février 9, 2023

We are Still Here

De : Ted Geoghegan

Avec Barbara Crampton, Andrew Sensenig, Larry Fessenden, Monte Markham

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Après le décès de leur fils dans un accident de voiture, Paul et Anne décident d’aller vivre à la campagne, dans la paisible Nouvelle-Angleterre, afin de commencer une nouvelle vie. Mais, sans le savoir, le couple en deuil va devenir la proie d’une famille d’esprits vengeurs qui habitent dans leur nouvelle maison. Paul et Anne seront alors amenés à découvrir que le village, si tranquille en apparence, où ils résident désormais, cache en fait un sombre et terrifiant secret…

Avis :

Les fantômes sont des monstres du cinéma d’épouvante qui hantent nos écrans depuis belle lurette. Entre des apparitions, des possessions de personnes, d’objets ou de lieux ou encore des fantômes messagers pour protéger les vivants, les ectoplasmes font les beaux jours du cinéma d’horreur, comme ils peuvent être pénibles. Le plus intéressant chez le fantôme, c’est finalement sa dimension intergénérationnelle et inter-ethnique. Chaque pays, chaque folklore possède son lot de fantômes, comme les Yurei du Japon ou les poltergeists. De ce fait, certains scénaristes et réalisateurs sont inspirés par cette entité et vont livrer une palanquée de films avec des fantômes dedans. Et si le principe de maison hantée n’est pas neuf, Ted Geoghegan va tenter le coup avec We are Still Here, voulant jouer avec les codes du genre tout en s’en affranchissant avec un twist baroque et grandiloquent. Le pari est-il réussi ? Bien sûr que non.

D’entrée de jeu, on sait que l’on met les pieds dans un film qui va être lent. Plans contemplatifs d’une plaine enneigée dans un village américain, dialogues fainéants pour présenter un couple qui fait le deuil de son fiston, décors minimalistes qui montrent un budget famélique, tout est réuni pour faire de ce film un échec à plus d’un titre. Et c’est un peu ce qui va se passer, puisqu’à aucun moment, We are Still Here va venir nous bousculer dans nos repères, malgré un twist final qui tente un petit truc. Alors autant commencer par la mise en scène qui essaye d’emprunter qui à Ti West, qui à Stuart Rosenberg pour faire comme Amityville, et transpose son histoire aux années 80. Pourquoi ? On ne le saura jamais vraiment, mais certainement parce que c’est à la mode de nos jours. Le problème, c’est que les illustres modèles précités ont réussi à donner une vie à une maison et à poser une ambiance anxiogène malgré la lenteur de l’histoire. Ici, Ted Geoghegan se fourvoie en présentant un couple inconsistant et des plans d’une lenteur crasse qui n’apporte rien, ni à l’ambiance, ni à l’histoire. Et il faut rajouter à cela une photographie hideuse, prouvant presque l’amateurisme de l’entreprise.

En sus de ça, il faudra s’attarder sur une histoire complètement loufoque qui lorgne grandement vers le bis, voire le Z. Mais un Z qui ne s’assume pas, ou sur quelques séquences gorasses dont on parlera plus tard. On part donc sur un délire de maison hantée, puisqu’il s’agit d’une ancienne morgue qui a pris feu en 1890. Le couple est persuadé que le fantôme de leur fils vit avec eux, mais cela ne semble pas forcément les gêner. Pour prouver cela, ils invitent un couple d’amis qui verse dans le spiritisme et on va vite se rendre compte que les fantômes ne sont pas aussi sympathiques qui le laissent prétendre. Le début est assez classique, avec quelques apparitions en arrière-plan, des personnages secondaires qui vont servir de chair à canon et un mystère qui s’épaissit sur l’origine des fantômes et leur motivation. Sur la fin, on va avoir un twist concernant le village, et forcément une inversion des rôles. Cependant, cela ne marche jamais vraiment à cause d’une histoire tirée par les cheveux et d’une conclusion hâtive très mal amenée. De plus, cette histoire ne raconte rien, absolument rien, même pas un petit message sur le deuil ou sur l’acceptation d’un monde peuplé par des esprits. Il n’y a aucune morale dans ce métrage, si ce n’est, peut-être, de montrer que l’homme est bien pire que les entités ectoplasmiques, qui se font pourtant une joie de buter tout le monde, sauf le couple star.

Un couple tenu en grande partie par Barbara Crampton (Re-Animator, From Beyond ou encore Puppet Master) qui joue ici une vieille dame dépressive suite au décès de son fils. L’actrice est méconnaissable et on dirait qu’elle joue sous Tranxène tellement elle est molle et sans aucune expression. L’autre hypothèse, c’est qu’elle se fait surtout chier dans ce film, où elle va se contenter de mettre un coup de couteau dans la gorge d’une connasse. Son mari, joué par Andrew Sensenig, est tout aussi mou et inexpressif, en plus d’avoir le charisme d’un professeur de français de ZEP. Reste alors Larry Fessenden, second couteau habitué des films d’horreur de seconde zone, qui joue ici un vieil hippie qui va se faire posséder par le démon de la maison. Alors il en fait des caisses et lors de la possession, il va même avaler une paire de chaussettes, ce qui va provoquer des éclats de rire, ce qui n’est clairement pas le but. Pour le reste, c’est tout aussi pénible, avec des antagonistes inexistants et des fantômes au design soigné mais qui n’apporte aucune peur. Voulant éviter tout jump scare, le réalisateur n’arrive pas à tenir son angoisse malgré tout le soin apporté au maquillage des monstres.

Le seul petit point positif que l’on retiendra du film, c’est son dernier quart d’heure qui part en sucette. D’habitude, les films de fantômes jouent constamment sur l’ambiance pour créer une peur palpable et un sentiment de malaise. Ils partent rarement dans le gore. Pourtant, le cinéaste décide de lâcher les vannes sur la fin de son métrage et libère une sorte de folie gore qui devait couver derrière son crâne. Et là, c’est un festival avec des têtes qui éclatent, des types éventrés en frontal, des gerbes de sang dans tous les sens et même des giclées bien sales. Alors les effets spéciaux sont plutôt bien fichus, voulant rester dans un délire artisanal, et c’est tant mieux, mais c’est bien la seule chose bien dans ce film… et ce n’est pas grand-chose. D’autant plus que cet élan gore n’apporte rien à l’intrigue, pire, cela démontre l’envie du réalisateur d’aller vers du Z mais sans vraiment y aller à fond.

Au final, We are Still Here est un très mauvais film d’horreur. Outre sa lenteur insupportable et sa mise en scène inexpressive, le film de Ted Geoghegan n’a pas une histoire intéressante qui raconte quelque chose en substance. Ici, on a des fantômes, un village étrange et un règlement de compte qui se termine en pugilat gore. Rien de bien folichon, qui va permettre aux réticents du genre de dire que les films d’horreur sont toujours aussi cons et sans intérêt. Bref, on frôle la purge.

Note : 04/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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