octobre 18, 2021

Sky Crawlers

Titre Original : Sukai Kurora

De : Mamoru Oshii

Avec les Voix Originales de Rinko Kikuchi, Ryô Kase, Chiaki Kuriyama, Shosuke Tanihara

Année : 2008

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Dans un futur alternatif, après des décennies de guerre, le monde a fini par arriver à une paix durable. Mais les Terriens ont désespérément besoin de retrouver un peu d’action. Pour apaiser ses citoyens, le gouvernement met alors en place un cycle de guerres d’un genre nouveau : celles-ci seront désormais organisées par des sociétés militaires privées, dans le seul but de divertir la population.
C’est alors que la dernière recrue à rejoindre les pilotes de Sky Crawlers se retrouve impliquée dans un nouveau projet militaire, visant à rendre les pilotes infaillibles…

Avis :

Dans le paysage du film d’animation japonais, Mamoru Oshii fait office de légende vivante, presque uniquement parce qu’il a créé le cyber punk « Ghost in the Shell« . C’est bien simple, malgré le talent du monsieur, malgré une carrière assez folle, le bonhomme est bien trop souvent résumé à l’imaginaire collectif à « Ghost in the shell« . Œuvre démesurée, « Ghost in the shell » prend bien de la place et il serait dommage de ne pas partir à la découverte des autres œuvres de Mamoru Oshii, car le réalisateur a vraiment de quoi nous étonner et nous passionner.

Bien moins connu que « Ghost in the shell« , vers la fin des années 2000, Mamoru Oshii revenait sur le devant de la scène avec un film d’animation mélangeant images 2D et 3D avec comme fond une réflexion très intéressante sur la guerre et la paix. On le sait, quand on se lance dans un film de Mamoru Oshii, plusieurs visionnages vont être utiles pour être sûr d’en comprendre toutes les subtilités (enfin si toutefois ceci est possible) et « Sky Crawlers » ne va pas déroger à cette règle. Mais voilà, même si le film tient des réflexions très intéressantes, si parfois il est une claque dans sa réalisation, « Sky Crawlers » est aussi une légère déception dans le sens où l’ensemble demeure confus et le film a tendance à nous laisser sur le côté de la route une fois le générique arrivé. Certes, il faut un deuxième visionnage, mais face à certains éléments du scénario, il n’est pas sûr que « Sky Crawlers« , après, deux ou trois visionnages ou encore plus, nous révèle ses secrets…

Après la guerre, le monde connaît la paix, et une paix durable. Pourtant, des sociétés militaires privées se livrent à des combats spectaculaires rendus possibles par de jeunes prodiges doués de facultés au combat exceptionnelles. Yuhichi Kannami est l’un de ces pilotes de chasse. Son quotidien consiste à monter dans des avions et son travail à tuer des gens. De cette main qui a tué des hommes, il joue au bowling et mange des hamburgers. Fraîchement transféré sur la base aérienne de la compagnie militaire privée Rostock, Kannami découvre un monde bien réglé, où les missions se succèdent et se ressemblent, et où risquer sa vie fait partie de la routine. Mais petit à petit, ce pilote si « jeune » pour qui la guerre est un métier comme un autre, sera amené à questionner la réalité qui l’entoure et surtout, il va essayer de trouver des réponses à des questions, dont la principale est : qu’est-il arrivé à son prédécesseur ?

Il y a des films desquels on ressort assez embêté, tant ils ont tout pour nous emporter et nous passionner et pourtant, il laisse derrière eux un sentiment d’insatisfaction. Un sentiment de confusion, et plus largement de déception. « Sky Crawlers« , dernier film d’animation en date de Mamoru Oshii fait partie de ces films-là.

« Sky Crawlers » est pourtant un film d’une très grande richesse. On le sait, chez Mamoru Oshii, il va falloir être attentif et se creuser la tête, le réalisateur aimant sonder l’âme humaine dans des récits parfois difficiles, mais ô combien passionnant et « Sky Crawlers » s’inscrit à la perfection dans cette lignée.

Intelligent et profond, « Sky Crawlers » est un film qui s’arrête sur l’envie de guerre que peut avoir l’homme pour se sentir en paix. Ici, la paix règne et pour être sûr qu’elle soit durable, la guerre est aujourd’hui un métier comme un autre et quotidien et grandes batailles sont médiatisés pour satisfaire un public en demande. Franchement, ne serait-ce que pour cette idée, cette réflexion et cette trame, « Sky Crawlers » se doit d’être découvert. Même si le film est difficile d’accès parfois, même s’il est truffé de petits défauts, cette réflexion et tout le cheminement et les questions que va se poser le personnage principal rendent le film intéressant. Mais il faut aussi savoir que derrière ces réflexions, derrière ces questions et derrière cette quête de vérité qui s’impose comme une évidence à son personnage principal, « Sky Crawlers » est aussi un film qui laisse un sentiment de confusion. Le scénario, si intéressant soit-il, a parfois tendance à partir dans tous les sens et il est vrai que bien souvent, on se sent largué. Bien sûr, il faudra plusieurs visionnages pour découvrir et savourer plusieurs subtilités qui nous sont forcément passées à côté, tant le film est riche, mais plusieurs questions importantes, même après plusieurs visionnages, ne trouveront pas de réponses. Il y a un manque dans l’intrigue de « Sky Crawlers« , ce qui fait qu’on reste toujours un peu sur le côté. On ajoutera à cela que même si certains personnages sont attachants, il leur manque de l’émotion, ce qui est étrange, et même paradoxal, face à l’enquête que mène son personnage ou encore face aux réflexions que le film pose.

Le scénario a donc ses qualités, ses envolées et ses défauts, mais sur l’ensemble, il demeure très intéressant et cette conjugaison, ce mélange de passion et de sentiments contradictoires, on les retrouve aussi dans la mise en scène de Mamoru Oshii. « Sky Crawlers » est un film très intéressant et pourtant, il se fait bien long et a même tendance à nous ennuyer parfois. « Sky Crawlers« , c’est une mise en scène en accordéon, alternant réflexions intéressantes et moments creux, alternant des scènes de combats aériens à couper le souffle et des moments de vide, de silence, où il ne va pas s’y passer grand-chose. Le film alterne aussi entre des scènes dites traditionnelles en 2D et des combats faits en 3D, et ce mélange des deux styles a bien du mal à ne faire qu’un. Souvent, d’un style à l’autre, visuellement, c’est assez violent et ça a tendance à ternir le spectacle qui nous est offert. Puis enfin, malgré une BO absolument magique signée Kenji Kawai, cette BO, parfois, a tendance à endormir le film.

« Sky Crawlers » est donc un film qui dégage deux sentiments. D’un côté, je ne regrette en aucun cas de m’y être arrêté, tant les réflexions et les questions que pose le film sur la paix et la nécessité de la guerre pour que l’homme se sente et se sache en paix sont intéressantes. Et de l’autre, « Sky Crawlers« , malgré ses réflexions, malgré son ambiance, ses scènes à couper le souffle, est un film qui déçoit et arrive à ennuyer parfois. Puis plus largement, c’est un film qui laisse la sensation de ne pas aller jusqu’au bout des choses et il nous laisse quelque peu sur le côté de la route. Plusieurs visionnages seront utiles pour en comprendre davantage, comme bien souvent chez Mamoru Oshii, mais malgré ça, « Sky Crawlers » demeurera toujours aussi long et inégal. Bref, d’un côté, je suis conquis, et de l’autre, je suis ennuyé… Paradoxe…

Note : 11/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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