décembre 10, 2022

10 Bonnes Raisons de te Larguer

Titre Original : 10 Things I Hate About You

De : Gil Junger

Avec Heath Ledger, Julia Stiles, Joseph Gordon-Levitt, Larisa Oleynik

Année : 1999

Pays : Etats-Unis

Genre : Comédie

Résumé :

Au lycée de Padua, Bianca fait craquer tous les garçons, tandis que sa sœur ainée Kat aurait tendance à les faire fuir. Non qu’elle soit d’une laideur repoussante, ce serait plutôt le contraire, mais son caractère irascible et son comportement de rebelle ne la rendent pas très liante. Le père des jeunes filles est très strict quant à leur éducation et leurs sorties. Il accepte que Bianca flirte à condition que Kat en fasse autant. Autant dire que l’affaire n’est pas gagnée… Mais Cameron, qui est tombé amoureux de Bianca, imagine un plan tout simplement diabolique.

Avis :

Il fut un temps, dans les années 90, où la comédie pour adolescents était reine. Si le succès d’American Pie fin 1999 lança une réelle mode sur tous les genres possibles, certaines comédies sont apparues avant. Dont 10 Bonnes Raisons de te Larguer qui, derrière son titre français putassier, cache une adaptation libre de La Mégère Apprivoisée de Shakespeare. Dans la plus pure tradition des comédies américaines qui visent les ados, le film de Gil Junger (dont c’est le premier long) ne va pas créer de surprise. Il va constamment jouer sur le sexe et les bêtises des lycéens, les amourettes d’un moment et les sales gosses qui ne pensent qu’à niquer. Et pourtant, malgré son classicisme et ses retours assez froids de l’époque, le film reste un petit moment plutôt agréable, avec quelques répliques drôles, et surtout un casting de choix, avec notamment le regretté Heath Ledger.

L’amour par deux

Le scénario s’appuie sur deux sœurs totalement différentes. Si la première est un peu la coqueluche du bahut, l’autre est une féministe irascible qui s’attire souvent les foudres des garçons et des profs. Ces deux sœurs vivent avec un père qui s’inquiète pour leur avenir et gère strictement leurs sorties. Alors que le bal de fin d’année arrive à grand pas, et que la sœur populaire rêve de s’y rendre, le père impose une condition. Elle a le droit d’y aller si sa sœur y va. Sauf que cette dernière n’a aucune envie d’y aller. De ce fait, deux prétendants vont payer et aider un des bad guy de l’école à draguer et sortir avec la sœur pénible. Sauf que les sentiments vont prendre le pas sur les jeux de drague.

En bref, 10 Bonnes Raisons de te Larguer est une comédie ado comme on peut en voir des centaines, même de nos jours. Mais son cœur ne réside pas vraiment dans les blagues potaches, mais plutôt sur les sentiments des jeunes. On va avoir des caractères très différents qui rentrent dans des stéréotypes attendus. Parmi les deux sœurs déjà. La première est douce, belle et fait craquer deux types au lycée. Un jeune timide qui va devoir s’assumer, et la star de l’école, qui ne pense qu’à frimer. Cette sœur est marquée par son envie de plaire, mais va peu à peu se rendre compte de ses erreurs de jugement. A côté d’elle, l’autre sœur est totalement différente. Rebelle, colérique, elle semble intouchable et fait peur à tous les garçons. Le film va alors jouer avec cette dualité, sans pour autant rendre leur relation délétère.

C’est-à-dire que malgré les mésententes, elles restent sœurs et s’aiment. Cette simplicité sert réellement le récit.

Sent t’y ment

A côté de ces deux sœurs, on retrouve un panel de personnages intéressants qui sont autant de clichés que l’on peut retrouver dans les lycées américains. On commence avec le beau gosse de service. Prétentieux, pénible, égocentrique, il roule des mécaniques et cela marche pendant un temps sur l’une des deux sœurs qui va se rendre vite compte de l’erreur qu’elle commet. Son rival est le nouveau venu dans le lycée. Il est timide mais bienveillant, quitte à prendre la place du confident et du meilleur ami. Ces deux antonymes vont tourner autour de la même personne, et bien entendu, la morale approuvera le plus gentil des deux. Il faut dire qu’avec un film pareil, on sait déjà comment l’ensemble se termine et il n’y que peu de surprise, voire pas du tout.

Le troisième garçon est réellement le plus important. Il s’agit d’un nouvel élève, ténébreux, solitaire, et qui alimente les rumeurs sur son compte. C’est lui qui va être choisi pour draguer la sœur irascible, la mégère inapprivoisée. Là aussi, on est sur un cliché sur pattes. Le type joue de son image et il va montrer qu’il possède un cœur. Et qu’il tombe petit à petit amoureux de cette fille qui n’est comme ça innocemment. Tout ce petit monde se retrouve alors autour d’un mensonge, d’un pari stupide, mais comme on le sait avec ce genre de film, tout va finir par rouler sans problème. Et c’est peut-être là l’une des plus grosses faiblesses du film. Il manque de surprise, d’éléments un peu sulfureux ou de passages qui marquent. Contrairement à un American Pie, il lui manque un petit quelque chose pour le rendre vraiment bien.

Des tétons et de la bière

Et ce petit quelque chose vient certainement de l’humour du métrage. Aussi étonnant que cela puisse paraître pour du Touchstone qui apparaît sans censure sur Disney+, le film joue constamment sur le sexe. Et les blagues vont bon train là-dessus sans jamais vraiment y aller. On aura droit au type qui a une bite sur la joue. On aura droit à un moment qui met mal à l’aise lorsque l’une des deux sœurs montre ses seins à un prof. Et si certains moments sont drôles (le cours de tir à l’arc), ils restent peu nombreux et se délitent rapidement. Notamment car ils jouent avec un comique de situation burlesque et soudain, ou alors d’une punchline sortie de nulle part qui va faire mouche. On est loin de l’hilarité presque permanente d’un American Pie (encore lui!)

Et puis difficile aussi de rentrer dans le métrage avec une mise en scène aussi timide. Gil Junger est une figure du petit écran, et cela se sent. La mise en scène est propre, mais elle ne dégage rien. Il n’y a pas de recherche dans la lumière, dans l’éclairage, dans la photographie. Et finalement, le seul point fort de l’image reste ce lycée incroyable, reste d’un hôtel du XIXème siècle qi fut transformé en 1906 en prestigieux bahut. Si on combine un humour mal dosé e tune mise en scène trop calibrée, trop sage, 10 Bonnes Raisons de te Larguer manque de ce qui fait le sel des comédies teenagers. Pour autant, on ne s’ennuie pas un seul instant, car le timing est maîtrisé et le film est calibré pour plaire à un public ciblé.

Cast noisette

Reste alors le casting qui s’en donne à cœur joie. Le regretté Heath Ledger joue ici un rôle assez simple, mais il le fait vraiment bien. Il est à la fois drôle et touchant sans pour autant avoir de background. Il reste mystérieux, mais se révèle être un garçon au grand cœur. A ses côtés, Julia Stiles est très bien dans ce rôle de sœur pénible. L’actrice, devenue discrète de nos jours, semble prendre du plaisir dans ce rôle. Tout comme Larisa Oleynik qui joue la sœur populaire et qui propose une bonne composition. Seul Joseph Gordon-Levitt est un peu en dessous. Il manque de charisme et on n’arrive pas vraiment à croire à son personnage, peut-être trop simple.

Pour les seconds rôles, on aura droit à des protagonistes un peu frivoles, qui manquent d’appui, mais qui véhiculent des messages intéressants, comme la vacuité et l’égoïsme du beau gosse, et la sensibilité et l’humour du meilleur pote un peu geek. On aura même droit à une grosse référence à Shakespeare sur la fin du métrage, autour du meilleur ami, qui trouvera sa façon de draguer son crush, fan de l’auteur. Et de la part du réalisateur de faire un clin d’œil à l’auteur dont est inspirée cette histoire.

Au final, 10 Bonnes Raisons de te Larguer est un film qui aurait pu être vraiment bien. Seulement, quelques mois après lui est arrivé le raz-de-marée American Pie, ce qui a poussé le film de Gil Junger dans les méandres de l’oubli. Moins bien maîtrisé, en constant déséquilibre sur son humour, ce film loupe de peu le coche de l’excellente comédie pour ado en proposant finalement un divertissement honnête, mais auquel il manque une vraie patte artistique.

Note : 12/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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