janvier 22, 2022

Journal d’un Exorciste

Titre Original : Diàrio de um Exorcista – Zero

De : Renato Siqueira

Avec Renato Siqueira, Fabio Tomasini, Luiz Marigo, Lisa Negri

Année : 2016

Pays : Brésil

Genre : Horreur

Résumé :

Quand une tragédie mystérieuse traumatise sa famille, le jeune Lucas Vidal se réveille à une mission difficile de lutter contre le plus grand ennemi de Dieu et de l’humanité : Le diable lui-même. L’histoire (basée sur des faits authentiques) du Père Lucas Vidal – l’un des exorcistes les plus expérimentés de l’Amérique latine – est racontée dans ses plus effrayants détails. Apprenez à connaître la guerre entre exorcistes et ces terribles êtres qui croissent en nombre et en puissance chaque jour. Le mal a été libéré et personne ne sait qui est un homme et qui est un démon. Comment les exorcistes font face à cette puissance inimaginable des ténèbres ?

Avis :

Le Brésil n’est pas le pays le plus connu pour présenter des films d’horreur. Si le cinéma brésilien a connu de très bonnes choses, c’est plutôt du côté du drame avec par exemple Aquarius, ou encore du conte fantastique étrange avec Les Bonnes Manières ou alors dans l’action avec Troupe d’Elite. Mais au niveau de l’horreur, ce n’est pas la panacée et il faut parfois remonter assez loin pour trouver quelques petites choses comme ce Journal d’un Exorciste. Premier film de Renato Siqueira, ce métrage respire l’honnêteté par tous ses pores, mais aussi et surtout le manque de budget évident. Alors que le réalisateur est aussi l’acteur principal de son film, le producteur, le monteur et le scénariste, on voit bien que Journal d’un Exorciste est un film très amateur, fait avec très peu de budget, et forcément, on va vite s’en lasser.

L’histoire s’inspire soi-disant de faits réels et de personnages existants. On nous indique dès le début que les noms des personnages ont été changés par mesure de confidentialité, mais que toute l’histoire est vraie. On va alors suivre le jeune Lucas Vidal dans sa jeune vie dont le père se suicide devant lui suite à un exorcisme qui s’est mal passé. En effet, on apprendra très vite que le père de famille en question était possédé par un démon. On fait un bond en avant, et on retrouve Lucas adulte, qui est rentré dans les ordres. Il se fait alors contacter par deux frères exorcistes, dont la renommée dépasse les frontières, car ils se font vieux et ils cherchent un successeur. Il accepte mais c’est sa sœur qui devient possédée par un démon qui veut se venger d’un des deux frères. Bref, si l’histoire peut paraître alambiquée, elle sera très linéaire dans son exécution. Renato Siqueira ne va pas s’embêter avec un montage complexe et reste sur une ligne temporelle stable, sans aucun flashback. Cependant, on aura du mal à rentrer dans le métrage car les repères temporels ne seront jamais indiqués et il faudra se faire à l’idée que les ellipses avancent à vitesse grand V. C’est un malus pour le film, puisque cela nous sort complètement du métrage, ne sachant pas forcément qui l’on suit.

Ensuite, le film respire l’amateurisme dans le sens où le grain de l’image est dégueulasse, avec un éclairage minimaliste, et on retrouve de nombreuses maladresses dans la mise en scène. C’est très souvent moche, sans forcément un sens de l’image et certains dialogues sont très mal placés. On pense notamment à tous les passages avec la famille proche où les échanges sont bateau et sans aucun sens du drame ou de la comédie. C’est d’ailleurs l’un des plus gros points faibles du film, les acteurs. Si Renato Siqueira tient le premier rôle, il a des airs de ravi de la crèche et sourit tout le temps malgré les misères qui lui tombent sur le coin de la gueule. Les seconds rôles sont catastrophiques, constamment en surjeu et aucun sens de la dramaturgie. Cela renforce le côté très amateur du film qui n’arrive pas à se sortir d’un carcan étriqué et sans véritable enjeu. On va suivre la vie d’un homme qui devient un grand exorciste, mais cela ne sert pas forcément à grand-chose et ne fait pas avancer le schmilblick. Alors on pourrait croire à un tollé anti-religion venant d’un pays très pieux, mais il n’en sera rien et la fin du métrage sera là pour le confirmer. On se retrouve dans quelque chose d’inutile, qui veut rajouter une intrigue dans une histoire inspirée de faits réels et franchement, à part faire dans le putassier, ça ne sert strictement à rien.

Pourtant, le métrage respire la sincérité. On sent que le réalisateur y a mis toutes ses tripes et a voulu faire un film d’horreur qui fait peur. Si beaucoup d’effets font cheap à mort, comme les effets numériques ou quand les types se font éjecter de la pièce avec violence, on reste dans quelque chose qui semble marcher de temps à autre. Les maquillages sont efficaces et les différentes filles possédées jouent très bien leur rôle. Le premier cas par exemple est assez effrayant avec sa façon de marcher toute saccadée. C’est d’ailleurs dans les possessions que les effets visuels marchent le mieux et on sent qu’un effort a été placé là-dessus. Ce qui est dommage, c’est qu’en voulant en faire des caisses, Renato Siqueira oublie de faire peur avec des choses simples. Les jump scare sont présents dans l’espoir de faire sursauter mais ne font pas avancer l’histoire. Les moments de possession sont parfois des malfaçons de grands films comme L’Exorciste de Friedkin. Et puis l’ambiance n’est pas assez marquée. Ni trop noir ni trop nihiliste, le film se perd dans un quotidien banal et aseptisé. La déception est d’autant plus grande lorsque l’on sait que le Brésil est un pays très croyant et qu’en jouant sur les exorcismes, le scénariste aurait pu amener une critique acerbe de l’église et de la religion, mais finalement, il la brosse dans le sens du poil.

Au final, Le Journal d’un Exorciste est un film très décevant et qui ne mérita pas vraiment sa place sur une plateforme comme Netflix. Très amateur, presque film de fin d’études, si on sent que le projet reste sincère et honnête, on ne peut que voir les différents défauts du métrage qui parasitent toute volonté de bien faire. Entre des acteurs mauvais, une réalisation plate au possible, un éclairage minimaliste et un scénario linéaire, on est clairement dans le bas du tableau de films d’exorcisme et William Friedkin peut dormir sur ses deux oreilles.

Note : 05/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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