mai 16, 2021

Dead Silence

De : James Wan

Avec Ryan Kwanten, Donnie Wahlberg, Bob Gunton, Amber Valletta

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un homme revient dans sa ville natale pour enquêter sur la mort mystérieuse de sa femme. Au fur et à mesure de ses recherches, il apprend que ce meurtre pourrait avoir été commis par le fantôme d’une ventriloque continuant à vivre à travers ses marionnettes…

Avis :

James Wan est aujourd’hui un réalisateur très connu du grand public. Il faut dire que dès son premier film, Saw, il se fait remarquer, et va confirmer l’essai trois ans plus tard avec Death Sentence, un brutal revenge movie qui va mettre tout le monde d’accord. De nos jours, entre un Fast & Furious et un détour chez DC pour faire Aquaman, le cinéaste a ouvert la voie à deux grandes licences horrifiques, Insidious et Conjuring. Néanmoins, avant de casser la baraque du cinéma d’épouvante et de devenir clairement bankable, James Wan a commencé petit, sans gros casting et avec beaucoup moins de budget. En effet, la même année que Death Sentence, il sort Dead Silence, un film d’horreur inédit qu’il co-écrit avec son pote de toujours, Leigh Whannell. Il en ressort un film efficace, qui démontre un savoir-faire de mise en scène, mais qui manque de personnages marquants. Retour donc sur un demi-succès.

Tu cries, tu meurs

Le pitch du film est assez nébuleux au départ. Un couple reçoit une poupée par un mystérieux inconnu. Alors que le mari va chercher à manger dehors, en rentrant, il découvre que sa femme a été assassinée, la langue arrachée. Il se rend dans sa ville natale pour retrouver son père et décide d’élucider le mystère qui entoure la mort de sa femme alors qu’il est le principal suspect dans cette affaire. Il découvre alors la légende de Mary Shaw, une ventriloque maudite, et il semble qu’il ait un lien avec elle. C’est tout simple, mais relativement efficace dans le genre. James Wan ne s’embête pas avec un scénario complexe et coûteux et décide d’aller à l’essentiel. Ici, un homme brisé par le chagrin qui va découvrir une malédiction et se confronter à un fantôme revêche. Tous les ingrédients sont réunis pour faire un film basique, presque lambda, comme on en voit tous les jours, ou presque. Mais ce serait sous-estimé le réalisateur.

En effet, derrière ses atours de film d’épouvante simpliste, Dead Silence va tenter de raconter une vraie histoire autour d’une malédiction et d’évoquer ainsi les dérives de la vindicte populiste. Mary Shaw était déjà relativement atteinte de son vivant, laissant libre cours à ses poupées, alors une fois morte, elle ne contrôle plus grand-chose. Comme il l’avait pour Saw, James Wan va pousser le curseur du twist final à son paroxysme, jusqu’à terminer son film pour un retournement inattendu et brutal. Une révélation sympathique, gore, qui laisse en suspens quelques logiques physiques, mais qui a le mérite de laisser le spectateur pantois, sur une belle surprise. Malheureusement, tout n’est pas rose dans ce scénario, à commencer par les personnages. Le réalisateur propose des protagonistes basiques, qui n’ont pas de relief et très peu de background. On se fiche un peu de leur devenir, et l’ensemble manque cruellement d’empathie, jouant alors sur l’implication du spectateur.

Du génie à l’œuvre ?

Ce qui fait clairement la force de Dead Silence ne réside finalement pas dans son scénario ou encore dans ses personnages. Mais bien évidemment dans sa mise en scène. James Wan prouve déjà qu’il est un type très doué blindé d’idées. Il avait déjà montré avec Saw qu’il était capable du meilleur avec très peu, il monte d’un cran ici avec quelques séquences parfaitement menées. On peut citer la découverte de toutes les poupées dans le théâtre, ou encore la scène avec la poupée clown, qui est très flippante. On peut aussi parler de la séquence dans le vide-sanitaire de la morgue, avec cette main qui apparait puis qui disparait. Il y a vraiment de jolies trouvailles dans le film, qui arrive à trouver le juste milieu entre jump scare et ambiance pesante, angoissante, anxiogène. Par moments, on a carrément l’impression d’étouffer, car le film baigne dans une grisaille assommante. On pourrait presque se croire à Silent Hill.

Et la surprise provient de cette photographie froide, qui parait presque surnaturelle. C’est surprenant car le directeur de la photographie sur ce film est John R. Leonetti, qui réalisera par la suite de bons gros navets sans aucune saveur, flirtant toujours avec un code déontologique discutable (coucou Wolves at the Door). Bref, Dead Silence est un film qui ne voit jamais le jour et qui joue constamment sur les tonalités froides, comme le bleu et le gris, nous emprisonnant dans une atmosphère délétère et relativement morbide. Encore une fois, James Wan manie très bien son art et parvient à faire peur, alors que l’impact émotionnel n’est pas vraiment présent. Il le sait. Il sait que ce n’est pas son héros frileux ou son flic débonnaire et bougonneux qui donneront de la mâche aux spectateurs. Il apporte donc un soin tout particulier à sa mise en scène, à son éclairage et à son ambiance. Ambiance qui n’hésite même pas à afficher des gamins morts transformé en pantin.

Au final, Dead Silence est un film qui souffle le chaud et le froid. Il s’agit d’un film qui possède un scénario faiblard et pas forcément réussi, mais qui se révèle ultra efficace grâce à une mise en scène parfaitement maîtrisé et une photographie glaçante laissant planer une ambiance éthérée sur chaque plan. Si on est loin des claques que sont Insidious ou Conjuring, Dead Silence reste un film prévisible, mais bien ficelé. C’est peut-être le plus faible de son auteur, mais ça reste un film relativement intéressant dans son forme, plutôt que sur son fond.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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