décembre 10, 2022

Aether Realm – Redneck Vikings From Hell

Avis :

La mythologie, les vikings, la fantasy, tous ces thèmes font partie des sujets de prédilection d’un certain type de métal, le Death mélodique en provenance directe des pays scandinaves. Inutile d’en faire une liste exhaustive tant il y a de groupes qui officient là-dedans et qui sont devenus des piliers du genre. Et il semblerait bien que cela ait inspiré des groupes de Death mélo en provenance d’autres pays et notamment des Etats-Unis. Prenons donc l’exemple du très sympathique groupe Aether Realm, originaire de Caroline du Nord, et plus précisément de Greenville. Fondé en 2010, le groupe sort d’abord un EP en 2011 avant de sortir un premier album en 2013, One Chosen by the Gods, sous le label Primitive Ways Records. Quatre ans plus tard, le groupe sort Tarot, toujours sous le même label, et propose même une version instrumentale. Il n’en fallait pas plus pour attirer un label plus gros comme Napalm Records. Et c’est ainsi que déboule Redneck Vikings From Hell, le troisième et dernier album en date du groupe, qui pourrait parfaitement s’insérer dans une sélection de Death scandinave, ainsi bien par le style que pour les thèmes abordés. Pour autant, Aether Realm possède une identité forte et se démarque du reste par une approche parfois étrange, souvent osée, et qui fait bien souvent mouche.

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album et va vite découvrir que l’on navigue en plein Métal Folk avec une utilisation optimale d’instruments inhabituels pour ce genre de morceau. Très nerveux et parfaitement maîtrisé, le groupe arrive à faire du Death avec une pointe de folk et même un soupçon de punk dans l’atmosphère globale, ne se contentant pas d’un seul style. L’entrée en matière est donc réussie et l’album sera parsemé de titres plus différents les uns que les autres. Avec Goodbye, le changement est radical. Plus lent, plus moderne aussi dans le choix des instruments, avec quelques inclusions électro, le groupe change de registre tout en gardant une certaine patte, une réelle identité de mauvais garçon qui fait la nique à un genre trop stéréotypé. Alors oui, ça peut sembler surfait, voire même trop édulcoré, mais ça marche et démontre une volonté de bousculer les codes. Des codes qui reviendront bien vite avec Lean into the Wind, un court titre purement Death, virulent, sans ambages ni fioritures. Le groupe sait aussi aller droit au but, sans perdre de vue une certaine technicité pour placer de gros solos dans la face. Avec Hunger, le groupe renoue avec un Death mélodique plus classique, très efficace, alternant chant clair et chant guttural pour un résultat bien catchy et fort plaisant. Mais le plus étonnant viendra de la ballade Guardian. Aether Realm propose, chose inhabituelle dans le Death, un titre tout doux, très calme, très beau et qui s’insère parfaitement bien dans l’album, permettant de retrouver une certain calme avant une nouvelle tempête.

La seconde moitié de l’album sera tout aussi intéressante dans sa recherche de mélodie que la première. One Hollow Word sera peut-être moins marquant que d’autres titres car c’est du Death tout ce qu’il y a de plus classique, mais ça fonctionne à merveille. Quant à She’s Back, on lorgne grandement vers le Death teinté de Punk et de Core, la formation proposant un morceau court, rapide, virulent, mais très addictif dans sa rythmique et dans sa construction. Simple, concis, Aether Realm cherche l’efficacité et la trouve très facilement. Tout comme pour Slave to the Riff, très virulent de prime abord, mais offrant un break tout calme, qui va chercher des inspirations du côté du folklore hispanique, ce qui est à la fois osé, surprenant et… parfaitement réussi ! Dans ces prises de risque, le groupe trouve finalement une aura qui lui confère un véritable succès. Cycle sera aussi un excellent moment, à la fois doucereux dans son introduction, mais n’oubliant pas des passages plus rigoureux et plus percutants. Et Tmhc aura encore une fois ce petit côté punk hardcore dans la rythmique, dans la vitesse d’exécution et c’est tout simplement payant. Derrière des atours un peu rigolos, Aether Realm s’émancipe du genre et trouve une parfaite combinaison de styles qui fait mouche quasiment à chaque fois. Enfin, le groupe clôture son album avec Craft and the Creator, un titre instrumental de près de onze minutes, absolument parfait, synthétisant toutes les références du groupe, allant de la musique latine en passant par quelque chose de plus oriental, tout en faisant étalage du double-pédale proche d’un bon Black des familles. Bref, c’est divin.

Au final, Redneck Vikings From Hell, le dernier album en date de Aether Realm, est une très belle réussite. Rentrant dans la case du Death mélo à tendance scandinave, le groupe américain s’émancipe des modèles du genre en proposant, dans chaque titre, un petit truc en plus, un savant mélange, pour rendre l’ensemble différent, à la fois plus accessible, mais aussi plus exigeant sur ses références. Si tout n’est pas parfait au sein de ce skeud, il n’en demeure pas moins un plaisir monstre et une forte envie de bousculer un univers un peu trop régi par des codes trop rigides.

  • Redneck Vikings From Hell
  • Goodbye
  • Lean into the Wind
  • Hunger
  • Guardian
  • One Hollow Word
  • She’s Back
  • Slave to the Riff
  • Cycle
  • Tmhc
  • Craft and the Creator

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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