octobre 21, 2021

Action ou Vérité

Titre Original : Truth or Dare

De : Jeff Wadlow

Avec Lucy Hale, Tyler Posey, Violett Beane, Hayden Szeto

Année : 2018

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un simple jeu innocent d’Action ou Vérité entre amis se transforme en cauchemar sanglant quand quelqu’un – ou quelque chose – commence à punir ceux qui mentent – ou refusent de jouer.

Avis :

Comme pour beaucoup de réalisateurs, Jeff Wadlow va commencer sa carrière de cinéaste dans le cinéma d’horreur. C’est comme cela d’ailleurs qu’il se fait connaître en 2005 avec Cry Wolf, un pseudo-slasher qui occupera les ados durant cette année. Par la suite, il va doucement plonger dans l’action, tout d’abord avec Never Back Down qui mêle mélo à la noix et free fight, puis avec Kick-Ass 2 où il n’atteindra pas le niveau de Matthew Vaughn, mais livre une petite prestation sympathique sans trop d’anicroches. Trois ans plus tard, on retrouver le jeune cinéaste derrière une comédie avec Kevin James qui sortira directement à la télévision américaine et c’est en 2018 qu’on le retrouve derrière un nouveau film d’horreur produit par Blumhouse, Action ou Vérité. Jeu vieux de plus de 300, on a tous joué à ce truc débile qui était une bonne occasion de rouler une galoche à une nana, mais on voyait mal comment en faire un film d’horreur qui tienne la route. Les craintes étaient donc de mise et le résultat est pire que ce à quoi on pouvait s’attendre…

On le sait, Blumhouse produit tellement de films, Jason Blum favorise tellement la quantité à la qualité que bien souvent, on tombe sur de mauvais films et c’est tout à fait le cas ici avec Action ou Vérité. On va suivre une bande d’étudiants qui partent fêter leur fin d’année d’étude au Mexique. Sur place, pour le dernier jour, ils suivent un dénommé Carter qui les amène dans une vieille église et les fait jouer à ce jeu stupide. Dès lors, les étudiants vont avoir des hallucinations et devoir choisir entre action ou vérité et s’ils ne font pas les désirs de ces hallucinations, ils meurent dans des situations indélicates. Comme dans tout film d’horreur moderne, il va y avoir investigation, enchainement de quelques morts, puis la découverte d’un démon derrière tout ce bordel. Rien de bien neuf au pays du film d’horreur calibré pour un public adolescent, sorte de mélange amer entre Destination Finale et Paranormal Activity. Difficile d’ailleurs de ne pas y voir des accointances entre ce film et les deux autres, tant le coup du démon rappelle la franchise des PA et les mises à mort lugubres évoquent les DF. Pas d’originalité à prévoir donc pour un film qui oublie tout, une bonne mise en scène, des personnages attachants et surtout, un fond.

Quand si on y regarde de plus près, Action ou Vérité a une finalité, possède un fond et une morale, mais c’est clairement dégueulasse. Volontaire ou pas, le film véhicule en son sein des valeurs archaïques ou complètement à côté de la plaque. Outre le fait que le film présente des personnages clichés (mais on y reviendra dessus juste après), c’est surtout dans la cause des morts que le problème réside. Si on veut nous faire croire que c’est le démon qui s’amuse à torturer ses proies, on va vite se rendre compte que ceux qui meurent en premier sont ceux qui ont commis des péchés ou qui méritent à quelque part de mourir. Premier exemple, le premier décès se concentre sur l’idiot de la bande, celui qui a fait du mal à l’héroïne et qui s’avère très lourd sur le plan drague. La deuxième victime est une alcoolique notoire, parce que c’est pas bien de boire. Une autre victime est un étudiant en médecine imbu de lui-même et qui fait de fausses ordonnances. Un autre va mourir parce qu’il est homosexuel. Bref, derrière ses atours divertissants, le film semble vouloir nous dire que certaines choses sont péchés mortels et on se retrouve avec un goût nauséeux en bouche quand on gratte un peu la surface.

Alors bien évidemment, les personnages sont absolument creux et tout simplement insupportables. Comme dans tout film contemporain pour ados qui se respecte, il faut représenter toutes les communautés pour ne vexer personne. De ce fait, on aura une black, un asiatique, une blonde, une brune, une nana d’origine hispanique ou encore un américain moyen, sans compter sur un homosexuel. Bref, tout le monde est content. Le problème, c’est que c’est bien gentil de ne vouloir vexer personne et de représenter tout le monde, encore faut-il avoir des choses à dire. Parce que fondamentalement, Action et Vérité brasse du vide avec ses personnages. On aura droit à des histoires de tromperie, de sentiments contradictoires, d’un papa suicidaire qui a dragué la copine de l’autre, d’un homosexuel qui fait son coming out et au moment où il le fait, il se fait tirer dessus. Bref, entre des histoires de coucherie dont on se fout éperdument et des protagonistes vides de sens, on s’emmerde sec. Et pire que ça, on va vite voir des incohérences dans les interactions entre les personnages, car ils s’engueulent pour se réconcilier aussi vite, puis se sacrifier pour, la scène d’après, faire son égoïste. La fin est d’ailleurs à l’image du film, profondément égoïste, mettant le monde en danger pour son bien-être personnel.

Enfin, visuellement parlant, le film n’a rien de vraiment engageant. Il y a très peu d’action, et de ce fait, Jeff Wadlow se contente du minimum syndical avec du champ/contre-champ sans vraiment de saveur. La seule chose qui aurait pu sauver le film, c’est les différentes mises à mort orchestrées par le démon. Manque de pot, on choisit la facilité et ce qui est facile à mettre en place. On s’inspire largement des Destination Finale pour faire monter le suspense et ne pas savoir comment va finir un personnage, puis on essaye de mettre un peu de gore, mais pas trop. En fait, tout est très lisse dans ce film. Que le type se brise la nuque sur un billard, que l’autre se crève un œil avec un stylo ou qu’encore une nana se tire une balle en pleine tête, on n’aura pas grand-chose à se mettre sous les yeux et l’ensemble résonne comme bien trop sage. Même la torture psychologique est vite évacuée en deux dialogues, soit pour se faire pardonner, soit pour passer à autre chose dans le scénario. Bref, c’est totalement naze.

Au final, Action ou Vérité, énième production Blumhouse à petit budget et au concept ridicule, demeure un film complètement à côté de la plaque. Le film échoue dans tout ce qu’il entreprend. Il n’est pas drôle, il ne fait pas peur, il possède un fond dégueulasse et surtout, visuellement, c’est le calme plat. Reste alors deux actrices bien mignonnes, mais cela ne sauve pas un film. Et qui va croire que des étudiants jouent encore à un jeu aussi bidon qu’Action ou Vérité, chose que l’on fait au collège…

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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