (Sans Identité, Non-Stop, Night Run, The Passenger), il a commencé dans l’horreur. Un genre qu’il n’a jamais vraiment quitté, puisqu’on retrouvera dans sa filmo quelques autres films de genre (Instinct de Survie et Esther notamment). Mais avant de devenir un cinéaste en vue pour faire dans du Disney (Jungle Cruise) et du super-héros (Black Adam), Jaume Collet-Serra a versé dans le slasher crado avec La Maison de Cire. Véritable opéra macabre où un casting de série se fait défoncer la tronche par deux frères maniaques, ce premier film est une belle réussite, malgré quelques moments convenus. Retour donc sur l’un des meilleurs films d’horreur des années 2000.

La maison de cire House of wax 2005 RŽal. : Jaume Collet-Serra Chad Michael Murray Elisha Cuthbert Collection Christophel

La cire humaine

Le scénario de La Maison de Cire est très simple. Une bande de jeunes veulent assister à un match de football américain et sont à la bourre. Ils prennent donc un raccourci qui les amène dans une village abandonné où trône un musée de cire, entièrement en cire. Des murs au plafond. Tout ce petit monde va alors en prendre plein la trogne par deux frères qui sont bien décidés à les transformer en statues pour parfaire leur œuvre. Une course pour la survie se met alors en jeu. On pourrait qualifier La Maison de Cire comme un bête slasher bas du front, mais ce serait bouder son plaisir. Car derrière le scénario qui tient sur un timbre-poste, il y a une certaine générosité qui va prendre différentes formes. En premier lieu, le film a conscience de la faiblesse de son scénario.

Et pour combler cette lacune, il va fournir des personnages intéressants. Inégaux, mais qui possèdent leurs caractéristiques. On va donc suivre deux couples, bien différents, et pourtant amis. D’un côté, on a le gentil garçon qui sort avec la gentille fille. Et de l’autre, on a le couple plus tape à l’œil, qui aime faire du bruit et se faire remarquer. Au milieu de ça, on a le frère de la gentille du groupe, un type sombre qui a fait de la prison pour vol de voiture, et son meilleur ami, un suiveur con comme un manche. Le fait est que le film propose de voir des jeunes différents qui s’amusent ensemble mais qui n’ont pas les mêmes valeurs humaines. Le frère un peu ténébreux cache son jeu et se révèle être un type au grand cœur. Alors que le petit ami est plus simple, plus transparent et cela va se traduire par un sort rapide. Les méchants sont rapidement identifiés comme des tarés, et le tour est joué.

Sale cire

Outre des personnages un peu clichés mais qui fonctionnent car le réalisateur prend le temps de les présenter et de les développer un peu, La Maison de Cire gagne ses galons avec sa générosité sur le côté gore. Bien loin d’un vain slasher post 90’s, Jaume Collet-Serra propose du sang, des tripes et des boyaux. Le spectateur amateur de sang sera servi. Entre des décapitations, des statues qui se coupent et montrent de la chair à vif, quelques sévices non voulus ou encore de la chair putréfiée, on en a pour notre argent. Le cinéaste ne se refuse rien et démontre un sacré talent pour mettre en avant des trucs bien dégueulasses. Et le pire dans tout ça, c’est que cette générosité rompt avec la morosité des films de l’époque, qui étaient trop timides. La Maison de Cire est un vrai film d’horreur, avec de vrais tarés sans limites.

Mais au-delà de son aspect gore et de quelques passages presque drôles (le fameux doigt à travers la grille), le film propose une ambiance vraiment malsaine qui emprunte énormément à Massacre à la Tronçonneuse. Le village est déjà un tantinet angoissant. Mais ce n’est rien comparé au musée de cire, glauque à souhait avec ses statues figées, décor funeste et anxiogène. Le réalisateur soigne réellement son ambiance pour livrer un film poisseux, qui met mal à l’aise. Difficile d’oublier l’atelier du sculpteur en zoom arrière au moment de la première victime. Les teintes jaunes accentuent la sensation de chaleur, et la cire qui dégouline de partout rend l’ensemble sale et suintant. Ajoutons à cela quelques rednecks et cadavres d’animaux et la boucle est bouclée. La Maison de Cire propose une vraie virée en enfer.

Casting en série

Premier film pour Jaume Collet-Serra, on pourrait croire que le casting serait porté par de jeunes premiers, et ce n’est pas vraiment le cas. Elisha Cuthbert joue l’héroïne et elle le fait bien. Tête dure dans un premier temps, elle va souffrir un long moment avant de se faire secourir par son frère. Joué par Chad Michael Murray (Les Frères Scott), ce dernier est plutôt bon dans un rôle qui lui colle à la peau, celui du mauvais garçon pas si méchant que ça. Il est épaulé par Jared Padalecki (Supernatural) qui campe le petit ami gentil, et première victime inopinée. On peut aussi mentionner Jon Abrahams dans le rôle du débile ou Robert Ri’chard dans le beau gosse amateur de rap. Le seul miscast demeure Paris Hilton qui, témoin involontaire de sa tête creuse, se la fera transpercer sans mal par une barre de fer.

La maison de cire House of wax 2005 RŽal. : Jaume Collet-Serra Elisha Cuthbert Collection Christophel

Au final, La Maison de Cire reste, aujourd’hui encore, un slasher de qualité. Entre une ambiance délétère cradingue, des mises à mort gores et des sévices qui font mal (le coup de la cire qui se détache de la peau), ce premier film de Jaume Collet-Serra est une réussite. Si on peut pester contre un démarrage un poil longuet ou encore une histoire assez banale, il faut faire la fine bouche pour ne pas apprécier ce bout de bidoche à sa juste valeur.

Note : 16/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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