novembre 30, 2022

Fractal Gates – The Light That Shines

Avis :

Pour le pécore moyen, le Death Métal est une sombre et obscure musique avec des mecs qui braillent et des guitares qui font un bruit d’Harley-Davidson. Et en France peut-être plus qu’ailleurs, cette musique est affiliée à une poignée de fous aux cheveux longs et gras qui portent du spandex et ne se nourrissent uniquement que de chauve-souris. Alors qu’on le sait bien, la chauve-souris, c’est la spécialité préférée des chinois. Bref, en France, soi-disant pays de l’ouverture culturelle, on reste sur des préjugés qui font du tort à certains groupes pourtant talentueux. Et aujourd’hui, on a pioché la carte Fractal Gates, un groupe parisien de Death Métal mélodique qui propose avec The Light That Shines son troisième effort, sorti en 2018. Relativement discret, le groupe se forme pourtant en 2007 et sort la même année un premier EP, puis un deuxième deux ans plus tard. Le premier vrai album sortira en 2009 et sera accueilli plutôt froidement. Cependant, le groupe ne va pas abandonner et prendra le temps de peaufiner un deuxième album, Beyond the Self, qui sortira quatre ans plus tard et qui sera fortement apprécié. Il faudra alors attendre cinq ans pour profiter d’un troisième effort, naviguant encore dans les thématiques chères au groupe, à savoir l’espace et la vie extraterrestre. Et si l’album est plutôt réussi, il n’en demeure pas moins un peu en deçà de nos attentes et reste surtout un album plutôt random dans le milieu du Death Mélo.

Le groupe souhaite, dès le départ, nous inviter dans un voyage spatial, dans une odyssée à travers les étoiles pour arpenter des mondes nouveaux et de potentielles vies extraterrestres. Tout au long de l’album, nous aurons droit à des Visions, des morceaux instrumentaux qui sont autant d’invitations à l’introspection et à la découverte d’un imaginaire foisonnant. Le problème, c’est qu’ils sont assez disparates et manquent parfois de densité. Ces interludes, aussi sympas soient-ils, s’imbriquent mal au milieu des autres morceaux, purement Death, sans chant clair et sans véritablement d’identité spatiale. D’ailleurs, le début de l’album laisse peu de place à l’introspection et au calme, puisque tous les morceaux sont assez courts et puissants. Souvent affilié à un mouvement Prog, Fractal Gates ne montre pas forcément cette facette sur les six premiers morceaux. Dépassant rarement les quatre minutes, chaque titre, aussi réussi soit-il, manque là aussi de mordant ou de quelque chose de vraiment marquant, de vraiment impactant. Breath of Life démarre sur les chapeaux de roues et instaure quelques murmures avant le chant en growl, et si techniquement c’est irréprochable, le titre manque d’un petit plus. Il en va de même avec Chasing the Line, qui d’ailleurs ressemble un peu au titre précédent et manque d’une véritable marque de fabrique. Là aussi, on ne peut rien dire sur la technique, mais il manque ce petit truc en plus pour que ça reste bien en tête.

On pressent l’aspect un peu Prog avec Dreams Apart, qui marque presque le milieu de l’album. Dépassant largement les quatre minutes, la structure même du titre est plus complexe et on sent que le groupe essaye de construire un véritable univers. Les guitares aériennes en arrière-plan favorisent une ambiance un peu délétère et spatiale, si chère au groupe. Le seul petit bémol que l’on peut apporter, et c’est même global, c’est l’absence d’un chant clair qui pourrait permettre de varier les ambiances et de rendre l’ensemble plus complet. Cependant, la seconde moitié de l’album est plus réussie et farfouille un peu plus un univers riche et intéressant. Les morceaux sont plus longs, plus denses et démontrent une volonté d’aller vers quelque chose de plus complexe. Faceless est l’un des meilleurs titres de l’album, bénéficiant d’une ambiance très particulière qui sied parfaitement aux thèmes du groupe. Il en va de même pour Reborn et sa batterie qui tabasse dans tous les sens. Il y a quelque chose qui se dégage de ce titre, un moment à la fois violent et hors du temps qui fait que ça fonctionne du feu de Dieu. Mais le plus gros morceau reste Sea of Flames, qui sera presque une conclusion dantesque d’un album qui souffle le chaud et le froid. Malgré ses grosses cinq minutes, le titre n’ennuie jamais et prouve que le groupe en a encore sous la pédale et qu’il pourrait, à l’avenir, fournir de gros engins de destruction massive, pouvant aisément concurrencer les groupes étrangers.

Au final, The Light That Shines, le dernier album en date de Fractal Gates, est une semi-réussite qui pourrait aussi se voir comme une semi-déception, mais on préfère voir le verre à moitié plein, surtout provenant d’un groupe français. Débutant de façon frontale et un peu maladroite, le groupe semble trouver un équilibre sur sa deuxième moitié, plus riche, plus dense, plus maîtrisée. On sent vraiment tout le potentiel du groupe à travers cette deuxième partie, qui participe à terminer sur une note plus généreuse et plus positive sur cet album. Et puis, merde, c’est du Death français !

  • Visions, Part. X
  • Breath of Life
  • Chasing the Line
  • Infinity
  • Bound by Time
  • Dreams Apart
  • Visions, Part. XI
  • Faceless
  • Arise
  • Reborn
  • The Light That Shines
  • Sea of Flames
  • Visions, Part. XII

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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