octobre 6, 2022

Scorpions – Rock Believer – Ça Pique Toujours

Avis :

Que peut avoir à prouver un groupe qui va bientôt rentrer dans sa soixantième année d’activité, qui a sorti dix-huit albums studios et qui a connu une gloire durable avec des titres incroyables comme Wind of Change, Send me an Angel, Still Loving You ou encore Rock You Like a Hurricane ? Clairement, absolument rien. Scorpions fait partie de ces groupes de Hard Rock qui ont eu un succès populaire et qui, même avec des années un peu difficiles (dans les années 90 et 2000) ont continué à tourner et faire des disques. Une longévité qui force le respect, même si le line-up a un peu changé, notamment sur la batterie ou la basse. Mais il reste alors les piliers du groupe, à savoir Klaus Meine au chant et Rudolph Schenker à la gratte, ainsi que Matthias Jabs, présent depuis 1979. Des piliers qui viennent proposer leur dix-neuvième album.

Les papys font de la résistance

Avec l’âge, on pourrait croire que les vieux briscards de chez Scorpions vont s’assagir et proposer un album assez calme, avec des élans bluesy. Mais dès le démarrage, on ne va pas du tout avoir droit à cela. Avec Gas in the Tank, les allemands arrivent avec l’artillerie lourde et démontrent une énergie tout simplement incroyable. Ces types-là ne carburent pas à la même chose que nous. Non seulement c’est pêchu, mais en plus il règne dans le morceau une envie de scène folle. Le titre donne envie de secouer la tête et d’apprendre très vite les paroles. On voit que l’on fait face à des cadors qui n’ont pas envie de raccrocher et qui vivent pour la musique. Celui se confirmera par la suite avec des morceaux comme Roots in my Boots et son refrain imparable, ou encore Knock’em Dead qui balance un très gros riff catchy.

Tous ces morceaux sont des hits en puissance. Des pulsions Hard qui sont à la fois old school (on ressent parfaitement le côté Scorpions), mais aussi contemporaines, avec ce qu’il faut d’éléments puissants. Shining of Your Soul, par exemple, n’est qu’une montée crescendo pour finir avec en apothéose. Le guitariste fournit à chaque fois son petit solo qui passe bien et qui démontre, là aussi, une envie de faire de la musique, et pas du commercial. On est dans les codes du Hard, mais un Hard fait par passion et amour, pas pour l’argent. Et de toute façon, les membres du groupe en ont suffisamment. Encore plus fort, Scorpions nous balance aussi des hymnes nerveux comme s’ils avaient vingt ans avec Hot and Cold ou encore When I Lay my Bones to Rest, un titre presque punk dans l’âme, rapide et affûté.

Même quand c’est long, c’est bon

On pourrait tout même croire que Scorpions s’assoit un peu sur se lauriers et ne propose que des titres calibrés et assez courts. Ce n’est pourtant pas le cas. Certains morceaux dépassent les cinq minutes et font vers d’autres sentiers assez plaisants. Rock Believer, malgré un début tonitruant, s’éloigne des standards Hard pour aller vers un Rock simple et touchant. Seventh Sun va prendre le temps d’installer une ambiance guerrière, avec notamment une ligne de basse qui tape bien et impose un rythme scandé tout simplement parfait. Le seul titre un peu long qui n’arrive pas à nous embarquer, c’est Call of the Wild, un morceau en mid-tempo qui ne part jamais vraiment et qui reste dans des souliers étranges et peu confortables. Fort heureusement, cette déception n’est présente que sur un seul morceau.

Autre fait d’armes très important, et qui rejoint de toute façon le style propre à Scorpions, LA ballade. Ici, il n’y en a qu’une seule, When You Know (Where You Come From). Très classique dans sa construction, et même dans ses sonorités (inévitable comparaison avec d’autres ballades fournies par le groupe depuis des décennies), on reste pourtant suspendu aux lèvres du chanteur et on mémorisera rapidement le refrain, imparable. La version acoustique, présente dans la version collector de l’album, est encore meilleure.

Au final, Rock Believer, le dernier album de Scorpions, est une superbe réussite. Avoir une telle patate à plus de soixante-dix ans, c’est tout bonnement incroyable. Si on pourrait presque reprocher au groupe de rester dans sa zone de confort, force est de constater que cette zone de confort est tout de même d’excellente qualité. Machine à tubes, pur concentré de Hard de très bonne facture, les allemands sont bel et bien de retour et ils le font avec panache.

  • Gas in the Tank
  • Roots in my Boots
  • Knock’em Dead
  • Rock Believer
  • Shining of Your Soul
  • Seventh Sun
  • Hot and Cold
  • When I Lay my Bones to Rest
  • Peacemaker
  • Call of the Wild
  • When You Know (Where you Come From)

Note : 17/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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